La ville de Lyon s’étend, entre richesse et diversités, au long du sillon rhodanien, croisant vers la République calviniste de Genêve, aujourd’hui trop internationalisée et même très oecuménique.

Elle serpente vers Bourg-en-Bresse et la petite bourgade d’Ars où un curé méprisé, ignorant le latin, moqué par ses pairs devînt le saint patron protecteur des prêtres catholiques.

Une destinée phénoménale par les assauts du grappin (le Diable) qu’il avait su dompté, quelque maigre nourriture faite de mattefaims, une sorte d’horaire 24/24 dans un étroit confessionnal en bois. Saint Jean-Baptiste Marie Vianney lisait dans les âmes et se fiait à la Providence. Pendant dix années, il fut persécuté par certains de ses paroissiens car une prostituée du village l’accusait des pires forfaits : le teint trop pâle du prêtre épuisé à la tâche aurait été le signe de sa turpitude.

La sainteté est ambigüe pour qui que nous soyons. Ceux qui ont fait le choix de servir Dieu et d’attester Sa présence en devenant les serviteurs de leurs prochains, de leurs ennemis, des indifférents ou des gens en recherche, voire des athées et autres. Par un défi que l’on appelle « folie » ou « scandale », les assauts du Mal (cf. le Psaume 91) conduisent à un combat constant pour l’équilibre humain et la véracité spirituelle qui tient du prodige.

De ce fait, ils s’exposent naturellement à la glose ambiante, faite d’attirance pour le salut, la paix irénique, l’espérance plus forte que toute espérance et, aujourd’hui la certitude de vivre en une sorte de co-optation de personnes qui vivent de la force « indémontrable et indicible » de La Parole vivante et source de connaissance, de joies, de bonté en proclamant le règne du Dieu Un, Créateur du ciel et de la terre.

Ce choix n’a jamais été naturel. Il n’est pas si difficile à démontrer. Mais la foi change les êtres humains. Le judaïsme comme le christianisme ont apporté d’Orient le sens du « coeur liquide » dont parlait le Curé d’Ars, une vraie capacité à aimer l’autre comme Dieu Lui-même selon le commandement fondamental de la tradition juive : « Tu aimeras le prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18).

L’ensemble de l’oecoumène ou monde habité actuel a reçu, sous des formes diverses, ce message d’un amour « liquéfiant », humain, très humain, vraiment humain. Certes, l’apôtre des Païens a pu écrire que « tous l’ont abandonné, mais le Seigneur m’est venu en aide » (2 Timothée 4, 16).

La Confession alphabétique des péchés récitée deux ou trois fois par jour dans le judaïsme, insiste sur le fait que « nous avons été odieux, nous avons étés dans l’erreur, nous avons induit (les autres) dans l’erreur ». Il reste que les sociétés du monde entier ont eu accès, à ce jour, à ce message d’un amour plus fort que la mort. Il ne reste pratiquement pas de sociétés « païennes » au sens où l’Antiquité ignorait le sens de cette gratuité de l’amour, c’est-à-dire aussi du respect et de la dignité de soi et d’autrui.

Il resterait au fond la société japonaise qui, massivement, refléterait encore quelque chose de ce que furent des civilisations marquées par le paganisme.

Lyon fut aussi une ville antique où les Juifs ont résidé assez tôt. L’évêque hellénisant Irénée y a apporté, du Proche-Orient, la révélation chrétienne au temps de l’Eglise indivise unissait les cinq patriarcats issus de l’Empire romain d’Orient et d’Occident, donc du pourtour méditerranéen jusqu’aux frontières de la Perse.

On peut parler d’une ville-matrice qui a porté l’espérance en ensemençant la Parole du Dieu Un et vivant, les Sacrements du Christ en terre de France. C’est à ce titre que l’on parle de la primatie des Gaules. Lyon et sa région constituent une aire unique et privilégiée dans l’avènement du message de la Miséricorde et de la Résurrection dans un pays qui a témoigné de la foi vraie au cours des siècles.

