Une grave affaire d’espionnage, vieille de 30 ans et ayant défrayé la chronique internationale, rebondit dans les médias israéliens, à la suite d’une interview accordée par l’acteur principal de cette histoire, à savoir Mordehaï Vanunu, l’espion atomique.

Bref rappel: technicien dans la centrale nucléaire de Dimona, Vanunu a divulgué il y a 30 ans, une soixantaine de photos à l’appui, des secrets ultra confidentiels. Il avait agi de son propre gré, et sur initiative personnelle, il a pris contact avec le journal « Sunday Times » leur déballant, lors de séjours à l’etranger, du matériel interdit.

Il etait recherché car reconnu responsable, bien qu’une part de responsabilité incombe aussi aux chargés de la sécurité, car ses penchants politiques et idéologiques n’étaient un secret pour personne.

Réfugié en Angleterre, Vanunu avait été récupéré par le Mossad dans une opération sophistiquée : tenté par une certaine « Cindy », en réalité agent du Mossad, il a accepté de voyager à Rome pour un weekend amoureux, où il fut drogué et ramené en Israël.

Condamné, il a purgé 18 ans d’emprisonnement, dont 11 en isolement total. Sorti de prison il y a une dizaine d’années, à condition de ne pas essayer de quitter le pays et surtout de ne parler à quinconque de ce qu’il avait connu lors de son travail à Dimona.

A sa sortie de prison, il s’est converti au christianisme, a épousé une Norvégienne et s’est installé à Jérusalem-Est parmi les habitants arabes.

Or, ayant accordé cette interview télévisée, laquelle d’ailleurs fut atorisée par la censure militaire, Vanunu a violé l’une des restrictions imposées lors de sa sortie de prison.

Dans cette interview, il ne manifeste aucun scrupule, ne regrette rien et semble même fier de son acte de trahison. Il relate en détail les circonstances de sa capture, y compris le rôle important de la prénomée “Cindy“.

Aussitôt l’interview diffusée il a été arrêté et assigné à résidence en attendant la suite judiciaire. Ce qui relance une polémique autour de la question est-il, selon ses affirmations, victime de vengeance de la part des autorités.

Pour moi la réponse est négative, car j’apprends que même pendant son emprisonnement il avait fait passer à l’extérieur, par l’intérmédiaire de prisonniers Palestiniens, des notes minuscules contenant des détails supplémentaires sur Dimona, y compris des noms de gens y travaillant.

Ces notes étaient destinées à des milieux palestiniens et islamistes.

Revenant à cette mystérieuse “Cindy“ qui avait jadis piégé l’espion. Je crois savoir qu’il s’agit d’une certaine Sherley Hanin-Bentov, israélienne d’origine américaine, ayant épousé un Israélien, et engagée au Mossad. Après avoir vécu à Kokhav-Yair le couple a émigré aux Etats Unis et travaille dans l’immobilier.

Par pure coïncidence, on vient d’apprendre les exploits d’une autre ancienne membre du Mossad, ayant pris part à de nombreuses opérations pendant 16 ans. Agée aujourd’hui de 79 ans elle est pourtant contrainte de garder l’anonymat et seules les photos de sa jeunesse sont autorisées.

Identifiée sous son ancien nom de code -“ Yaël“- elle avait joué un rôle primordial en procurant des renseignements de dernière minute au commando israélien débarqué sur la côte de Beyrouth le 9 avril 1973 pour éliminer trois chefs terroristes palestiniens, responsables de plusieurs attentats et assassinats.

“Yaël“ s’était installée auparavant dans un appartement loué juste en face des habitations des terroristes, et suivait régulièrement leurs allées-venues.

Peu de temps avant l’heure H elle a confirmé : ils sont tous chez eux. Le commando, dirigé par Ehud Barak déguisé en femme, est arrivé aussitôt, prenant en surprise et tuant les trois terroristes.

Remerciée pour sa contribution au cours de son long service au Mossad, “Yaël“ avait été décorée et présentée au Premier ministre de l’époque, Golda méïr, laquelle a embrassé chaleureusement la jeune et timide femme, en s’exclamant : “Et tous ces exploits sont au crédit de cette menue fille ?“

Des sirènes modernes genre James Bond.