A l’occasion d’une visite à la grande synagogue de Paris, le président de la république française Emmanuel Macron a écouté les inquiétudes formulées conjointement par le représentant confessionnel et le représentant laïc de la communauté juive de France.

Le grand rabbin de France Haïm Korsia et le président du conseil représentatif des institutions juives de France Francis Kalifat ont exprimé au chef de l’Etat les anomalies de Droit et les carences de sécurité publique qui entravent, fragilisent et mettent en péril le cours de la vie normale de Français juifs, de leurs institutions cultuelles, culturelles et d’enseignement.

Les crimes, délits et infractions antisémites sont devenus pour les Français juifs une réalité insupportable au regard du droit des personnes à vivre en paix, des Droits humains et de la prohibition de l’antisémitisme.

Les mesures de protection civile qui entourent la plupart des lieux communautaires juifs indiquent le danger à pratiquer son judaïsme aujourd’hui en France. L’exil sécuritaire de nombreux français juifs est l’une des conséquences les plus anormales de la situation.

L’inexécution de décisions judiciaires, l’inapplication de dispositions juridiques, la banalisation de l’antisémitisme constituent un faisceau alarmant qui ne saurait laisser intact le bon fonctionnement des pouvoirs publics.

Les inquiétudes exprimées sont justes et fondées. Elles confèrent désormais aux représentants du judaïsme français un rôle de sécurité qui n’est pas le leur et qui n’existe qu’à cause de l’insécurité qui ne devrait pas se développer.

Elles révèlent l’incapacité de l’autorité publique à assumer l’intégralité de ses fonctions en matière de protection des libertés publiques et des droits fondamentaux de la personne humaine.

Telle est, en dépit de sa vivacité, de sa joie de vivre et de son civisme, la triste réalité que continue de connaître en 2018 le judaïsme français.