L’Eglise de France passera-t-elle une Semaine sainte troublée ? Cela en prend le sens. Les faits relatifs aux actes de la pédophilie viennent polluer le sillon rhodanien et fragiliser davantage l’institution ecclésiale catholique qui traverse des temps de profondes mutations. Cela n’a pas commencé dans les années 1990.

Certes, les choix moraux de la société occidentale conduisent à tout paganiser. Une idolâtrie low-cost, bas de gamme. Mais cela ne veut pas dire que la France n’est pas avant tout – et elle le demeure, c’est précisément ce qui irrite – une terre révélée à elle-même grâce au christianisme occidental, ancien, née d’une vaste conscience que la foi a modelé et structuré au long des siècles et de véritables hommes de foi.

En soi, les turbulences actuelles sur le « vivre-ensemble dans une laïcité une et plurielle » ne sont que des broutilles : il est clair que cette « laïcité » soit-disant imposée en 1905, confirmée en 1945 ne correspond plus à des critères de tolérance pour des communautés religieuses désormais placées sous l’autorité d’un ministère de l’Intérieur et des Cultes qui se croirait omniscient et moralisateur, surtout dans l’adversité politique et sociale. Cela frise le ridicule d’une pré-terreur faites d’incertitudes sociétales et une pseudo-Restauration où des ministres transitoires s’érigeraient en confesseurs d’une Marseillaise vengeresse des turpitudes ambiantes.

Le cardinal Jean-Marie Lustiger, interrogé un jour sur ce qu’il pensait des candidats à une élection prochaine, répondit avec bon sens et quelqu’humour qu’il ne se présentait à aucune élection. Il avait cédé au « Choix de Dieu », titre de son ouvrage autobiographique. Il ne s’agissait pas de la même procédure d’élection.

Au point qu’à la mort du président François Mitterand, un homme de gauche selon toutes vraisemblances, le cardinal de Paris dirigea à Notre-Dame les funérailles de l’homme politique, décédé à son retour du Nil pharaonique et copte et du Sinaï byzantin, devant un parterre de tous les représentants du monde politique français et international. Il le réconciliait ainsi avec l’histoire et l’héritage de son pays. Le prélat célébra donc une messe en rite latin selon la tradition de l’Eglise de France.

A la suite de l’attentat qui frappa toutes les composantes de la société française dans sa grande diversité interculturelle et cosmopolite le 13 novembre 2015, les bougies de tous les arcs-en-ciel ont convergé vers la Place de la République à Paris.

La France laïque ne résista pas longtemps à se regrouper au coeur de Paris, l’organe vital et originel de Lutèce, autour d’un messe également célébrée à Notre-Dame par le successeur du cardinal Lustiger, rythmée par l’appel des cloches très chrétiennes d’une France polymorphe et résistante. Le cardinal Vingt-Trois officia devant tous les représentants de la société civile et militaire. Etait-ce un rassemblement de gauche, de droite, du centre ou tout simplement le sursaut d’un pays qui se doit de retrouver son bon sens et sa conscience quand l’heure est grave et lui sussurre qu’il est temps d’être raisonnable, même dans le doute si hexagonal.

Le cardinal Barbarin a suivi un itinéraire particulier. Il faut en tenir compte dans les attaques, les lynchages médiatiques qui s’acharnent sur sa personne. Ils ne sont pas uniquement le fait des médias. Le mouvement procède de groupes associatifs, d’inspiration essentiellement laïque ou aconfessionnelle, voire de corporatismes professionnels qui s’en prennent à sa personne à des titres divers.

Pour de multiples raisons, les accusations de pédophilie ont été moindres en France que dans d’autres pays européens ou les Etats-Unis. L’Eglise catholique a dû faire face à des épidémies de dénonciations tardives – parfois dix, vingt ans sinon plus – après les faits incriminés dans des régions profondément chrétiennes (Irlande, Amériques, Australie), amenant des hiérarchies peu préparées à ce type de contestation à prendre des mesures d’urgence sans se presser.

L’Eglise est restée une institution souvent « moyen-âgeuse » dans ses structures, tenant son pouvoir du Seigneur… Il n’est toujours pas de bon ton d’attaquer les représentants de l’Indicible, dans toutes les religions.

