S’il y a un phénomène qui ne cesse d’intriguer, c’est l’apparition en France de soi-disants militants de la cause « anti-juive noire ». De simples postulants à la nostalgie de leur propre passé ostracisé dont les noirs ont toujours été l’objet non-sujet, et/où de nos jours encore.

Ce qui devient par la même occasion, la fiction d’une juste cause qu’ils croyaient inamovible. Ce phénomène est à la fois nouveau en France, et nouveau aussi au regard de l’histoire juive de manière générale. C’est en effet la première fois que l’on voit quelques notables ou des militants associatifs se donner pour spécialité, non pas d’interpeller, mais de désigner à la vindicte populaire ceux qui seraient peu, ou pas assez enclin à enfourcher leur décompte mélanique.

Ils sont absorbés par l’énigme de la permanence du « Juif Noir », encore en ce 21e siècle ! En fait, ce sont des auto-proclamés gendarmes de la cause juive mono-colore. Cette posture de gendarme est absolument hors cadre. Elle ne s’inscrit dans aucune des traditions juives qui ont nourri la conscience mosaïque et ne peut se réclamer ni des penseurs juifs ni ceux de la négritude, voire même de leurs antécédents.

Ces étranges sentinelles se donnent une commode lanterne d’un judaïsme mono-colore. Mais où a-t-on vu une avancée quelconque d’une cause juive défendue par eux, et obtenue à la lumière d’un équipage aussi fruste ? Il n’y a qu’en France, et c’est en France que l’on nous offre semblable spectacle.

La chose serait risible si elle n’empoisonnait pas l’air inutilement, tout en empêchant toute avancée vers les vraies questions d’intérêt communautaire.

La simplicité de la formule donnant l’illusion de son efficacité, ceux qui s’en sont appropriés ne se doutent même pas de la limite de leur horizon politique, intellectuelle et culturelle, malgré leur apparent humanisme. À quoi sert un tel moyen d’éclairage qui nous rend aveugle dès que nous sortons de votre périmètre de prédilection ?