… Mais ce qui est certain, c’est qu’Israël a intérêt à ne pas se laisser manger, même en dernier, par le crocodile onusien !

Une campagne internationale des plus dangereuses est en cours. Son but : convaincre la communauté internationale d’imposer à Israël, par la force si besoin, la création, au milieu du seul pays qui fut jadis sa patrie historique, d’un État palestinien, sans négociation préalable avec l’État de droit reconnu par les nations depuis plus de six décennies : Israël.

Même les plus pessimistes d’entre nous n’avaient pas prévu qu’un tel acte de piraterie politique fût possible. La communauté internationale a-t-elle contraint l’Ukraine à accepter la création, à ses côtés, d’une entité russe, comme le souhaite M. Poutine ? Non. Alors pourquoi tenter d’imposer cette mesure contre-nature et, sauf erreur, contraire au droit international, au seul État vraiment démocratique de la région ?

D’où la question que tout Juif attaché à l’intégrité et à la pérennité de l’État juif est en droit de se poser: quel but poursuit cette campagne.

La réponse nous est fournie par l’un des hommes politiques israéliens les plus redoutables, parce acquis depuis longtemps à la doxa pro-palestinienne, dont il est persuadé, apparemment de bonne foi, qu’elle est bénéfique pour Israël : j’ai nommé Monsieur Élie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, écrivain et intellectuel adulé, couvert de distinctions et de prix et invité partout dans le monde pour prêcher son évangile pacifiste.

Interviewé récemment par le journal L’humanité, on lui pose la question suivante : « Quels effets concrets aurait cette reconnaissance internationale d’un État palestinien ? »

Et voici sa réponse :

« C’est une étape. Évidemment, un État palestinien viable ne sortira pas de telle ou telle déclaration. Cela se jouera sur le terrain. Une fois que l’État palestinien sera proclamé, il faudra négocier sa mise au monde, ses frontières, sa configuration, son caractère. Mais l’existence même d’un tel État bouleverserait la nature des négociations qui impliqueraient non plus une autorité improbable [entendez : l’Autorité Palestinienne], mais un État reconnu par la communauté internationale. Ipso facto, cela rendrait l’occupation illégale. Elle l’est déjà, mais cela deviendrait évident aux yeux de tous. Israël serait reconnu comme occupant le territoire d’un État souverain

Et le prospère professeur d’histoire israélien de poursuivre :

Cela aura des effets, même modestes. Ce n’est pas la panacée mais, dans la situation bloquée, terrible, qui est la nôtre, ce serait un premier pas. Les Palestiniens envisagent d’aller à l’ONU, de rejoindre les différentes instances internationales. Moyennant une résolution plus modérée, dont on ignore pour l’instant la teneur, les Américains pourraient, pour la première fois, ne pas imposer leur veto. Ce qui est certain, c’est que la situation actuelle n’est pas viable. Des acteurs internationaux, toujours plus nombreux, l’admettent et sont prêts à passer des mots aux actes. Le débat au Parlement français s’inscrit dans ce mouvement.

J’ai mis en exergue typographique les ingrédients de la potion meurtrière qu’il sera enjoint au peuple israélien d’avaler, de gré ou de force. Et pourquoi ? Parce que, disent les « instances internationales », « tel est notre bon plaisir », le « bon plaisir » en question étant, en langage politique, la raison d’État qui, en l’occurrence, mériterait plutôt le nom de « raisons DES ÉTATS ».

C’est que presque tous les États du monde sont confrontés aux conséquences néfastes, voire catastrophiques, de la poursuite de la résistance à la volonté des nations arabes, qui, ce n’est un mystère pour personne, pèsent d’un poids géostratégique et politique immense, et qu’on ne peut désormais plus contrarier impunément.

Mais ce qui, à mes yeux tout au moins, constitue l’aspect le plus inquiétant de ce processus, c’est qu’il a fini par s’imposer non seulement au monde, mais même à une partie non négligeable de l’intelligentzia juive, en général, et israélienne, en particulier.

Dorénavant, à l’ennemi extérieur vient s’ajouter l’ennemi de l’intérieur juif, d’autant plus redoutable que ses membres sont vêtus de l’habit respectable des « défenseurs des droits de l’homme » (palestinien surtout). Ils sont d’autant plus en cour qu’ils se sont mués en détracteurs habiles de l’État juif et de sa population, sous le couvert d’un langage de bon sens et conciliant qui leur évite de passer pour des traitres, tout en plaisant à celles et ceux qui, pour des raisons plus ou moins obscures, ont des comptes à régler avec l’État juif.

Et ce n’est pas jouer les Cassandre que de prédire que ce cancer idéologique va développer de nombreuses métastases.

En voici déjà une, découverte récemment, parmi tant d’autres.

Une certaine Michèle Sibony, « juive de cour » politique française, ci-devant vice-présidente de l’inconnue « Union Juive Française pour la Paix » (excusez du peu), était interviewée, hier 19 novembre, en soirée, sur la chaîne TV populaire LCI.

Et figurez-vous que cette dame, toute honte bue, n’a pas hésité à reprendre à son compte une rumeur attribuant aux Israéliens la pendaison d’un chauffeur d’autobus palestinien, en affirmant, comme le fait la propagande pro-palestinienne, que l’horreur commise dans la synagogue de Har Nof était une réaction (somme toute compréhensible, selon elle) à « ce crime anti-palestinien » [1].

Mais la rhétorique venimeuse de la dame juive ne s’arrête pas là. Reprenant au vol la remarque émise par le présentateur – «La vie devient invivable [pour les Israéliens]» –, elle embraye sur ce discours révélateur :

«La vie devient invivable, mais ce sont des gens [les Israéliens] qui sont victimes d’un gouvernement qui est aujourd’hui clairement d’extrême droite, qui est en train de pratiquer la politique du pire, et que personne ne veut arrêter, y compris à l’étranger. JE CROIS QUE LA MOINDRE DES CHOSES SERAIT QU’ON PASSE DE [l’expression] « TERRITOIRE OCCUPÉ » À [celle d’] « ÉTAT OCCUPÉ »…»

Comme dit l’adage à propos de l’enfant qui ressemble à ses parents, ou du disciple qui répète l’enseignement de son maître, « la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre ».

Le temps imparti à cette militante juive pro-palestinienne pour son intervention étant écoulé, le présentateur a tenté de l’interrompre, mais tel un fleuve en crue, elle est parvenue à ajouter, de vive force, en arborant un large sourire :

« …Et [je crois] QUE CETTE SITUATION-LÀ [celle de l’occupation d’un État (Palestine) par un autre État (Israël)] AIDERAIT… »

A ce stade le micro lui fut coupé, car le présentateur, compréhensif mais pas idiot tout de même, a sans doute réalisé que l’interviewée avait instrumentalisé, pour la mettre au service d’un agenda politique délirant, la tribune inespérée qu’on lui avait fournie…

On se prend à rêver d’une immense panne de longue durée des télécommunications, à l’échelle mondiale, qui couperait le sifflet à tous les sycophantes du peuple d’Israël, le temps que l’humanité reprenne ses esprits…

On peut toujours rêver…


[1]
Depuis, il semble s’avérer que l’homme s’est bien pendu et non que « des colons israéliens l’ont pendu », comme l’affirme l’accusatrice de son peuple. Voir : «Le médecin légiste palestinien « confirme que le chauffeur de bus arabe s’est pendu »».