L’histoire est un éternel recommencement. C’est pourquoi il faut toujours en retenir les leçons afin de relever au mieux les défis qui nous attendent.

Les derniers évènements tragiques de Souccot nous rappellent douloureusement que la passivité n’est pas dans nos moyens et que s’il y a bien un terme, ou une attitude, à bannir c’est bien celui de « Statu Quo ».

Pour me faire comprendre, prenons juste un parallèle alimentaire.

Une des tentatives les plus pertinentes de compréhension des règles de cacherout concernant la consommation des poissons, nous enseigne que si les écailles sont le symbole de la protection de ce que nous sommes, les nageoires, quant à elles, sont le symbole du mouvement.

Ainsi à l’instar des espèces marines qui nous sont permises, il convient de ne jamais perdre notre identité propre tout en allant toujours de l’avant.

En un mot le « statu quo » ne peut être une règle de conduite pour nous. Ce « statut quo » c’est la peur du lendemain, de l’incertain. Surtout ne pas bouger ! Montrer patte blanche car le monde entier nous observe et il ne nous apprécie pas !

L’Histoire regorge de guerres et de massacres, dont les responsables ont été, aussi et malheureusement, les dirigeants des victimes.

Pour ne pas avoir eu le courage de relever la tête et de refuser les dictats d’Hitler, l’Europe de 1936 a permis à l’Allemagne nazie de gagner les trois années nécessaires à son extraordinaire effort d’armement. Et une guerre déclenchée en 1936 aurait surement évité des dizaines de millions de victimes dont plus de 6 millions d’entre nous.

Les erreurs historiques d’Israel ont toujours reposé sur l’acceptation convenue d’un certain statu quo, comme, en 1973 pour ne pas paraître comme l’agresseur, et par deux fois au Liban ou encore à Gaza à trois reprises. Reculer une échéance inexorable n’en réduit pas le coût, il l’exagère.

Alors pourquoi notre gouvernement répète-t-il à l’envie qu’il cherche par-dessus tout à préserver le statut quo à Jérusalem ?

La situation de juin 1967 n’est pas celle d’octobre 2015.

Nos ennemis ont évolué, ils ont compris quels bénéfices ils pouvaient tirer d’une victimisation permanente et de la peur israélienne d’une guerre « sainte ».

Quelle pourrait être la conséquence néfaste pour Israël d’un changement de position ? Une révolte palestinienne ? Nous l’aurons de toute façon. Un front arabe réunifié ? Tous les régimes dictatoriaux arabes sont bien trop occupés aux guerres entre sunnites et chiites et l’arme pétrolière a fait long feu.

Ceci posé, il ne s’agit pas non plus de faire exploser l’esplanade des Mosquées. Non, tout simplement, reprendre l’initiative en commençant par affirmer ce qui va de soi : le mont du Temple est un site sacré du judaïsme et seule l’autorité de l’Etat d’Israël peut s’y exercer, d’autant plus qu’historiquement Israël est le seul État qui en garantit le libre accès à tous. Et la sainteté d’un lieu de prières ne peut en aucun cas priver l’autorité de l’Etat d’Israël de s’y exercer.

Dans une autre dimension de ce conflit, pourquoi demander à nos adversaires de nous reconnaître comme un État juif ? Pour éviter qu’ils ne nous imposent le retour de tous les pseudos réfugiés ? Avons-nous peur, à ce point, de céder et d’accepter ces millions de miséreux dont les pays arabes sont seuls responsables ? Cela n’a aucun sens et aucun État, aucune organisation internationale ne pourra jamais nous y forcer.

A y regarder de plus près, et comme l’affirme souvent le Rav Y. Kapetas, nous ne pouvons demander qu’à notre Créateur de nous considérer comme Juif, et cela par le seul mérite de nos actions. Et le réclamer des autres peuples ou États n’a aucune influence sur ce que nous sommes véritablement.

Le temps presse pour changer de politique, pour savoir qui nous sommes vraiment et ce que nous voulons laisser en héritage à nos enfants.

Avant qu’un illuminé islamiste ne s’explose en haut ou en bas du mont du Temple, et ne le décide pour nous. Et pour celui-ci le terme de « statut quo » ne veut rien dire.