La semaine dernière, l’épouse du rav Neventsal de la vielle ville de Jérusalem est décédée.

Yedidya Meir, journaliste pour l’hebdomadaire « BeCheva », et qui l’a connue depuis son enfance, a rédigé un article en son honneur.

De nombreuses anecdotes ont été rapportées, mais une des choses que Yedidya Meir a écrite était les propos ramenés par le rav Elyada, fils de la défunte, au nom du rav Haim Schmulewitz.

Une phrase toute simple, mais si profonde à la fois : « un homme petit fait de grandes actions, un grand homme en fait des petites ».

Il continue en expliquant qu’un homme de petite stature pourra être celui qui sera à l’origine de quelques grandes actions, de temps à autres. Ceci le mettra en avant, en valeur, jusqu’à ce que l’intensité de son action faiblisse et que cette personne retombe dans l’anonymat, ou bien qu’elle remette la machine à nouveau en marche en étant à l’origine d’une nouvelle grande action.

Un grand homme (et dans ce cas précis, une grande femme) n’a pas besoin de se mettre en valeur. Ses actions n’ont pas besoin d’être grandioses. Au contraire, c’est par le flux non interrompu d’actions – qui à priori ont l’air d’être petites, voire futiles tant elles paraissent naturelles que se construit la grandeur de la personne.

Chez la rabbanit Neventsal, c’était l’hospitalité, le sourire, l’attention pour tous, que ce soit un enfant, une personne âgée ou même une personne dont la stabilité mentale paraissait douteuse…

Nous ne sommes pas la rabbanit Neventsal.

Et pourtant, ce principe, est applicable chez chacun d’entre nous.

Une des choses à laquelle je suis confrontée régulièrement est la difficulté qu’ont les couples avec la période de niddah. Durant cette période, tout contact physique est interdit, ainsi que d’autres restrictions pour prévenir un tel contact. Plus d’une femme m’a dit se sentir paria, exclue, rejetée. Plus d’un couple déteste cette période « froide ».

Le fait de devoir passer, d’un coup, d’une relation physique à une qui est platonique est effectivement un défi. Et quand ce n’est qu’ainsi qu’elle est prise, cette période peut en effet être source de tensions, de conflits, qui ne seront pas forcément magiquement résolus le soir du mikveh…

Cette période devrait, au contraire, être bénéfique à notre couple ! Justement parce que le côté physique est mis de côté, il est possible de centraliser nos pensées, d’ajuster notre relation et de l’approfondir. Et surtout, et je maintiens ceci malgré les haussements de sourcils reçus, d’affermir notre amour.

Une grande personne fait des petites actions. Un grand couple aussi.

Le petit mot tendre caché dans la valisette, le café (ou le thé…) apporté au lit, un plat dont l’autre raffole ou la vaisselle qui s’est « faite d’elle-même »… Chacun d’entre nous, s’il réfléchit un peu, devine ce qui pourrait faire plaisir à l’autre, lui rappeler qu’ils ne sont pas deux personnes vivant par hasard sous un même toit (voire partageant aussi des enfants), mais bel et bien un couple avec une histoire émotionnelle forte.

Ce sont ces actions, ces attentions, qui changent notre quotidien de banal à spécial, qui le ravive et l’empêche de se perdre dans le journalier. Elles ne sont évidemment pas limitées à la période de niddah, mais c’est durant cette période-là qu’elles prennent encore plus d’importance.

Ce sont ces actions, ces attentions, qui nous permettent, après une longue journée, de nous asseoir ensemble et prendre du temps pour parler, pour discuter d’une idée, mieux nous connaître, même après de longues années de mariage.

Ce sont ces actions, ces attentions, qui gardent vibrant le feu de notre relation, qui nous permettra, le soir du mikveh, de pouvoir effectivement réaliser les mots de rabbi Méir dans le traité niddah : que ce soir-là, la femme soit aux yeux de son mari comme elle l’était sous la ‘houppa. Que le couple puisse garder cette vitalité de leur amour.

…Sauf qu’avec l’expérience des années, et grâce à ces petites actions permanentes, cet amour est encore plus profond.

Et vous ? Quelles sont vos petites actions ?