« Ce que vous pensez de vous dépend de ce que vous savez de vous et ce que vous savez de vous dépend de ce qu’on vous a appris »

Le contexte étant celui de l’intégration et son triptyque « Identité, Judéité et Unité », il nous semble important de rappeler qu’il n’existe pas une « communauté juive » homogène, mais qu’à l’intérieur de ce groupe il existe une grande diversité d’origines et de trajectoires traversée souvent par des antagonismes et souvent des rivalités.

La démarche se veut participative, de construction et de partage. Le but commun est le point de rencontre de la réflexion et de l’action contre l’antisémitisme et contre la banalisation de la parole raciste.

Cette adhésion au Crif est celle de l’acceptation et de l’affirmation de soi mais elle dépasse ce que Goffman appelle le retournement de stigmate.

L’affirmation de soi est-elle nécessaire pour comprendre notre communauté et intervenir sur des situations données ?

L’affirmation de soi est une activité cognitive fondamentale qui a toujours été liée à la formation et à l’organisation du Peuple Juif.

Pour comprendre notre environnement, nous devons nécessairement en réduire la complexité et en limiter l’infinie diversité, et nous identifier au delà de particularités en nous regroupant sur la base des traits que nous avons en commun.

Ce qui construit ce mode d’appréhension des réalités communautaires, c’est une simplification inévitable du réel, qui passe notamment par un processus d’accentuation des ressemblances et des différences.

L’affirmation de soi, c’est aussi une certaine manière de procéder à des typifications, c’est-à-dire subsumer sous forme de types communautaires en réalité diverses et nuancées.

Mais lorsque l’affirmation de soi s’applique à un groupe social et notamment lorsqu’elle met en jeu des identités de personnes, elle a une spécificité tout à fait importante, celle qui fait des personnes elles-mêmes sujets de la catégorisation.