Il faut bien se rendre à l’évidence : les Juifs sont une pure invention. Qu’on les appelle enfants d’Israël, peuple juif, peuple d’Israël, communauté juive, Israélites, ou encore Hébreux, etc.. quel que soit le nom qu’on lui donne, ce peuple n’existe pas, il appartient au domaine de la fiction et ne demeure qu’un fantasme de l’humanité.

Je vous sens sceptique, ami lecteur, permettez-moi quand même d’avancer quelques arguments et de tenter de vous convaincre en vous présentant le fruit de mes recherches.

Quelle preuve sérieuse avons-nous de l’existence de ces israélites ? Les livres saints, dites-vous ? Les médias ? L’archéologie ?
Depuis l’origine des temps on parle des Juifs, on raconte leurs légendes, mais ils n’existent pas. Nous allons infirmer une à une ces pseudo-preuves et autres références abusives.

Commençons par l’archéologie. La première trace historique établie faisant mention de ce peuple fantôme est la fameuse stèle du pharaon Mérenptah qui date de 1210 avant notre ère. Or, par une belle ironie, cette première trace historique attestée vient nous apprendre qu’ « Israël a été décimé, sa semence même n’est plus… » Ce texte est gravé dans la pierre pour l’éternité ! Les hiéroglyphes sont clairs et sans faute d’orthographe sur cette stèle conservée au Musée égyptien du Caire.

Donc selon ce sympathique pharaon au nom imprononçable, c’est indéniable, Israël n’existe plus depuis 3226 ans.

Le monde continuera d’en parler durant trois millénaires, de chanter ses psaumes et de s’inspirer de son histoire, mais comme l’Atlantide, ce petit peuple d’Orient reste un mythe dont on ne trouve aucune trace dans le monde réel.

Il a fallu attendre le XXe siècle pour comprendre et théoriser cette énigme de la non-existence israélite avec le grand philosophe Jean-Paul Sartre et son livre « Réflexions sur la question juive ». Sa thèse est implacable et définitive : c’est le regard d’autrui qui crée le Juif. Le Juif n’existe pas mais l’antisémite l’invente, et le déteste. Ou le déteste d’abord puis l’invente ensuite. Et puisque le Juif n’existe pas, l’antisémite doit redoubler d’effort pour l’imaginer partout où il n’est pas, et donc il le déteste parce qu’il remet en cause sa vision du monde.

Claude Lanzmann écrit dans ses mémoires « Le lièvre de Patagonie » qu’il avait été bouleversé par son voyage en Israël. A son retour, ses amis Sartre et Simone de Beauvoir l’avaient interrogé sur ce qu’il avait découvert dans ce petit pays d’Orient. Lanzmann décrit ainsi cet entretien : « c’est moi qui parlais, leur révélant un univers complètement ignoré d’eux. (…) Je démontrai à Sartre que les Réflexions sur la question juive étaient à revoir, à reprendre, à compléter, que les Juifs n’avaient pas attendu les antisémites pour exister, que j’avais rencontré là-bas tout un monde, une religion et des traditions séculaires, un peuple à sa façon sujet de l’histoire ».

Vous imaginez la scène surréaliste ? On imagine, en lisant ces lignes, les efforts de Lanzmann pour convaincre Sartre : « Mais si, Monsieur Sartre, je vous assure que c’est vrai, je n’ai pas rêvé, j’ai vu de vrais Juifs en Israël ! De mes propres yeux, des hommes et des femmes avec des corps et des visages comme nous autres humains : des juifs agriculteurs, des juifs facteurs, des juifs soldats, des juifs ouvriers, des blonds, des bruns, petits et grands, si si je vous le dis : ils existent ! »
Et Sartre interloqué de répondre : « Vous en êtes bien sûr ? Ah bon ? Vous n’êtes pas antisémite et vous les avez vus ? Ma théorie serait-elle donc à revoir ? »

Encore un coup de ce maudit principe de réalité ! L’ennemi des plus belles constructions philosophiques…

Mais tout le monde ne se décourage pas si vite devant les faits. Si la réalité de l’Etat d’Israël remet en cause la théorie de Sartre, elle a provoqué exactement l’effet contraire chez d’autres. Un grand sociologue au nom suspect de Georges Friedmann a écrit en 1965 un livre très sérieux intitulé « Fin du peuple juif ? » (Notons le point d’interrogation, tout de même…). Sa thèse implacable démontre que l’Etat juif remettait justement en question l’existence du peuple juif. Selon Friedmann, c’est ce retour à la terre qui aurait tout gâché : un peuple devenu normal ne serait plus juif puisque disposant désormais d’un pays comme les autres et renonçant à cette spécificité juive de dispersion parmi les nations.

