L’économie israélienne en pilotage automatique
Sans majorité parlementaire nette, Israël va s’enfoncer dans une période de perturbations politiques qui impactera directement son économie, repoussant à plus tard des décisions pourtant urgentes pour l’avenir du pays.
Aux lendemains des élections législatives, l’économie israélienne est entrée dans une période d’attente longue et délicate, qui va inévitablement se traduire par une paralysie économique.
Sans compter l’incertitude provoquée par l’annonce du président Trump de cesser de verser l’aide américaine à Israël, prenant de court les responsables militaires israéliens.
L’attente jusqu’à la formation d’un gouvernement laissera donc l’économie paralysée, notamment sans budget pour 2027 et sans la possibilité de mener les réformes nécessaires à la relance de l’activité.
Paralysie économique
Le blocage politique va plonger l’économie israélienne dans une période de paralysie économique, sans vision stratégique à moyen terme.
Le pilotage automatique de l’économie se ressentira dans plusieurs domaines où l’action d’un gouvernement stable est pourtant décisive :
- absence de budget 2027 : le cadre budgétaire de 2026 sera prorogé l’année suivante, ce qui obligera à remettre à plus tard des décisions importantes comme le budget militaire, la fiscalité et les dépenses civiles ;
- relance des nouvelles technologies : l’Etat ne pourra pas intervenir pour relancer le secteur de la haute technologie, et notamment les branches de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la robotique qui seront à la base des innovations technologiques de demain ;
- poursuite des investissements publics : le financement massif de l’Etat devient indispensable dans les infrastructures, le système éducatif, les transports, l’énergie, etc.
La paralysie de l’Etat aggravera les risques économiques à un moment où le pays a besoin d’une stratégie à long terme pour associer les risques de guerre avec les besoins d’une population qui vient de subir trois années de conflits.
Risques économiques
Certes, l’économie israélienne s’est bien tenue jusqu’à présent : le chômage est faible (3,0%), l’inflation est maitrisée (1,6%) et le déficit budgétaire contenu (3,2% du PIB).
En revanche, il serait dommage de gâcher du temps qui est aujourd’hui indispensable pour atténuer certains risques majeurs qui pèsent sur l’économie israélienne, comme :
- la hausse de la dette extérieure qui atteint 70% du PIB,
- le retrait des investisseurs étrangers qui risquent de perdre patience,
- la perte de débouchés extérieurs,
- la poursuite de l’expatriation d’Israéliens vers des horizons plus sûrs.
Sans compter les risques géopolitiques avec de nombreux conflits qui sont encore ouverts : Gaza, Iran, Yémen, Liban, etc.
Si certaines décisions peuvent attendre, chaque minute compte dans la course améliorer la compétitivité des entreprises israéliennes et pour accélérer les mutations technologiques.
Reste à savoir combien de temps l’économie israélienne peut se permettre de rester paralysée…
