On ne peut envisager de solution au conflit du Moyen Orient en utilisant des concepts étrangers à la région comme par exemple ceux de nation, de pérennité, de frontières, imposés par les ex-puissances colonisatrices occidentales.

Sur ces bases les accords internationaux ne bénéficieraient d’aucune pérennité car ils seraient liés à l’intérêt du moment et à la précarité des régimes politiques et à la versatilité des générations successives.

Dans ce contexte les critères pratiques de sécurité priment sur les valeurs transcendantales qui requerraient un profond enracinement chez les signataires, des concepts de démocratie, de droits de l’Homme ou de sécularité. La condition sine qua non pour assurer une durabilité des accords est que les valeurs fondatrices aient la même acception pour tous et cela impliquerait notamment une refondation de l’islam.

La France voudrait sur la base de ses valeurs particulières, jouer un rôle dans la résolution du conflit israélo-arabe alors que celles-ci ne lui permettent même pas d’assurer la sécurité d’une petite communauté juive sur son propre sol.

La tendance aggravante en France dans ce domaine est la récente pratique du « non-dit » à cet égard pour de multiples raisons.

Tout se passe comme si les problèmes que l’on refusait de voir n’existaient pas. Cette situation a été récemment illustrée par deux assassinats antisémites qualifiés d’acte de délinquance ou de faits divers probablement dans le seul but de ne pas aggraver les différends intercommunautaires. Ainsi une cohésion intercommunautaire artificielle est devenue prioritaire aux dépens des victimes.

Le « non-dit » de la part des autorités comme des médias en matière antisémite pourrait constituer une sorte de retour à une dhimmitude inattendue en terre d’Occident.

L’exactitude des mots est pourtant essentielle pour déterminer les responsabilités et comme nous l’avions vu dans le passé beaucoup avaient tenté d’y échapper en prétendant avoir confondu extermination avec déplacement de population.

Les deux assassinats de membres de la communauté juive en France par de jeunes musulmans et qui ont fait l’objet d’un nombre très restreint de publications médiatiques et auxquels nous faisions allusion sont les suivants :

24 janvier 2016 : Assassinat d’Alain Ghozland (73 ans), doyen du conseil municipal de Créteil sous les coups de deux jeunes musulmans.

4 avril 2017 : Assassinat de Sarah Halimi (65 ans), rouée de coups puis défenestrée du 3e étage à Paris (Belleville) par un jeune voisin musulman criant Allah Akbar.

L’autocensure médiatique partielle ou totale pourrait procéder d’un antisémitisme dont les sources se diversifient avec le temps :

-Tradition chrétienne

-Intérêt économique combinant l’importation de pétrole et gaz et l’exportation de biens et services

-Préjugés relatifs au pouvoir et à l’argent issus de stéréotypes propagés à la fois dans le monde capitaliste et ouvrier puis dans la communauté musulmane.

-Considérations électorales : la communauté juive ne représente approximativement en valeur que 8 % des voix que rassemble la communauté musulmane.

-Israël : la communauté juive est assimilée à Israël créé sur des terres arabes selon les uns et sur un mode colonial selon les autres dans le but de nourrir une haine anti-juive viscérale.

-Déculpabilisation de communautés qui propagent l’antisémitisme dans le but de maintenir artificiellement une cohésion intercommunautaire en France.