A ce stade de subtilité spéculative, on peut se demander simplement : à quand un livre intitulé « Fin du peuple chinois ? », « Fin du peuple américain ? » ou « Fin du peuple russe ? » ?

On a tous également en tête l’ineffable Shlomo Sand avec son pamphlet: « Comment le peuple juif a été inventé », devenu bien évidement un best-seller en France, pamphlet dont le titre aurait dû être « Comment un militant d’extrême gauche, spécialiste de Georges Sorel et de l’histoire du cinéma français, se pose en historien de l’antiquité sans rien y connaitre et surfe sur une vague anti-israélienne en France pour vendre des livres ». Ce brave Shlomo Sand a compris qu’il présentait une contradiction trop flagrante dans ses raisonnements, car comment un Juif pourrait-il affirmer qu’il fait lui-même partie d’un peuple inventé ? Comment ça Shlomo, vous êtes Juif ? Il a réglé ce problème en expliquant dans un nouveau livre qu’il avait cessé d’être juif. Nous voilà rassurés, c’est maintenant cohérent, car le très politique prof de cinéma respecte le niveau cognitif de ses lecteurs : il n’est plus Juif et d’ailleurs le peuple juif est une invention.

L’auteur autrichien antisémite Otto Weininger avait résolu le problème de logique posé par sa judéité d’une autre façon, un peu radicale il faut l’admettre : le suicide.

Il y a certes des variantes à ce déni d’existence ou d’identité : les tenants de ces théories ne sont pas tous aussi extrémistes. Certains font des concessions et acceptent les juifs comme individus mais pas comme peuple. Par exemple le Comte de Clermont-Tonnerre qui dans son célèbre discours de 1789 a déclaré « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus ». Donc les Juifs sont enfin devenus des individus en 1791 ! D’autres affirment le contraire : les Juifs seraient une nation ou une race mais pas une religion.

Chacun y va de sa petite salade théorique en décriant la définition du voisin : les Juifs ne sont pas ceci ou ne sont pas cela. Tant de livres et d’opinions sur ce sujet si futile… J’en avais mal à la tête. S’ils n’existent pas, pourquoi ne pas les laisser un peu tranquilles, les Juifs ?

Comment rester serein et adopter une approche neutre et objective de la question ? Peut-être peut-on espérer la trouver auprès d’une instance internationale respectable ? L’Unesco éventuellement ? Pour rappel, cette année au mois d’avril, le conseil exécutif de l’Unesco a adopté (avec la voix de la France) une décision sur la « Palestine occupée » visant à « sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est ». Or cette résolution ne fait pas mention du lien entre la ville de Jérusalem et le peuple juif ! Les diplomates qui ont voté cela sans ironie aucune – diplomates objectifs sans aucun doute – ont cette fois frappé très fort ! On savait que les Juifs n’existaient plus, mais à ce point là… même les textes bibliques sont ici effacés, plus de Temple de Jérusalem, plus de roi David ni de roi Salomon, plus rien de tous ces vieux textes hébraïques insignifiants, l’Unesco a tranché sans nuance : la Bible a tort et le pharaon Mérenptah avait raison.

C’est à ce stade là de mes recherches que j’ai décidé de faire une pause. J’avais besoin de me changer les idées, j’ai mis un CD de Gainsbourg et j’ai repris la lecture du journal. Lorsque la chanson « Dieu et juif » est arrivée, j’ai brusquement arrêté la musique. L’analyse anthropologique était déjà assez compliquée comme ça. Laissons Dieu en dehors du débat pour le moment. En tournant les pages de Yediyot Aharonot, j’y découvrais les déclarations de nos voisins sémites, perses et autres.

Les Iraniens, leurs amis du Hezbollah, les Syriens, le Hamas et autres sympathiques démocrates parlent tous d’Israël comme d’une « entité sioniste ». Il ne prononcent d’ailleurs pas le nom d' »Israël », puisqu’il n’existe pas, mais parlent des méchants sionistes. Ils n’ont rien contre les « Juifs » seulement contre les « sionistes » qui eux existent bel et bien et sont la source de tout le mal sur terre.

