« La proximité de Mme Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France ».

Ces grossièretés d’un autre âge ont été tenues sans rire par Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et candidat à la primaire de la droite et du centre. Ils ont été publiés par le quotidien français Nice-Matin dans son édition du 20 octobre 2016.

Le candidat méconnaît le système financier américain et revigore des arguments antisémites.

Si le système financier et son corollaire politique américains sont effectivement reliés à des groupes de pressions légaux (en anglais «lobby»), ils ne disposent d’aucun instrument permettant de soumettre quelque candidat que ce soit à l’élection présidentielle américaine.

La liaison nauséeuse qu’il effectue entre les «super financiers de Wall street» et les soit disant «lobbies sionistes» est totalement fantaisiste au regard de la carte des relations entre les différents «lobbies» américains et Wall street. Les liens les plus étroits entre wall street et les lobbies sont ceux entretenus avec les «lobbies» du monde arabe. Poisson aurait dû vérifier ses informations.

Quant au «lobby» soit disant sioniste américain, il est en réalité dénommé «lobby pro-israélien». En dehors du système politique israélien et des communautés juives de la diaspora, la dénomination «sioniste» revêt chez les ennemis d’Israël un aspect négatif. Ce «lobby» pro-israélien représente essentiellement les «chrétiens américains pour Israël» et plus modérément les communautés juives américaines. Dans le palmarès des «lobbies» américains, il est loin derrière les «lobbies» du monde arabes et celui des armateurs helléno-américains.

En imaginant la fiction antisémite du candidat Poisson, si un «lobby» devait «soumettre» un candidat à l’élection présidentielle américaine, ce ne serait certainement pas le pro-israélien qui serait loin d’être en mesure de le faire. L’actualité des difficultés diplomatiques et stratégiques que vit le peuple et l’Etat d’Israël de la part des «lobbies» arabes l’attestent quotidiennement.

Rappelons à Poisson que son argument reliant la fantasmagorique et invérifiée puissance nocive d’Israël sur l’argent est archi ancien et largement diffusé par les antisémites de part le monde. En France notamment, c’est cet argument qui a incité des imbéciles antisémites à séquestrer, martyriser, assassiner des personnes au seul motif fallacieux que, puisque nées juives, elles étaient fortunées.

Les propos délétères de Poisson s’ajoutent à ceux tenus récemment par l’ancien ministre Macron sur les écoles juives et dans un climat urbain et quotidien qui poussent de nombreux Français juifs à quitter leur pays. Le regret de leurs départs n’a d’égal que le regret de la présence de tels candidats.

Pierre Saba
21 octobre 2016