Ce fut parfois dramatique quand au mépris de toute respect en matière d’agissement sexuels interdits comme, par exemple, en Autriche, et plus particulièrement dans le diocèse de Vienne. Le clergé romain est gêné, comme « immature » à ouvrir les yeux sur des contradictions comportementales. Celles-ci déséquilibrent les tensions qui existent entre la chair et le sexe, entre le péché et les tentations de plaisirs incertains et délictueux.

Il reste que rien n’est comparable de manière horizontale. La pédophilie date sans doute de l’aube de l’humanité. Les perversions sexuelles s’attaquent à la société civile. Lorsqu’il s’agit d’un prêtre, un homme consacré à servir l’Eucharistie et les Sacrements de vie de Jésus ressuscité, cela prend une toute autre dimension. Comme le Curé d’Ars, il affronte le monde invisible et pourtant présent de celui qui veut faire tomber notre âme et notre raison, comme le Satan dans le prologue de Job.

Le cardinal Philippe Barbarin est indéniablement un homme de Dieu, un homme de foi authentique. Un prêtre inclassable, comme certains le prétendent. Né au Maroc, il arrive à Paris à l’âge de dix ans. Il est issu d’une famille nombreuse (onze enfants), très chrétienne et quatre de ses soeurs ont suivi la voie religieuse. Il faut tenir compte de ce fait car qui, en France, permet à l’Eglise locale de se renouveler par une insertion perspicace entre la société civile et le sens de la tradition religieuse ? Il est d’autant plus inclassable en ce moment que se concentrent sur lui des formes multiples d’altercations violentes qui le poussent à être vraiment ce témoin crédible du Ressuscité. Il doit faire face, au risque de l’abandon des siens et des autres, à la solitude du Golgotha et, peut-être, du moins peut-on l’espérer, affirmer la joie et le pardon. En effet, « le Christ est ressuscité, par sa mort il a vaincu la mort et à ceux qu gisent dans les tombeaux, il (a) donne la vie! ». C’est cela la consécration à Dieu, tout comme Moïse vit Dieu et n’entra pas en Terre de Canaan. Ou encore quand Rabbi Gamzou, mangé par les fourmis, demandait à ses disciples de voir comment l’Eternel peut demander d’affronter le démon. Cela n’a rien à voir avec les élucubrations pseudo-égalitaires dues aux malaises sociétaux ambiants ici ou là.

Après plus de cinquante ans, toutes les couches de la société française – sinon européenne et internationale – accusent le coup du choc culturel de mai 1968.

Ce fut le dernier coup de force, pas même un coup de sang intérieur à tous les échelons du socius hexagonal. Nous assistons, en ce moment, à sa chute ou tout du moins à l’émergence de formes particulières de reprioritisations, de bifurcations.

Pour la société française cela signifie des évolutions politiques (comment atteindre une VIème République), éducative (l’enseignement est au niveau le plus bas tout en conservant des structures traditionnelles (Polytechnique, Ecole Normale Supérieure ou plus récentes comme l’E.N.A.)), la faillite de l’agriculture, l’usure des Services, le choix indécis entre le privé et le public, le retour du spirituel dans un climat hédoniste poussé à l’extrême, un chômage dramatique et quasi schizophrénique au plan de l’organisation sociale, la paupérisation galopante et le désespoir d’une jeunesse face aux mutations de ces temps dits de post-modernité.

Il reste que les Français sont volontiers ouverts, tout en cultivant parfois une xénophobie sociale, ethnique, confessionnelle en lame de fond.

Dans tous les cas évoqués, il reste un sens profond de la solidarité, héritier de la tradition chrétienne. Les « Restos du Coeur » constituent un exemple qui n’est pas unique de cette fraternité en action tandis que les réfugiés ont très souvent trouvé asile et refuge communautaire ou familial dans des fidèles catholiques et protestants. La « Jungle de Calais » donne aussi l’exemple d’actions humanitaires qui restent un point fort de l’éthique et du savoir-faire français.

Dans le même temps, le personnel politique français a profondément changé. A regarder le gouvernement actuel, ministres et secrétaires d’Etat sont originaires de toutes les traditions approchées par la culture française au temps de son expansion coloniale, voire le cas intéressant d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat en charge du Numérique, née au Canada, anglophone et qui, un temps, s’était investie dans la politique britannique.

