À travers le monde, dans les pays dont la population musulmane est majoritaire, on constate une forte volonté de créer un mouvement islamiste. Le but est toujours le même : prendre le contrôle politique d’un pays afin de le soumettre à la charia.

Ces mouvances islamiques sont en fait des groupes djihadistes, prêts à commettre des actes terroristes. Ceux-ci se manifestent dans un premier temps dans le pays local dont le groupe est issu, puis s’étendent au gouvernement et aux pays occidentaux.

Malgré l’inexistence de coordination entre eux, ces groupes terroristes partagent la même vision et les mêmes objectifs : créer un État islamique, intégré dans un empire musulman, centré au Moyen-Orient. Cela est démontré par leur serment d’allégeance à Al Quaïda ou Daesh.

Mais Al Quaïda et Daesh semblent plutôt être les perdants dans la poursuite de leurs guerres, et ce, en raison d’attaques lancées trop tôt contre l’Occident. La question se pose alors : qui pourra devenir le Khalifat musulman au Moyen-Orient ?

Il y existe déjà deux empires musulmans : l’Iran et la Turquie. Dans ces deux pays, les islamistes ont obtenu le pouvoir en utilisant aussi bien la politique que les actions terroristes si nécessaire.

En Iran, les actions terroristes étaient commises par divers groupes, comme les Fédayins de l’Islam. D’autres groupes avaient organisé des grèves et des immenses manifestations. Khomeiny a réussi à unir tous les partis islamistes d’opposition sous un seul toit.

En Turquie, aussi, les actions terroristes étaient commises par divers groupes, comme le Hezbollah de Turquie. Mais il faut rappeler qu’Erdogan a gagné le pouvoir par élection démocratique. Dans les deux cas, le nouveau régime a créé une nouvelle constitution islamiste par référendum.

Notez que ce mode de fonctionnement, combinant le terrorisme avec une action politique légale, a également été employé par le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Alors on peut affirmer que la stratégie de groupes tels que Boko Harem et El Shabab est bien fondée.

Notons aussi que les Frères musulmans en Égypte sont un autre exemple, mais cette fois l’armée égyptienne est intervenue avec force (une telle action militaire en Turquie n’a pas fonctionné, à cause du préavis européen.)

Nous appelons l’Iran et la Turquie « empires » parce qu’ils communiquent des idées d’expansion. L’Iran ambitionne de s’étendre vers l’ouest, en utilisant les shiites d’Irak et de Syrie, ainsi que le Hezbollah du Liban ; leur but plus lointain reste la destruction d’Israël et la conquête de territoires sunnites, notamment l’Arabie Saoudite et les pays autour d’elle.

La Turquie signale ses plans d’expansion vers le sud, par les sunnites du nord d’Irak et Syrie. Erdogan évoque aussi régulièrement son soutien aux palestiniens, insinuant peut-être la Jordanie et même Israël. Mais les sunnites arabes n’aiment pas l’idée d’être régis ni par les turcs ni par les shiites d’Iran.

Étonnamment, les pays Arabes ne cherchent pas à remplir cette position de dominateur régional. Après la Première Guerre mondiale, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et les Emirats Arabes furent créés de toute pièce (l’Égypte était encore une région autonome), d’une manière similaire à la répartition des pays d’Europe après la seconde Guerre mondiale.  

Quelles actions doit-on mener alors face à la menace de l’Iran et l’ombre sinistre de la Turquie ? Une coalition de ces pays, avec l’Egypte, semble la réponse. Israël et les États-Unis la soutiendraient. Et c’est justement cela qui pourrait devenir l’Empire musulman, organisé dans une structure souple et distribuée, d’après le modèle de La Francophonie.

La nouvelle coalition deviendrait le centre mondial de l’islam non djihadiste qui ne cherche pas à conquérir le monde chrétien. Une telle organisation pourra lutter efficacement, sur le plan militaire et politique, pour éliminer les cellules terroristes locales.

Cependant, ce plan ne conviendrait pas aux palestiniens : ils s’y opposeraient puisque leur but ultime, hélas, est de détruire l’État d’Israël. Alors, qu’est-ce qu’on va faire avec la question palestinienne ? On l’ignore.