Le conseil de sécurité de l’ONU a entériné l’accord conclu entre l’Iran et les 5+1 nations. L’Union Européenne exprime sa satisfaction et va travailler maintenant à instaurer la paix entre Israël et les Palestiniens à sa façon évidemment.

Les hommes politiques se bousculent déjà à Téhéran, le premier étant le vice-chancelier allemand qui a tout de même osé demander à l’Ayatollah de se montrer un peu moins méchants envers Israël. Il ne pouvait pas faire moins.

Dans peu de jours ce sera Laurent Fabius. Et les hommes d’affaires n’attendent qu’un signal pour s’y précipiter également afin de bénéficier le plus vite et le mieux possible des 100 milliards de dollars qui vont être injectés dans l’économie de l’Iran.

De quoi se plaindrait Israël ? Il n’a rien à craindre affirme Obama. Même si le guide suprême, l’Ayatollah Khameini a cru bon de saluer sa victoire par une manifestation monstre à Téhéran au cours de laquelle il a affirmé avec force à une foule en délire qu’il ne changerait pas un iota à sa politique, c’est-à-dire l’hostilité active envers l’occident et évidemment la destruction d’Israël

Vous allez voir, nous dit-on. Avec la prospérité revenue et les contacts qui ne manqueront pas de s’établir avec l’occident, les iraniens et les iraniennes renverront les barbus enrubannés à leurs chères études.

Peut-être. Mais rien n’est moins sûr.

De plus, le président américain, bon prince envoie son secrétaire d’état à la défense à Jérusalem pour rassurer les israéliens et leur proposer en compensation une aide militaire accrue.

Mais si cet accord est si bon et qu’il ne met pas en danger la sécurité et la survie d’Israël, quel besoin y-a-t-il de lui fournir des moyens supplémentaires pour sa défense ? Barak Obama douterait-il lui-même de ses bienfaits ?

« L’accord constitue un défi majeur pour la sécurité nationale d’Israël, écrit Amos Yadlin dans Le monde du 17 juillet (…) L’argent (qu‘il va recevoir), sera un appoint précieux aux visées hégémoniques de l’Iran, au renforcement de son armée et aux opérations de déstabilisation menées dans la région. »

Le Congrès n’arrivera sans doute pas à bloquer cet accord malgré les efforts désespérés de Netanyahu et il faudra bien faire avec.

Shabtai Shavit, ancien patron du Mossad veut cependant en voir l’aspect positif, puisqu’il « offre à Jérusalem dit-il, une possibilité de se joindre au nouvel ordre du Moyen-Orient. L’Iran est considéré comme l’adversaire de pays comme l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Emirats, c’est-à-dire l’Islam sunnite le plus modéré. Et nous sommes dans le même camp.”

Le plus inquiétant de cette histoire c’est peut-être l’attitude d’une partie des juifs américains, surtout démocrates qui approuvent totalement la politique de leur président et prennent leurs distances avec l’AIPAC le lobby pro-israélien et le gouvernement Netanyahu.

Deux impératifs s’imposent à Israël. D’abord essayer de ne pas envenimer davantage ses relations avec les Américains ce qui serait une faute énorme et d’autre part, tout en se rapprochant des Etats-Unis, aller chercher en Chine ou en Inde d’autres alliances, car tout porte à croire que la période de liaison fusionnelle avec les USA est terminée.