Dans le même ordre d’idée : pourquoi est-ce qu’un judoka égyptien aux Jeux olympiques devrait-il serrer la main d’un judoka israélien qui n’existe pas ? (et contre qui il a perdu).

Récemment une tribune parue dans le Journal du Dimanche et signée par quarante-et-une personnalités musulmanes françaises, condamne le terrorisme en France. Ces signataires y énumèrent les attentats commis ces dernières années au nom de l’Islam, et ô miracle, n’y recensent aucun attentat contre les Juifs. Quoi de plus normal ? Cachez ce peuple que je ne saurais voir ! Pas d’attentat puisque pas de Juifs.

Me sachant en crise existentielle, un ami chrétien pratiquant voulut me rassurer. Il m’affirma que mes peurs étaient infondées : « ne t’inquiète pas, les Juifs existent bien et sont nombreux : ils sont plus d’un milliard ! ». Un milliard ? D’où sortait-il ce chiffre ? Sans même exister, les Israélites auraient réussi la prouesse de se multiplier comme le sable dans la mer ? « Oui, m’expliqua-t-il, nous sommes plus d’un milliard, nous les enfants d’Israël ! »

J’appris ainsi, à ma grande surprise, que certains chrétiens, malgré les avancées de Vatican 2, n’avaient toujours pas éliminé le « Verus Israël » de leur credo. C’est-à-dire, selon ces croyants, que le véritable peuple juif, c’est eux ! Selon cette théologie de la substitution, les chrétiens sont aujourd’hui les seuls vrais juifs. Par conséquent les Juifs qui se prétendent comme tels sont logiquement des imposteurs ! Comme dans tout problème de mathématiques résolu, la conclusion s’impose, et c’est toujours la même : les Juifs n’existent pas, CQFD !

C’est absolument formidable, de l’avis de tous il n’y a plus aucun doute sur la non-existence des Juifs. Comme le dit le rabbin Ouri Cherki avec son humour légendaire : « Il semble que ce soit constitutif de notre identité juive que de ne pas en avoir – d’identité. »

La découverte de cette évidence fut un choc dans ma vie. J’avais vécu toutes ces années avec l’innocence de ceux qui croient tout naturellement exister. J’avais naïvement cru qu’avec mon nom de famille, ma mezouza sur la porte et cette marque sur ma chair à un endroit si stratégique, tous ces signes étaient autant de preuves de ma judéité. Dès lors les choses n’étaient plus aussi évidentes qu’avant, il fallait sortir de mon moi pour analyser froidement la situation… « Penser contre soi-même » disait – encore lui – le philosophe parisien.

Alors je me pinçais de temps en temps pour vérifier… que j’existais. Je me faisais mal bêtement. Mais ça ne prouvait rien, je pensais que ma subjectivité et mes nombreuses lectures de la Bible y étaient pour quelque chose. Je n’étais bien-sûr plus à même de juger objectivement mon identité ! Que dirait Freud ? Comment peut-on savoir si nous existons ? N’est-ce pas un mauvais tour de notre inconscient ?

J’ai donc décidé de pousser plus loin l’expérience chez les autres et aborder des Israéliens dans la rue en les pinçant. Les habitants de Tel-Aviv sont considérés comme plutôt ouverts d’esprit. La plupart l’ont pris avec le sourire. Mon expérience socio-ethnico-historico-religieuse les amusait. Mais j’ai fait l’erreur de pincer un grand gaillard, un bodybuilder qui sortait de sa salle de sport de la place Rabin et qui n’a pas compris le principe. Lorsque je lui ai expliqué pourquoi je le pinçais, il a moyennement apprécié. Il m’a crié « Ma kara lekha?! ata rotze sheokhiah lekha sheata kayam? »

Il y a aussi, me direz-vous, ceux qui voient des Juifs partout. Mais cela revient au même : dire qu’ils sont partout c’est nier leur spécificité et donc leur existence. La presse, la télévision, la politique, le cinéma, l’économie, la science, les prix Nobel, la littérature, la musique, l’art en général, tous ces domaines de l’activité humaine sont, c’est bien connu, dominés par les Hébreux.

Pour un peuple qui n’existe pas, je trouve qu’il fait beaucoup parler de lui. Et beaucoup de bruit. C’est un euphémisme que de l’écrire. Sa non-existence provoque un vacarme planétaire. Ceci laisse présager de ce qui se passerait s’ils existaient…

« Jews is News » comme le dit le proverbe. Le monde semble se passionner pour ce qui se passe dans un pays minuscule de 8 millions d’habitants au Moyen-Orient, et lorsqu’un Juif décide de faire des travaux dans son jardin ou d’élargir sa cuisine, une crise diplomatique mondiale éclate, l’ONU condamne et les médias en font leurs grands titres.