La société française cherche du sens. Cela ne date pas d’hier. L’hédonisme a été repéré comme courant socio-culturel dès la fin de la seconde guerre mondiale. Il s’est exacerbé en ce moment jusqu’à atteindre un égotisme outrancier. Le slogan « Il est interdit d’interdire » a tenté de faire sauter tous les verrous du libertinage sexuel, de le promotionner, d’inciter à céder facilement sans jugement apparent – voire même en imposant des scénarios qui lèvent les interdits moraux. Or, la question posée à l’Eglise dans sa totalité, comme au judaïsme et à l’Islam, c’est bien celle de la pureté. Pureté morale, juridique, théologale. Il est question de mystique et non de mysticisme manichéen, intellectuel, philosophique à vendre et à acheter. Il y va d’un combat et d’une véritable résistance spirituelle.

Partout l’image d’un corps livré au seul corps ou scindé de l’esprit a lentement perverti, ce qui veut dire « retourné, induit à suivre des directions autres », l’équilibre précaire d’une conscience qui se doit de savoir que l’âme est dans le corps et non l’inverse. C’est une lutte semblable à celle contre le veau d’or, pour tous dans la mesure où l’enjeu est celui de la libération.

Il y a un moment où la résilience consiste dans ce peuple à se soulever contre lui-même. A cet, égard, 1968 a été un soubresaut – les choses furent bien plus graves à Prague. Aujourd’hui, les mêmes tendances agitent les extrêmistes politiciens de France et de Slovaquie, avec les mêmes incertitudes  à clarifier leur véritable identité sociétale. En France, la gauche et la droite s’entremêlent, s’interpénètrent tellement que l’on y distingue l’unisexe si libertin, instable, éternellement adolescent, violeur des âmes et des corps, de désirs compulsifs.

Il y avait bien la frustation innée du chrétien en son mal-d’être. Et puis, les églises se sont fermées, furent transformées en hôtels, parfois en centres culturels ou en musées d’exposition. La verticalité spirituelle des longues flèches gothiques, l’humilité des toîts plats romans sont aujourd’hui désertées. La pratique religieuse a cédé le pas à l’égo. La foi qui couvrait toutes les volontés du pouvoir s’est estompée, quittant les campagnes et les forêts où l’Angelus rythmait les jours et les siècles.

Serait-ce seulement chrétien ? Est-il donc si facile aujourd’hui de rassembler un minyan ou quorum de dix bar-mitzvah, donc adultes pour dire la prière qui est l’âme-même du judaïsme partout dans le monde.

Certains en viennent à se regrouper dans des grandes villes pour éviter la morosité d’un isolement devenu insupportable. Et puis, on n’attendait pas la vigueur dynamique de la Oumma musulmane ni la venue des Chrétiens d’Orient qui surpeuplent tous les week-ends les communautés d’églises où ils se réunissent pour prier et partager un vrai vivre-ensemble en exil.

Justement, le cardinal Barbarin, Monsieur de Lyon, prône le dialogue civilisationnel entre les cultures d’un sillon rhodanien fort de sens, croisement constant des idées et des peuples. Au moins, à toute liturgie eucharistique, il prononce un « Notre-Père » en araméen, avec une pointe d’intonation orientale du dialecte e n/a/… Avûn d’v’shmaya – Notre Père qui es au cieux, ce qui rassemble tous en tous lieux depuis ce berceau originel de Ur en Chaldée, lorsqu’Abraham a détruit les idoles de son père, Terach. Aujourd’hui, il est acculé à dire sa foi du plus profond de son être, à la manière dont Abraham a définitivement rompu avec l’idolâtrie.

