Les scénarios économiques pour l’après-élections en Israël
L’impact des élections sur l’économie israélienne ne dépendra seulement de l’application des programmes des différents blocs politiques ; il reposera aussi sur la composition d’un gouvernement qui devra relancer l’activité tout en rassurant les investisseurs.
Si les partis en présence pour la Knesset 2026 présentent des programmes économiques différents, aucun d’entre eux ne pourra conduire tout seul un gouvernement.
Pour assurer sa survie politique, une coalition devra faire des compromis économiques tout en essayant de s’assurer le soutien des investisseurs et la confiance des consommateurs.
L’impact des législatives 2026 sur l’économie israélienne dépendra de quatre scénarios politiques qui sont actuellement envisageables : un gouvernement d’union nationale, un gouvernement d’opposition, un gouvernement de la majorité actuelle, la tenue de nouvelles élections.
Union nationale large
Le scénario d’un large gouvernement d’union nationale pourrait être le scénario idéal pour l’économie israélienne ; le shekel se renforcerait et les investisseurs retrouveraient confiance dans l’avenir.
Un gouvernement d’union nationale serait aussi en mesure de réorienter progressivement les ressources du pays vers les véritables moteurs de croissance (éducation, main d’œuvre, recherche, etc.) ; une stratégie qui dynamiserait les secteurs de l’immobilier, des infrastructures et de la finance.
Coalition de l’opposition actuelle
La mise en place d’un gouvernement de changement dirigé par l’opposition actuelle pourrait avoir, à court terme, des retombées positives pour l’économie qui serait soutenue par le renforcement du shekel ; ce scénario conduirait aussi à un ralentissement de l’émigration et au retour des Israéliens de l’étranger.
A moyen terme en revanche, les interventions de l’Etat pour abaisser le coût de la vie et lutter contre les monopoles pourraient peser sur les investisseurs qui tireraient moins profit d’un gouvernement qui aurait des positions sociales plus affirmées.
Reconduction de la majorité actuelle
Le maintien en place de la coalition actuelle pourrait engendrer des dommages à court terme : de plus en plus d’Israéliens aisés envisageront l’expatriation, alors que la poursuite de la réforme judiciaire ferait fuir les investisseurs et affaiblirait le shekel.
De même, les dépenses militaires élevées et les conflits prolongés continueront de peser sur le budget de l’Etat ; les investisseurs préfèreront attendre avant de réagir, entraînant un ralentissement de l’activité.
À plus long terme, la situation économique pourrait se stabiliser tout en favorisant les secteurs qui agissent en milieu non concurrentiel ; les entreprises qui profitent des prix élevés continueront d’enregistrer des profits importants, notamment l’agroalimentaire, les banques et l’assurance.
Élections à répétition
Le pire scénario électoral pour l’économie israélienne serait celui d’un cycle d’élections à répétition ; à défaut d’une coalition stable, le pays pourrait s’engager dans de nouvelles législatives jusqu’à ce qu’une coalition majoritaire s’en dégage.
Le modèle des années 2019-2021 (quatre élections en l’espace de deux ans) reste marqué dans l’économie israélienne ; l’incertitude politique s’est alors traduite par une baisse du shekel et par le report des investissements en attendant des jours plus sûrs.
L’incertitude quant aux résultats des élections israéliennes reste élevée ; l’avenir immédiat de l’économie israélienne dépendra de la volonté des électeurs d’être dirigés par une coalition aussi large et stable que possible.
