Voici un extrait de l’enregistrement audio récent, donné pour émaner d’Al-Bagdadi, le chef autoproclamé du prétendu État islamique (EI) [1]:

« Soyez sûr que Dieu donnera la victoire à ceux qui le vénèrent et écoutez la bonne nouvelle : notre Etat se porte bien. Plus la guerre s’intensifie contre lui, plus il devient pur et résistant »…

Baghdadi a menacé d’attaquer Israël, affirmant que l’EI « n’avait pas un instant oublié la Palestine », et promettant d’en faire « un cimetière pour les juifs », en ces termes:

« Sachez-le, vous les Juifs, nous ne l’oublierons jamais et bientôt vous entendrez que nous nous rapprochons de vos forces ». « Cette journée approche. Dieu vous a rassemblés [en Palestine] pour que les Musulmans vous tuent », a-t-il ajouté. « Nos combattants djihadistes vous encercleront. Jour après jour, nous nous approchons de vous ».

A l’instar d’Hitler, de l’Ayatolah Khomeiny, et, plus près de nous, de l’ancien président iranien, Mahmoud Ahmadinedjad, M. Al-Bagdadi ignore visiblement l’histoire de l’Israël des temps bibliques, et en particulier, le sort de Nabuchodonosor, et celui d’Antiochus Epiphane, le blasphémateur assassin, artisan de l’hellénisation forcée du peuple juif [2] – qui avait déclaré (2ème Livre des Maccabées 9, 4):

« Arrivé à Jérusalem, je ferai de cette ville la fosse commune des Juifs ».

Et que lui arriva-t-il ? Comme Hitler, son avatar ultérieur, c’est lui qui périt.

À ce propos, il vaut la peine de lire le long passage épique que le Livre des Maccabées [3], cité ci-dessus, consacre à l’événement (2 M 9, 3-28) :

Comme il [Antiochus] se trouvait vers Ecbatane, il apprit ce qui était arrivé à Nikanor et aux gens de Timothée [qui avaient été tués par les Juifs]. Transporté de fureur, il pensait faire payer aux Juifs l’injure de ceux qui l’avaient mis en fuite et, pour ce motif, il ordonna au conducteur de pousser son char sans s’arrêter jusqu’au terme du voyage. Mais déjà il était accompagné par la sentence du Ciel. Il avait dit en effet, dans son orgueil: « Arrivé à Jérusalem, je ferai de cette ville la fosse commune des Juifs ».

Mais le Seigneur qui voit tout, le Dieu d’Israël, le frappa d’une plaie incurable et invincible. A peine avait-il achevé sa phrase qu’une douleur d’entrailles sans remède le saisit et que des souffrances aiguës le torturaient au-dedans, ce qui était pleine justice, puisqu’il avait infligé aux entrailles des autres des tourments nombreux et étranges. Il ne rabattait pourtant rien de son arrogance; toujours rempli d’orgueil, il exhalait contre les Juifs le feu de sa colère et commandait d’accélérer la marche, quand il tomba soudain du char qui roulait avec fracas, le corps entraîné dans une chute malheureuse, et tous les membres tordus.

Lui qui tout à l’heure croyait, dans sa jactance surhumaine, commander aux flots de la mer, lui qui s’imaginait peser dans la balance la hauteur des montagnes, se voyait gisant à terre, puis transporté dans une litière, faisant éclater aux yeux de tous la puissance de Dieu, à telle enseigne que les yeux de l’impie fourmillaient de vers et que, lui vivant, ses chairs se détachaient par lambeaux avec d’atroces douleurs, enfin que la puanteur de cette pourriture soulevait le cœur de toute l’armée.

Celui qui naguère semblait toucher aux astres du ciel, personne maintenant ne pouvait l’escorter à cause de l’incommodité intolérable de cette odeur. Là donc, il commença, tout brisé, à dépouiller cet excès d’orgueil et à prendre conscience des réalités sous le fouet divin, torturé par des crises douloureuses.

Comme lui-même ne pouvait supporter son infection, il avoua: « Il est juste de se soumettre à Dieu, et, simple mortel, de ne pas penser à s’égaler à la divinité ».

