L’accès au Mont du Temple est interdit aux Juifs, parce qu’ils sont Juifs, au cœur de l’Etat Juif. Plus précisément, ils ont le droit d’y accéder, mais la police Juive veille au grain, car il leur est interdit de prier.

Heureusement plus malins, ceux-ci parviennent à tromper les forces de l’ordre en faisant mine de parler au téléphone par exemple, ou en se recouvrant la bouche comme s’ils baillaient.

Vous ne rêvez pas, on parle bien d’Israël, État se disant moderne et libéral, protecteur des libertés individuelles et des valeurs humanistes face à l’axe du mal, en 2014. Si Kafka était vivant, il n’aurait sans doute rien trouvé à ajouter à cette situation pour décrire l’absurdité et la vanité des préoccupations humaines.

Cela aurait pu être grotesque mais comique, si la tension sur le Mont du Temple (ou l’esplanade des Mosquées, car les mots bien évidemment ont une importance capitale, on tue pour ces mots, on jette des pierres, ou des voitures-bélier sur les enfants des autres, ou l’on envoie les siens combattre manu militari, pour qu’à Dieu ne plaise ne soient pas prononcés ces mots-ci, ou pire, ces mots-là), si cette tension donc, n’était pas aussi dangereusement explosive.

L’islam souffre le martyr, ou le djihadiste, malade comme jamais à travers son histoire, fiévreux de fanatisme, cancéreux d’ignorance, ivre de pétrole, gangréné par la haine de l’autre, celui qu’ils appellent l’infidèle, parce que fidèle à quoi que ce soit d’autre qu’à leur interprétation de la parole du prophète ; tandis que le judaïsme sombre lui dans la dégénérescence mentale, à quelques neurones de la mort cérébrale.

Tous ont décidé de se donner rendez-vous pour l’apocalypse sur une colline désertique de Judée, sur les lieux-même ou leur supposé ancêtre commun aurait égorgé son propre fils de ses blanches mains si un ange n’avait pas mis fin sa folie meurtrière. Aucun doute, nous sommes tous dignes de notre glorieux ancêtre.

Que cherchez-vous sur cette colline, bande de Zélotes idolâtres? Pensez-vous que les oreilles divines soient plus attentives aux murmures bégayés sur ce lieu que sur un autre ? N’aviez-vous pas prétendu qu’Il lisait les tripes et les cœurs depuis nos synagogues, nos buchers, et nos camps de concentration ?

Quoi d’autre, alors ? Y imposer la souveraineté Juive ? Grands Dieux, qu’est-ce que cela peut bien faire ? Pour en faire quoi ? Reconstruire le temple de Salomon, parce que pour que vos prières soient plus probablement exaucées, il faut qu’un prêtre à ascendance pure y joigne le sang d’un agneau ?

Mon pauvre esprit refuse de croire que le minuscule groupe qui y croit réellement parvienne à nous mener tous au bord de l’abîme – je ne parle pas de la majorité silencieuse pour qui il s’agit d’un réflexe nerveux, mais de ceux dont la vie tourne autour de ce projet.

Ce lieu a bien entendu une importance symbolique capitale dans l’imaginaire Juif, mais celui-ci a survécu sans lui pendant deux mille ans, nous offrant ses plus beaux trésors, du Talmud de Babylonie au Gaon de Vilna en passant par Maimonide, sans qu’une seule goutte de sang n’ait été projetée sur le rideau du saint des saints. Bref, cette importance existe peut-être dans l’esprit de certains, mais elle n’a absolument rien à voir avec la question de la souveraineté juive sur ce lieu, si ce n’est dans le contexte du Temple des Malades, ou de celui d’un réflexe nationaliste banal déjà évoqué auparavant.

Le Mont du Temple est d’après la tradition musulmane le lieu d’où Mahomet s’est élevé vers le paradis, traversant les sept cieux dans son voyage nocturne sur Bouraq, le cheval ailé, pour qu’Allah l’honore en lui faisant voir ses merveilles.

Peut-être est-ce pour d’autres traditions le lieu où Yoda rencontra la Licorne Rose Mouchka avec qui il planifia la mission Apollo et les arcs-en-ciel, je ne sais pas. Mais de grâce, éclairez-moi ! Quels impacts peuvent avoir ces histoires sur votre bonheur et celui des vôtres pour que vous acceptiez de tant risquer pour que s’impose votre narratif ?

J’ai une alternative simple et radicale à proposer : réfléchissez bien, sans a priori et l’esprit clair, à ce qui se passerait si vous passiez à autre chose, purement et simplement. Si vous laissiez les musulmans invoquer Allah de l’aube à la nuit là où bon leur semble, pas parce que les chevaux aillés existent et pas les vaches rousses, mais parce qu’en détournant les yeux de cette esplanade maudite vous verriez une ville et un pays déchiquetés par des problèmes bien réels, une humanité défigurée par l’intégrisme, le réchauffement climatique, l’esclavage des enfants, la famine, la corruption et le malheur, et certains soulagés par notre éternelle capacité à nous concentrer sur ce qui n’y changera jamais rien. Parce qu’il y a tout à perdre, et absolument rien à gagner. Parce que mal choisir ses batailles, c’est garantir de perdre la guerre.