Plus de mille Français auraient rejoint les rangs de Daesh en Syrie où ils participent aux massacres et exactions commis par cette organisation.

Ces aspirants terroristes ne sont pas tous issus de familles musulmanes, en fait une partie significative est « française de souche » et de tradition catholique.

Avez-vous entendu le président ou le premier ministre de la France s’excuser auprès de la Syrie, des Kurdes, des Yazidis, des Irakiens, des chrétiens d’Orient pour les actions de leurs concitoyens ?

Non, ça ne viendrait à l’idée de personne. Vous n’avez pas non plus entendu des intellectuels ou des journalistes appeler la société à se remettre en cause. Si des gens ont osé dire que peut-être la communauté musulmane devrait se poser quelques questions, ils ont été immédiatement taxés de racisme et accusés de « faire des amalgames ».

Alors pourquoi donc tout le monde semble trouver normal que lorsqu’un Juif commet un attentat meurtrier, ce qui est quand même assez rare, l’Etat d’Israël se doit de présenter ses excuses, et tout le pays sombre dans l’hystérie et l’autoflagellation.

La vague actuelle découle de la concomitance de deux évènements tragiques sans le moindre rapport entre eux: l’attaque contre la « Gay Pride » de Jérusalem par un ultra-orthodoxe récidiviste et celle au cocktail molotov contre une famille palestinienne en Samarie, a priori par des membres du groupe « Tag Makhir » (Prix à Payer). Chacune de ces attaques horribles a entrainé la mort d’au moins une jeune personne.

Dans le premier cas, le système judiciaire et la police portent une responsabilité majeure. L’assassin, Shlissel, membre d’une secte hassidique anti-sioniste extrémiste, avait déjà attaqué au couteau la Gay Pride en 2005.

Il n’a été condamné qu’à 12 ans de prison malgré la gravité de son acte. Il a été libéré deux ans plus tôt que prévu alors qu’il n’a jamais exprimé le moindre regret. Il a été libéré juste trois semaines avant la Gay Pride. Quelques jours avant l’attaque, il ne cachait pas ses intentions dans une interview pour un journal ultra-orthodoxe. Et enfin, le jour même, les mesures de protection du défilé n’ont pas été capables de l’empêcher de s’infiltrer et de poignarder six personnes.

Shlissel est un cas unique, extrême, un fanatique issu d’un milieu coupé de la société environnante. Il n’est le symptôme et le symbole de rien. Les déclarations anti-Gay Pride ou franchement homophobes de certains députés sionistes-religieux et les manifestations du groupe d’extrême-droite Lahava n’ont joué aucun rôle dans ses motivations pour passer à l’action.

Le second cas est plus difficile à débattre pour la simple et bonne raison qu’à l’heure où j’écris ces lignes, nous ne savons pas qui l’a commis, nous ne savons pas quelles étaient les motivations exactes des terroristes et s’ils cherchaient réellement à tuer un bébé et sa famille.

Dans la mesure où il est déjà arrivé plusieurs fois que des actes attribués à un groupe avaient en fait été commis par un autre, il est toujours bon de garder la tête froide.

Néanmoins, tout semble indiquer pour le moment que des membres de cette organisation nébuleuse soient responsables. Laissons la police et l’armée faire leur travail, arréter les coupables, démanteler les réseaux et ceux qui les soutiennent.

Accuser toute la population de Judée Samarie pour les actes d’une poignée d’individus est aussi absurde que d’accuser les habitants de Herzliya pour l’assassinat de Rabin.

Chacun est responsable de ses propres actes, pas de ceux des autres. Tous les gens qui souhaitent se remettre en question sont libres de le faire, pas de l’imposer aux autres, surtout quand on sent que la véritable intention derrière ces grandes paroles est de se donner une stature morale supérieure à celle des autres ou tirer des bénéfices politiques.

Les Juifs sont frappés d’un trouble bipolaire, ils sont les meilleurs ou les pires du monde, tout est fantastique ou tout est catastrophique, Israël est un pays génial ou au bord de l’effondrement. 2000 ans d’exil, de massacres, d’antisémitisme, de persécutions, ont laissé des traces dans l’inconscient collectif et conduit certains à la haine de soi. Si les Juifs n’atteignent pas un certain degré de moralité décidé arbitrairement, alors ils sont les rebuts de l’humanité. Pour avoir une idée de l’influence terrifiante que possèdent ces Juifs qui s’auto-haïssent, je recommande la lecture du best-seller (en Israël et en Allemagne) « Tfos T’Hayehudi » de Tobia Tannenbaum.

Remarquez que la tendance inverse, qui refuse d’accepter que des Juifs puissent mal se comporter, existe aussi. Chaque fois qu’un attentat est commis par un Juif, toutes sortes de théories se développent expliquant qu’en fait il s’agit d’Arabes qui ont mis en scène leur crime pour faire accuser des Juifs (certes c’est déjà arrivé) ; Baruch Goldstein est en fait un héros qui a sauvé les Juifs de Hebron d’un pogrom ; Yigal Amir n’a pas assassiné Rabin, c’est un complot des services de sécurité (avec ou pas la complicité de Shimon Peres et même de François Mitterand, suivant les versions), etc…

Les Juifs sont des êtres humains normaux. Des Juifs tuent (et volent et violent et escroquent). Il y a des meurtres chaque semaine en Israël (le taux d’assassinat est assez bas, dans la moyenne occidentale). Il y des terroristes juifs, de la « makhteret hayehudit » des années 80 à Tag Makhir en passant par Ami Popper, Baruch Goldstein, Yaakov Teitel et quelques autres. Rien d’exceptionnel dans le cadre d’un conflit qui intègre des éléments territoriaux et religieux et qui dure depuis si longtemps. En fait ce qui est étonnant c’est qu’il n’y en ai pas plus.

La capacité juive à ne voir que le verre à moitié vide, que ce qui ne va pas, est certainement à l’origine des meilleurs réalisations de notre peuple. Vouloir toujours s’améliorer, se remettre en question en permanence, travailler dur – ces caractéristiques ont permis aux Juifs d’atteindre les sommets dans tous les domaines. Mais au prix de leur santé mentale. La fin de l’exil nous laisse la possibilité de retrouver un équilibre sain, de replacer les choses dans leurs justes proportions, et de mettre fin à cette hystérie insupportable. Les Juifs sont sortis de l’exil, faisons sortir l’exil des Juifs.