Ces mêmes instances internationales et médias qui restent curieusement muets face aux génocides et meurtres de masses dans certains pays d’Afrique ou du Moyen-Orient. Que voulez-vous, ces populations ont eu le malheur de ne pas être juifs et donc ces tragédies n’intéressent pas assez les bonnes consciences européennes. Vous souvenez-vous du génocide du Rwanda de 1994 ? A-t-il fait les grands titres de la presse ? Et de nos jours le génocide des Yézidis entraine-t-il les protestations des foules de manifestants en Europe ?

Or les Juifs, s’ils existent, ne représentent que 0,2% de la population mondiale. 0,2% c’est-à-dire presque rien. Quantité négligeable, on comprend ceux qui seraient tentés d’arrondir à zéro. Par pure commodité statistique.

Pourtant Israël monopolise 30% du volume des news internationales.
Donc les Juifs n’existent pas mais fascinent quand même. Un peu comme les extra-terrestres. [Sauf qu’il n’y pas de parti politique anti-extraterrestre, que l’Iran n’a pas déclaré vouloir détruire les galaxies extra-terrestres, et qu’on n’assassine pas de petites filles extra-terrestres dans des écoles à Toulouse ni dans leurs lits en Israël.]

Et pour finir ces recherches, voici la cerise sur le gâteau : j’ai enfin trouvé un livre qui parle des Juifs et reconnait leur existence et même leur droit sur Israël : c’est le Coran ! Oui le saint Coran ! Sans blague, ces passages ne sont jamais cités mais ils mériteraient une large diffusion. Avez-vous lu la sourate 17/104 ?

« Et qu’avant les temps derniers, Il ramènera les Enfants d’Israël pour reprendre possession de leur Terre, les rassemblant de tous les différents pays et nations » … « Et nous disons ensuite aux Enfants d’Israël « Demeure en sécurité dans le pays (de la promesse) : mais quand le second des avertissements viendra à passer, nous vous rassemblerons ensemble en une foule mélangée »… « Et après lui, Nous dîmes aux fils d’Israël : « Habitez la terre, et lorsque s’accomplira la promesse de la vie future, Nous vous ferons revenir en foule »

Et la sourate 5/21 : « Ô mon peuple [d’Israël] ! Entrez dans la terre sainte qu’Allah vous a prescrite. Et ne revenez point sur vos pas… »

Derrière ce qui peut sembler être une boutade, derrière l’ironie des propos de cet article, on touche ici à un problème très sérieux. Car si le Coran parle aussi clairement des juifs et de leur droit historique (et d’ordre divin) sur la terre d’Israël, une infime minorité de musulmans s’y réfèrent pour accepter l’existence de l’Etat d’Israël. Alors comment comprendre ce paradoxe ?

Par un tour de passe-passe sémantique, les commentateurs musulmans auraient supposé que les juifs et les Israéliens d’aujourd’hui n’auraient aucun rapport avec les « enfants d’Israël » mentionnés dans le Coran. Les juifs d’aujourd’hui auraient usurpé leur identité et ne seraient pas vraiment juifs.

L’enjeu est donc capital. Si les juifs n’existent pas, alors ils ne sont pas descendants des vrais juifs mentionnés dans le Coran, et par conséquent ils existent encore moins en tant que juifs. Si les juifs n’existent pas, alors ils peuvent être considérés comme des croisés, des impérialistes occidentaux, et n’ont aucun droit sur la terre d’Israël.

Mais si le monde ouvrait les yeux et reconnaissait que les juifs existent bel et bien, tout serait tellement plus simple et apaisé. Si le monde et le monde musulman en particulier, acceptait l’existence du peuple d’Israël, peut-être aurions-nous une chance d’avancer vers une reconnaissance mutuelle et vers cette paix tellement désirée.

Voici le fruit de mes réflexions sur la question juive en 5776. Puisque nous approchons de Rosh HaShana, le nouvel an juif, permettez-moi de souhaiter ici une très bonne année 5777 à vous tous, amis lecteurs, que vous existiez ou non, que vous fassiez partie des 0,2% de l’humanité ou des 100%, shana tova !