Le cardinal Barbarin vient me voir au Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, traînant lui-même deux lourdes valises depuis l’édicule du Saint Sépulcre : la pente est raide et inhospitalière jusqu’au patriarcat où il boit de l’eau simple… Un dialogue ouvert et curieux de tout, saisissant les nuances, les tourments car, chez nous, les âmes crient, pleurent ou rient joyeusement. Nous ne pouvons alors qu’être conscients, tous deux, qu’ici même, dans ces lieux, marchèrent les chercheurs de Dieu, à travers le désert, construisant Jérusalem, se battant contre le Satan et les tentations qui, en hébreu comme en araméen, sont des « voyages flânants qui s’immiscent à faire perdre le sens du divin » jusqu’à finir par croire vraiment en la résurrection.

Serait-il alors possible que Babylone la Grande, ville de toutes les turpitudes, des passions sans contrôle et masochistes se soit à ce point mutée en des décadences brisant respect, loyauté, parole donnée, suscitant la haine et le dévergondage de genres nouveaux et pourtant si idolâtres ? On attaque le cardinal Barbarin dans le temps du Carême de l’Eglise d’Occident, romaine et latine.

C’est s’en prendre à tout un clergé à la veille de la fête la plus significative de l’espérance humaine et divine : la Résurrection du Messie qui éclate par la jubilation pascale. Cela rappelle ce que font les médias de Jérusalem tous les ans : débusquer un petit scandale contre l’Eglise, en l’occurrence surtout orthodoxe, comme si un bon petit grappin pouvait créer suspicion et rejet.

Est-ce si étonnant ? A Lyon, l’Eglise va entrer dans la Semaine Sainte qui va mener à Pâques en passant par Pourim (en Orient Pâque est au 1er mai selon le calendrier julien orthodoxe). Dans les deux cas, il est question de salut et de joies intenses. Alors Babylone, l’antique Babel, devrait quitter ses délires de confusion (bilboul/בילבול) pour s’approcher avec foi de la Bava-El/בבא אל = la Porte de l’Eternel. Tous les clergés sont « mis à part », en dépit d’eux-mêmes », et se doivent de memner au combat et non à l’indolence.

Cela fait penser au marathon de Jérusalem qui a lieu ce vendredi 18 mars au matin jusqu’à l’heure où l’on va se préparer pour le Shabbat Zachor/זכור : se souvenir des oeuvres d’Amalek, donc, en gros, savoir que le Malin existe et peut faire choir et même déchoir pour parler français actuel. Mais que le combat est possible sous la forme de cette longue solitude du coureur de fond. A Jérusalem, le marathon est l’un des plus durs au monde à cause du terrain.

Les transgressions sexuelles constituent un mal récurrent au sein de la société israélienne actuelle. Bien des rabbins sont en prison, des hommes et enseignants remarquables – au demeurant mariés et pères – qui ont été jugés. Ou bien encore tel ou tel ministre, pire : le président Moshe Katzav dont certain parti voudrait alléger la peine au grand dam des juges suprêmes. Ce même mal est fréquent dans les familles, quelles que soient les confessions.

Il faut être très prudent, en prônant le droit à la liberté, de ne pas entacher par ignorance de la vraie tradition ce qui demeure des repères innés de stabilité comme la famille dont la table accueillante a pris le relais du Temple.

Mais ne pourrait-on aussi dire que le clergé latin de France se trouve soudainement comme acculé à la suspicion. Du coup, chaque diocèse peut receler des cas similaires de perversion au fond des sacristies, peut-être dans d’autres confessions religieuses du pays.

La République a découvert que la honte existe aussi dans l’Education Nationale qui, en gros, réagit comme les institutions religieuses. Est-ce comparable à la situation dans les Eglises ? Il ne s’agit pas de la même guerre entre lumière et ténèbres. Et puis, ne chercherait-on pas aussi à acculer à la démission et tout d’abord à la faute aggravé un homme d’Eglise qui a été élu l’homme de l’année de Lyon, est populaire, frontal, pragmatique quant aux valeurs de la société et qui sait parler des des circonstances très diversifiées. Ce n’est pas fréquent dans le clergé ni même chez les politiciens.

Quand à ceux qui chercheraient à faire tomber les autres, il n’est pas vain de rappeler les paroles de Hillel voyant un crâne flotter dans l’eau. Il lui dit : Parce que tu as noyé d’autres, tu as été noyé. Et ceux qui t’ont noyé seront eux-mêmes noyés » (Pirkei Avot 2, 6).