Parmi les schémas binaires constitutifs de l’identité juive israélienne, le couple homogénéité – hétérogénéité de la culture nationale est un impératif. C’est à une critique de ces modèles que nous invitons ici les dirigeants politiques israéliens à refléchir, partant du postulat que l’homogénéité d’une culture et son pendant, l’hétérogénéité, sont avant tout le fruit d’un positionnement politique qui ne peut faire fi des processus de brassage inhérents à tout rapport social.

Dès lors, la démocratie laisse place à des expressions nouvelles, où pluralité rime avec autrui, une pluralité agissante puisque incarnée dans la mobilisation d’identités « minoritaires ».

Des citoyens Druzes ont toujours inscrit leur « existence » identitaire dans les doléances du débat politique israélien.
Ces cultures minoritaires qui y font jour sont tout autant le fruit de l’anéantissement d’un régime autoritaire au profit du moment pluriel de la nation, qui succède au nationalisme. Bien que souvent, le nationalisme soit instrumentalisé voire euphémisé.

Ces cultures minoritaires participent de discours apolitisant qui disent en filigrane « on est homogène au nom d’une histoire hétérogène » ralliant ainsi la rhétorique étatique intégrationniste.

Israël fait largement office de « terre d’immigration » offrant autant d’« altérités » qui fissure le huis-clos de l’entre-soi, d’où la présence de certaines figures « cosmopolites » comme ces peuples hébraïsants que sont les Druzes. La ramification d’une idéologie monolithique dont le discours serait un Israël monolithique donc lisse, participerait de l’appareillage d’exclusion.