Mais les prières de cet être abject allaient vers un Maître qui ne devait plus avoir pitié de lui: il promettait de déclarer libre la ville sainte que naguère il gagnait en toute hâte pour la raser et la transformer en fosse commune, de faire de tous les Juifs les égaux des Athéniens, eux qu’il jugeait indignes de la sépulture et bons à servir de pâture aux oiseaux de proie ou à être jetés aux bêtes avec leurs enfants, d’orner des plus belles offrandes le saint Temple qu’il avait jadis dépouillé, de lui rendre au double tous les vases sacrés et de subvenir de ses propres revenus aux frais des sacrifices, et finalement de devenir lui-même Juif et de parcourir tous les lieux habités pour y proclamer la toute-puissance de Dieu. […]

Ainsi ce meurtrier, ce blasphémateur, en proie aux pires souffrances, semblables à celles qu’il avait fait endurer aux autres, eut le sort lamentable de perdre la vie loin de son pays, en pleine montagne.

Et pour en revenir à Al-Bagdadi, il est évident qu’il ignore tout d’Antiochus Epiphane, ainsi que des oracles proférés par les prophètes contre les ennemis d’Israël. Il n’imagine pas un seul instant que s’il persévère dans ses desseins meurtriers, il aura un sort identique à celui du tyran Sennachérib, qui insultait jadis le peuple d’Israël et son Dieu, comme le relate le livre d’Isaïe (Is 37, 9-38) :

De nouveau Sennachérib envoya des messagers à Ezéchias pour lui dire:

« Vous parlerez ainsi à Ezéchias roi de Juda: ‘Que ton Dieu en qui tu te confies ne t’abuse pas en disant: Jérusalem ne sera pas livrée aux mains du roi d’Assyrie. Tu as appris ce que les rois d’Assyrie ont fait à tous les pays, les vouant à l’anathème, et toi, tu serais délivré! Les ont-ils délivrées, les dieux des nations que mes pères ont dévastées, Gozân, Harân, Réçeph, et les Edénites qui étaient à Tell Basar ? Où sont le roi de Hamat, le roi d’Arpad, le roi de Laïr, de Sepharvayim, de Héna, de Ivva ?’ ».

Ezéchias prit la lettre de la main des messagers et la lut. Puis il monta au Temple de l’Éternel et la déplia devant l’Éternel. Et Ezéchias fit cette prière en présence de l’Éternel:

« Éternel Sabaot, Dieu d’Israël, qui sièges sur les chérubins, c’est toi qui es seul Dieu de tous les royaumes de la terre, c’est toi qui as fait le ciel et la terre. Prête l’oreille, Éternel, et entends, ouvre les yeux, Éternel, et vois. Entends les paroles de Sennachérib qui a envoyé dire des insultes au Dieu vivant. Il est vrai, Éternel, les rois d’Assyrie ont exterminé toutes les nations et leur pays. Ils ont jeté au feu leurs dieux, car ce n’étaient pas des dieux mais l’ouvrage de mains d’hommes, du bois et de la pierre, alors ils les ont anéantis. Mais maintenant, Éternel notre Dieu, sauve-nous de sa main, je t’en supplie, et que tous les royaumes de la terre sachent que toi seul es Dieu, Éternel. »

Alors Isaïe, fils d’Amoç envoya dire à Ezéchias:

« Ainsi parle l’Éternel, Dieu d’Israël, à propos de la prière que tu m’as adressée au sujet de Sennachérib, roi d’Assyrie. Voici l’oracle que l’Éternel a prononcé contre lui : Elle te méprise, elle te raille, la vierge, fille de Sion ; elle hoche la tête après toi, la fille de Jérusalem. Qui donc as-tu insulté, blasphémé? Contre qui as-tu parlé haut et levé ton regard altier ? Vers le Saint d’Israël ! Par tes valets tu as insulté le Seigneur, tu as dit: Avec mes nombreux chars j’ai gravi les sommets des monts, les dernières cimes du Liban. J’ai coupé sa haute futaie de cèdres et ses plus beaux cyprès. J’ai atteint son ultime sommet, son parc forestier.

