Chez les juifs de ce courant, la nature juive est plus forte que la volonté de la dépasser ou de la contrer. Le juif resterait une créature mue par des comportements biologiquement inhérents.

Ce questionnement invite à penser la diversité des juifs à eux-mêmes en même temps que l’on pense la différence de traitement entre les juifs ou les catégories des juifs.

L’inclusion du juif noir différent dans la considération de ses différences

Pour les juifs noirs, le problème était de reconnaître l’existence de catégories sociologiques juives et d’en faire le point de départ d’un questionnement. Car nous voulons un questionnement à travers l’existant dans lequel les juifs se regrouperaient selon des affinités réelles et des perspectives communes, au-delà des catégories de la domination, qu’elles soient imaginaires ou non.

Alors, ce qui se joue ici, c’est la possibilité de distanciation par l’essence des éléments de l’identité juive et l’exclusion des multi-appartenant(es) que nous sommes toutes et tous. Nous avons toutes et tous des origines et provenances juives diverses. Pour les uns par hérédité et pour d’autres par transmissions (une langue, une culture) ou encore adhésives (des valeurs personnelles acquises en dehors de l’influence familiale, des choix de vie autonomes…).

L’inclusion du différent juif noir dans la considération de ses différences :

Mais comment concilier cette vision qui atomise les juifs en successions d’individus parfaitement singuliers, ce qui ferait des juifs de France, une communauté à part entière avec une perception de déni des groupes discriminés (ce qui suppose la reconnaissance de l’existence de communautés autre que sépharades-ashkénazes). En ne concevant non pas les différences en terme d’essence mais d’appartenance choisie ou bien désignée.

Les juifs noirs devraient être considéré comme des marges à la « norme », et non comme des composantes à part entière de celle-ci. C’est-à-dire on définit ainsi la différence par rapport à ce qui fait « le même », et on construit « la norme du même » par le fait « du déjà-la » c’est-à-dire du majoritaire.

Pour les juifs noirs, le problème est de reconnaître l’existence de catégories sociologiques juives et d’en faire le point de départ d’un questionnement. Car nous voulons un questionnement par rapport à l’existant dans lequel les juifs se regrouperaient selon des affinités réelles et des perspectives communes, au-delà des catégories de la domination, qu’elles soient imaginaires ou non.