Il y a mille ans, la minorité juive qui créa le yiddish combina divers éléments linguistiques de l’Antiquité orientale – hébreu et araméen – et une grande variété de dialectes urbains de l’Allemagne médiévale et, de ce creuset, sortit un amalgame de cultures européenne et proche-orientale.

Tout se passe comme si, depuis le moment même de sa naissance, le yiddish avait symbolisé la force des liens d’interdépendance des cultures, de leur osmose, en dehors des carcans du purisme et de l’élitisme.

Mais cette fusion qui a donné naissance au yiddish ne constitue pas un brassage occasionnel d’éléments linguistiques germanique et hébraïque.

Il s’agit d’une alchimie très particulière qui remonte à une genèse linguistique millénaire et s’enracine souvent dans la culture hébraïque antique.

Le mot yiddish zun désignant le soleil est issu du germanique, mais levóne la lune est empruntée à l’hébreu.

Certains pourraient dire que le terme sémitique est resté en raison de l’importance de la lune pour les Juifs ; après tout, leur calendrier est de type lunaire.

D’autres pourraient y voir le fruit du hasard, dans la compétition entre différentes formes.

Quoi qu’il en soit, la lune hébraïque et le soleil germanique cohabitent en yiddish depuis mille ans.