Moi, j’ai creusé et j’ai bu des eaux étrangères ; j’ai asséché sous la plante de mes pieds tous les fleuves de l’Égypte. Entends-tu bien ? De longue date j’ai préparé cela, aux jours anciens j’en fis le dessein, maintenant je le réalise. Ton destin fut de réduire en tas de ruines des villes fortifiées. Leurs habitants, les mains débiles, épouvantés et confondus, furent comme plantes des champs, verdure de gazon, herbe des toits et guérets, sous le vent d’orient. Quand tu te lèves et quand tu t’assieds, quand tu sors ou tu entres, je le sais (et que tu t’emportes contre moi). Parce que tu t’es emporté contre moi, que ton insolence est montée à mes oreilles, je passerai mon anneau à ta narine et mon mors à tes lèvres, je te ramènerai sur le chemin par lequel tu es venu.

Ceci te servira de signe: On mangera cette année du grain tombé et l’an prochain du grain de jachère, mais, le troisième an, semez et moissonnez, plantez des vignes et mangez de leur fruit. Le reste survivant de la maison de Juda produira de nouvelles racines en bas et des fruits en haut. Car de Jérusalem sortira un reste et des survivants du mont Sion. L’amour jaloux de l’Éternel Sabaot fera cela. Voici donc ce que dit l’Éternel sur le roi d’Assyrie: Il n’entrera pas dans cette ville, il n’y lancera pas une flèche, il ne brandira pas le bouclier contre elle, il n’y entassera pas de remblai. Par la route qui l’amena, il s’en retournera, il n’entrera pas dans cette ville, oracle de l’Éternel. Je protégerai cette ville et la sauverai à cause de moi et de mon serviteur David. »

Cette même nuit, l’Ange de l’Éternel sortit et frappa dans le camp assyrien 185 000 hommes. Le matin, au réveil, ce n’étaient plus que des cadavres. Sennachérib leva le camp et partit. Il s’en retourna et resta à Ninive. Un jour qu’il était prosterné dans le temple de Nisrok, son dieu, ses fils Adrammélek et Saréçer le frappèrent de l’épée et se sauvèrent au pays d’Ararat. Asarhaddon, son fils, devint roi à sa place.

Le sort final d’Israël ne sera pas celui que rêvent de lui infliger ceux qui le haïssent et rêvent de le massacrer, mais la victoire sur ses ennemis et le repos des temps messianiques sur sa terre. En témoignent ces passages des Psaumes :

Ps 2:12 : Pourquoi ces nations en tumulte, ces peuples qui tiennent de vains propos ? 2 Des rois de la terre s’insurgent, des princes conspirent contre l’Éternel et contre son Messie 3 « Faisons sauter leurs entraves, débarrassons-nous de leurs liens ! » 4 Celui qui siège dans les cieux s’en amuse, l’Éternel les tourne en dérision. 5 Puis dans sa colère il leur parle, dans sa fureur il les épouvante 6 « C’est moi qui ai sacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte. » 7 J’énoncerai le décret de l’Éternel. Il m’a dit : « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. 8 Demande, et je te donne les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre; 9 tu les briseras avec un sceptre de fer, comme vases de potier tu les casseras. » 10 Et maintenant, rois, comprenez, corrigez-vous, juges de la terre! 11 Servez l’Éternel avec crainte, 12 baisez ses pieds avec tremblement; qu’il se fâche, vous vous perdez en chemin d’un coup flambe sa colère. Heureux qui s’abrite en lui !

Ps 69, 36-37 : Dieu sauvera Sion, il rebâtira les villes de Juda, ils y habiteront, et en hériteront; la descendance de ses serviteurs en héritera et ceux qui aiment son nom y demeureront.

© Menahem Macina

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[1] D’après « Le chef de l’EI promet de faire de « la Palestine, un cimetière pour juifs » », Times of Israel, 26 décembre 2015.

[2] Cf. 1 M 1, 41-50. Entre autres cruelles exactions, il faisait exécuter les femmes juives qui avaient circoncis leurs enfants, « avec leurs nourrissons pendus à leur cou » (cf. 1 M 1, 61).

[3] Les deux parties du Livre des Maccabées, écrit qui ne figure pas dans le Canon juif de l’Ancien Testament, ont subsisté, en grec, dans le Canon catholique, mais pas dans celui des protestants, qui est calqué sur celui du judaïsme.