Lors d’une conférence sur l’économie israélienne David Klein, ancien gouverneur de la banque d’Israël décrivit un processus continu d’assainissement de l’économie d’Israël depuis la crise de 1985.

En effet l’économie israélienne n’a pratiquement pas souffert de la crise financière internationale avec laquelle l’Europe continue de se mesurer.

Les indicateurs de sante économique et financière d’Israël (années 2014-2016) reflètent une situation enviable pour de nombreux pays de l’OCDE :

(Sources : Institut officiel de statistique d’Israël et presse économique)

  • Déficit budgétaire : 2.3%
  • Dette publique : 65% du PIB (en France 100%) dette publique zone euro 90,1 %, en France 97,5 %
  • Croissance : entre 3% et 2.6% depuis plus de 10 ans
  • Inflation : moins de 1%
  • Chômage : 4.3% (en France 9,7% )
  • Les réserves de la banque d’Israël dépassent les 100 milliards de dollars.

Ces données semblent très encourageantes, mais à cette même conférence intervenait un autre économiste, Mr. Zeev Rotem, PDG de Rotem Strategy, et déclara :

« Toutes ces données sont exactes, mais elles ne représentent qu’un aspect de la réalité, de l’autre apparaît le prix social très chèrement payé qui accompagnent ces résultats :

  • Le taux de pauvreté : 22% des israéliens vivent sous le seuil de pauvreté dont 31% d’enfants (dans les années 90 que 14% des israéliens vivaient sous le seuil de pauvreté).
  • Les dépenses sociales (éducation, sante, allocations) représentent 16% du PIB israélien contre 22% dans les pays de l’OCDE.
  • Le taux d’inégalité est un des plus élevé de l’OCDE : 10% des ménages possèdent 51% du patrimoine global (parmi eux 1% des ménages possèdent 22.5% du patrimoine).
  • En 2014 les revenus du décile supérieur est de 36 000 shekels (9 000 Euros) contre 4 500 shekels (1150 Euros) pour le décile inferieur – soit 8 fois moins. Le salaire médian est de 6707 shekels en 2016, soit 50 % des travailleurs gagnent moins que cette somme.
  • Le prix de l’immobilier n’a fait qu’augmenter depuis 2005 pour atteindre un niveau très élevé : en moyenne il faut 135 salaires pour acheter un appartement en Israël contre 76 en France….
  • En 2005 le cout de la vie en Israël était de 18 % inférieur à celui de l’OECD (selon une moyenne des prix de 3 000 produits), en 2013 il est de 10 % plus élevé. Durant la même période les Produit National Brut par habitant a augmenté de 20 % mais les salaires sont restés plus ou moins au même niveau (augmentation de 2,3 %). Pas étonnant que ça grogne dans les classes moyennes.
  • Le taux de productivité en Israël est inférieur de 14 % à la moyenne de l’OECD. Cela est dû au faible niveau technologique et professionnel des travailleurs et des moyens de production s. L’explication courante est que l’effort opéré par le gouvernement depuis 2003 afin d’élargir la force de travail par une restriction de la couverture sociale a donné des résultats importants : la population active est passée de 55% en 2003 à 64% en 2014, soit plus de 600,000 nouveaux travailleurs (religieux orthodoxes, femmes arabes et autres chômeurs de longue durée) et le chômage est tombé de 10.7% à 4.3%. Ces nouveaux arrivés sur le marché du travail ont un niveau professionnel médiocre et une rentabilité très basse. Leurs salaires sont aussi de bas niveau.

La situation économique d’Israël doit donc être considérée sous deux aspects, l’un financier, qui donne un tableau encourageant (jusqu’aujourd’hui) l’autre social, qui lui en donne une tout autre image. Les pauvres et les classes moyennes paya­nt le prix d’une politique économique libérale menée par les gouvernements de droite.

En effet, depuis la montée de la droite au pouvoir (Begin 1977) tout a été fait pour détruire les infrastructures sociales égalitaires dominées jusque-là­­ par les organismes de la gauche travailliste et établir un libéralisme économique à outrance.

Les conséquences directes de cette politique ont été d’une part la concentration des richesses au sommet et la mainmise de « tycoons » (ou magnats) sur de nombreux secteurs de l’économie, et d’autre part une augmentation du cout de la vie, une diminution de la couverture sociale (éducation, sante et allocation), et une stagnation des revenus.