Richard Strick, un jeune pasteur évangélique résidant à Huntington, dans l’Indiana aux Etats Unis, s’est rendu à Bethléem pour, dit-il, « entendre nos frères et sœurs palestiniens à propos du Christ, mais aussi évoquer des questions de paix et de justice. »

Il s’agissait également du second voyage de Strick dans la région. L’été dernier, il a participé à un pèlerinage dédié « pour un tiers au pèlerinage, un tiers à l’histoire et à l’archéologie, et un tiers aux questions de paix et de justice. » (Article du 22 Mars 2014 Times Of Israël)

Evoquant le conflit Israélo-palestinien, pour lui « Les deux camps ont souffert. La souffrance de l’Holocauste et la souffrance de la Nakba », déclare-t-il, en utilisant sciemment le terme arabe signifiant                     « catastrophe » pour désigner l’exode de la population arabe locale suite à la création de l’Etat d’Israël.

Selon Richard Strick, « Ces deux douleurs doivent être nommées ».

Que des chrétiens notamment des jeunes évangéliques américains, décident d’apporter une aide aux chrétiens palestiniens en particulier et aux arabes palestiniens en général, cela ne peut qu’être louable.

Ils se joignent ainsi à toutes les bonnes volontés qui depuis des années aide ces peuples à sortir de leur pauvreté.

Les palestiniens n’ont jamais manqué de soutien matériel et financier de la part de la communauté internationale, mais également de l’Etat d’Israël qui malgré la haine affichée à son égard par ceux-ci leur fournit de l’eau, de l’électricité, du carburant, du travail etc.

Si des chrétiens évangéliques décident de venir en appui aux actions déjà menées cela ne peut qu’aider un peuple dont les dirigeants ne se soucient guère de son devenir si ce n’est de les conduire vers la mort.

D’ailleurs, ce soutien des Chrétiens évangéliques devrait s’étendre à toutes les régions du Moyen Orient, dans les pays arabes où les chrétiens souffrent du fait de leur foi.

En Syrie ils doivent choisir entre l’islam et la mort. Nous avons également  le cas des persécutions en Iran qui est bien connu du monde Chrétien.

Mais si leur démarche a pour but de s’impliquer dans le processus de paix, les considérations théologiques n’y suffiront pas.

Il leur faudra faire une lecture globale, objective et juste de la question israélo-palestinienne et prendre en compte tous les aspects notamment historiques de ce conflit.

Il ne s’agit pas de jouer les équilibristes ou de tenir seulement des propos aimables vis à vis des deux camps. Mais d’avoir un discours juste et cohérent en direction des deux peuples.

Le Rév. Martin Luther King disait : « le principal ennemi est l’homme modéré qui croit certes en la justice, mais place l’ordre au-dessus de la justice » et, « il est simplement impossible d’obtenir la paix dans le monde sans respect mutuel ».

Or que dit la justice (la loi internationale).

La résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies, votée le 29 novembre 1947, recommandait le partage de la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe avec une zone «  sous régime international particulier  ».

Mais cette proposition de la communauté internationale a été  refusée par les Arabes. Et, six mois après son vote, le 15 mai 1948, au lendemain  de la création de l’Etat juif, débute la première guerre israélo-arabe.

Les arabes palestiniens vont alors se réfugier dans les pays arabes voisins, attendant de revenir après la défaite et la disparition des juifs. Mais c’est Israël qui a eu le dessus et cela dure depuis près de 70 ans.

Qui donc est responsable du déplacement des arabes palestiniens et de leurs souffrances qui durent depuis bientôt 70 ans ? Le conflit ? Mais qui donc a provoqué ce conflit qui se poursuit sous d’autres formes encore aujourd’hui ?

C’est n’est certainement pas Israël qui est toujours en train de répliquer aux attaques de ses voisins qui hébergent des mouvements qualifiés de terroristes par la communauté internationale.

Pour ce qui concerne la paupérisation des arabes palestiniens, l’on pourrait aussi s’interroger sur les causes. Pourquoi les arabes palestiniens s’appauvrissent-ils alors que les israéliens rendent même le désert prospère.

La réponse est toute simple. Pendant que les uns travaillent pour leur bien-être, les autres passent le clair de leur temps à leur lancer des pierres et à tirer des roquettes sur eux depuis leurs territoires. Cela est connu du monde entier.

Cette situation est non sans rappeler la parabole des talents décrite par Jésus dans le nouveau testament.

Que dit cette parabole ?

« Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit : Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres. Son maître lui dit : C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m’as remis deux talents; voici, j’en ai gagné deux autres. Son maître lui dit : C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné ; j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi. Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné ; il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Evangile selon Matthieu 25 : 14-30 (Version Louis Segon).

Comme vous le voyez, Jésus se montre intraitable à travers un jugement juste avec le serviteur méchant et paresseux, qui n’a pas fructifié le talent qui lui a été confié.

Le monde entier est témoin des actes que les arabes palestiniens commettent à l’égard de l’Etat d’Israël : des jets de pierres, au tir de roquettes tout y passe, sans oublier les demandes de boycott contre Israël à travers ses produits.

Et une délégitimation incessante de l’Etat d’Israël allant jusqu’à refuser de reconnaitre Israël en tant qu’Etat du peuple juif. Israël en est réduit à se défendre sur son propre territoire.

Par ailleurs, comparer les atrocités de la Shoah aux déplacements des populations apparaît disproportionné eu égard aux faits. C’est une méconnaissance de l’histoire du peuple juif qui a aussi souffert de la persécution du monde chrétien.

Ces persécutions, conséquences de la théologie de remplacement d’Israël par l’église devraient totalement s’éteindre pour laisser la place à dialogue vrai inter-religieux  judéo-chrétien et par de là les autres religions du monde.

Les jeunes chrétiens évangéliques devraient donc s’atteler à suivre le chemin déjà emprunté par leurs ainés afin de contribuer à résoudre ce conflits qui n’a que trop duré et encourager un respect mutuel entre les deux peuples.

Ils doivent prendre le temps de l’information, de l’instruction et de la réflexion afin d’être suffisamment équipés pour aborder les questions difficiles de leur temps.

Pour ce qui concerne les arabes palestiniens, s’ils ne se mettent au travail en développant leurs territoires,  les 70 ans à venir ne verront aucun changement dans leur situation de pauvreté.

Toutes les aides qui leur sont octroyées servent à acheter des armes pour attaquer Israël, et non à créer une économie pour développer leurs territoires.

Leur but étant de faire disparaitre Israël afin d’occuper leur territoire  prospère et y faire revenir leurs compatriotes en exil dans les pays arabes.

C’est l’une des conditions pour la paix : le droit au retour, qui est exigé par l’Autorité Palestinienne dans les négociations menées sous l’égide de l’administration américaine.

La tâche reste donc immense pour toutes les bonnes volontés qui aident ou qui souhaitent aider ce peuple.

Les jeunes évangéliques américains et leurs frères du monde entier doivent suivre et élargir le chemin qu’ont tracé leurs ainés.