Devant le mont Sinaï D.ieu ordonna à Moise et Aaron de recenser les douze tribus d’Israël (livre des Nombres).
C’est le premier recensement ou l’on compte non plus individuellement mais regroupés par tribu.

Après avoir été recensé, on compte en tant que personne responsable et « entière » au sein d’une communauté.
La recherche du singulier qui s’inscrit dans le collectif. Compter et additionner les noms, c’est agréger des filiations et des histoires différentes pour constituer un peuple juif uni. Avec ce nouveau recensement, on entre dans un système plus précis et qualitatif. L’appartenance à une tribu et la dénomination du nom de famille sont reconnus comme étant les bases de notre identité.

D.ieu utilise la méthode des quotas pour régler la question d’équité.

Pendant longtemps, la communauté juive noire a été niée par la communauté juive contemporaine mais depuis peu, elle fait l’objet d’une attention souvent mal assumée mais quasi-permanente.

Mal assumée, parce que c’est rarement que l’on aborde la question et ses conséquences sur le monde juif d’aujourd’hui.

Prendre au sérieux la « question de quotas » dans la communauté juive ne signifie pourtant pas s’interroger seulement sur le calcul mathématique, mais aussi sur et sur la dimension du rapport entre les primo arrivants et la notion de l’équité vis à vis des minorités visibles dans la hiérarchie du pouvoir.

Or, les choses changent avec la conception dont on se fait de l’autre : sans doute les minorités juives noires apparaissent-elles enfin aujourd’hui comme non représentées. Le contexte propre à la société française se traduit donc en contraintes rhétoriques qui pèsent sur les individus, tant représentants que représentés, sans pour autant effacer les effets des contraintes pratiques que font peser sur eux le poids de l’invisibilité dans l’expérience sociale quotidienne.

Les représentations de la communauté juive posent ainsi le problème de la représentation institutionnelle : les « minorités juives » sont bien juives, et demandent justement à être traitées comme telles. La sortie du film ‘’Etre juif et noir en France’’ a rendu plus sensible encore la question de la représentation des minorités dans nos institutions et dans les différents corps de la fonction institutionnelle juive. Le retard pris dans ce domaine semble immense. Un effort de compréhension est donc d’autant plus nécessaire que beaucoup de nos institutions n’ont compté aucun juif noir jusqu’à ce jour en France.

C’est dans le sillage du vivre ensemble qu’émerge véritablement, la question dite de la «quotité », et singulièrement en matière de représentation institutionnelle communautaire.