Avant de comprendre pourquoi les réfugiés peuvent être une chance pour la paix au Proche-Orient, je souhaite apporter quelques précisions sur ces derniers.

Migrants ou réfugiés ?

C’est un débat sémantique qui occupe beaucoup les médias. En droit international, le statut officiel de réfugié est celui d’une personne qui a obtenu l’asile d’un Etat tiers.

Il est  défini par la Convention de Genève relative au statut des réfugiés signée en 1951 et ratifiée par 145 Etats membres des Nations Unis par la formule suivante : « est réfugiée toute personne qui a demandé l’asile et est reconnue par un Etat comme ayant fui son pays en raison de menaces sérieuses pour sa vie. »

Dans une note d’octobre 2013 consacrée à la Syrie, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) déclarait qu’il reconnaîtrait comme réfugié toute personne fuyant le pays et correspondant à des profils parfois très spécifiques (opposants, journalistes…) mais aussi tous les enfants pouvant être menacés par des actes de violence, les femmes risquant d’être violées ou mariées de force.

Pour le dictionnaire Larousse, le migrant se définit comme toute personne qui effectue une migration, c’est-à-dire qui se déplace volontairement dans un autre pays ou région pour des raisons économiques, politiques ou culturelles.

Nous pouvons donc en déduire que nous parlons de réfugiés et non de migrants.

Nombre de réfugiés depuis le début de l’année

D’après le HCR, près de 515 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe en passant par la méditerranée.

La France envahie par les réfugiés ?

Une étude de l’INED qui malheureusement est peu connue donne quelques précisions :

92% des Français ne sont pas musulmans.

91% des Français ne sont ni étrangers ni immigrés.

78% des Français n’ont aucun ascendant étranger sur deux générations.

N’y a-t-il que des hommes parmi les réfugiés ?

Les chiffres contredisent cette affirmation exploitée par certains partis politiques.

69% d’hommes.

13% de femmes.

18% d’enfants.

Quels sont les pays qui accueillent le plus de réfugiés ?

92% des réfugiés se répartissent entre trois pays : la Turquie (1,9 million), le Liban (1,1 million) et la Jordanie (628 000).

Un dernier chiffre : depuis janvier 2015, 2980 réfugiés ont péri ou sont portés disparus.

Les réfugiés syriens : une chance pour la paix ?

Ceux qui ont approché des réfugiés se rendent compte que ces derniers sont pour la majorité instruits. Ils faisaient partie de la classe moyenne ou supérieure de la Syrie.

Ainsi nombre d’entre eux étaient médecins, avocats ou cadres supérieurs dans leur pays d’origine. Le seul « hic » à leur éducation est leur position vis-à-vis d’Israël. En effet, ils haïssent majoritairement ce pays, mais pourquoi ? La réponse est simple : depuis des années ils ont été éduqués dans cette haine et pour la plupart, ils ne connaissent rien d’Israël en dehors de la guerre.

Certains journalistes ont été à la rencontre de ces réfugiés en se présentant comme israéliens. Au bout d’un moment de discussions beaucoup de Syriens, qui n’avaient jamais rencontré d’Israéliens ou même de juifs, ont été « étonnés » que les israéliens étaient des hommes comme tout le monde et que certaines organisations humanitaires israéliennes étaient présentes pour les aider.

Nous savons tous que le pouvoir syrien va bientôt tomber, mais qui pour le remplacer ? Le monde a deux possibilités : soit les extrémistes de Daesh, soit une nouvelle génération de politiques qui viendrait de ces réfugiés.

Israël doit parier sur la deuxième solution pour le bien de la région. En travaillant avec les réfugiés syriens, en leur montrant qu’Israël et les Juifs ne sont pas des « diables », le gouvernement israélien ne pourra se faire que des amis qui se souviendront qu’Israël les a aidés lorsqu’ils étaient en difficulté.

Pour que ce pari réussisse, les gouvernements occidentaux doivent bien sûr accueillir les réfugiés mais aussi préparer pour certains d’entre eux un retour afin qu’ils prennent les rênes du pouvoir.

Vous me direz que c’est un pari un peu fou mais n’oublions pas ce qu’avait dit Rabin lorsqu’il parlait avec les Palestiniens : « c’est avec l’ennemi qu’on fait la paix ». L’ennemi d’hier peut devenir l’ami de demain avec un peu de patience et de volonté.

Eric Gozlan