Il s’avère que Nicolas Maduro au pouvoir est pire qu’Hugo Chavez. Le pays est en faillite aujourd’hui. La politique clientéliste d’aide systématique à un électorat d’assistés n’a pas permis un changement de gouvernance lors de l’élection présidentielle vénézuélienne du 14 avril 2013.

Le jeune libéral de 42 ans Henrique Capriles avait frôlé la victoire avec 49,12% des voix. Il aurait pu apporter du sang neuf en secouant un pays gangrené par l’idéologie marxiste. Maduro avait axé sa campagne en l’accusant d’être un « agent sioniste » en référence à ses origines juives en tant que petit-fils d’un survivant de la Shoah.

Le Venezuela, qui regorge de pétrole, est paradoxalement victime de son trop-plein de richesse, mal distribuée, dans un pays qui a préféré jouer la carte de l’antisionisme doublé d’antisémitisme.

Au lieu de favoriser la naissance d’un modèle de démocratie et de privilégier le développement social, Maduro a détruit les bases sociales du pays parce que les reculs sociaux servaient à museler l’opposition et à affaiblir les partis.

Maduro avait maintenu son opposition à Israël jusqu’à dénier son existence dans une volonté de s’attirer les faveurs des potentats de la Ligue Arabe qui lui ont offert en récompense un strapontin d’observateur, sans que l’on sache quel certificat d’arabité pourrait justifier son adhésion parmi les Arabes.

Il avait même choisi l’alliance avec l’Iran. Les dirigeants communistes ont favorisé en 2009 l’émergence d’une vague d’antisémitisme qui s’était traduite par un boycott des magasins juifs et surtout par la profanation de la synagogue de Caracas dont l’Arche Sainte et les livres de prières ont été détériorés et dont les murs ont été souillés de slogans antisémites.

Le gouvernement du Venezuela avait voulu s’afficher plus royaliste que le roi à l’égard des Palestiniens. Il avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël, en janvier 2009, pour protester contre l’offensive israélienne à Gaza alors que d’autres pays arabes avaient maintenu leurs ambassadeurs.

Le résultat avait été immédiat puisque la moitié des 20 000 Juifs qui y vivaient avait choisi l’exil.

La situation économique est catastrophique. Les réserves en or du pays diminuent considérablement depuis plusieurs mois. Le Venezuela est aujourd’hui à court de liquidités et en état de cessation de paiement. Son seul salut, à court terme, réside dans la vente d’une partie de ses réserves d’or avec le risque d’hypothéquer l’avenir du pays.

Le pays, par idéologie ou par inconscience, n’a rien fait pour juguler la grave crise économique à laquelle il est confronté depuis plusieurs années. En effet le pays subit la baisse des prix du pétrole qui représente 96 % de ses rentrées en devises. L’inflation record à 720 % n’arrange pas les choses.

Les Occidentaux observent la situation de manière passive, dans une sorte de punition à un pays qui a voulu les narguer sur pression de conseillers qui n’ont pas été les payeurs. Jean-Luc Mélenchon, très sensible à la révolution bolivarienne, avait poussé le Venezuela à maintenir cette voie qui menait à l’impasse, avec le seul but de ne pas dépendre du capitalisme américain.

La population est à bout et manifeste souvent avec violence. La réaction du pouvoir, qui s’est militarisé pour tenter d’endiguer la contestation, a été terrible faisant 58 morts depuis avril. Le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, refuse de voir son pays « se transformer en une autre Syrie ».

En particulier des renforts militaires ont été déployés dans l’Etat de Tachira (Ouest) pour réprimer l’opposition. Le gouvernement a perdu son soutien populaire tandis que la population fait preuve de courage en protestant avec véhémence, entraînant le pays dans une situation proche de la guerre civile.

L’armée a investi les allées du pouvoir puisqu’un tiers des ministres sont des officiers et que les entreprises d’État sont coiffées par des militaires. Le désordre fait les beaux jours des trafiquants d’armes prêts à tout pour s’enrichir, en combine avec des anciens cadres de l’Armée rouge.

L’importance de l’arsenal militaire fait pourtant débat aujourd’hui et inquiète le gouvernement israélien.

En effet, le Venezuela a besoin de liquidités et le pays est prêt à brader ses missiles sol-air portatifs Manpads (Man-portable air défense systems) ou Igla-S. Ces missiles sol-air, tirés à l’épaule, sont des armes guidées qui constituent une menace pour les avions et en particulier pour les hélicoptères.

Son armée disposerait de 5 000 missiles de type SA-24 Grinch acquis auprès de la Russie en 2000. C’est d’ailleurs le pays d’Amérique du Sud qui en détient le plus.

Le gouvernement et ses militaires pourraient s’en défaire pour combler les déficits sans se soucier des destinataires, en particulier les groupes terroristes et les organisations criminelles. Le danger guette non seulement les armées mondiales mais aussi et surtout l’aviation commerciale qui n’est plus à l’abri d’actions terroristes.

Le Venezuela a un marché noir massif d’armes illégales, avec des pistolets et des grenades, des mitrailleuses et des fusils disponibles dans les rues et dans ses prisons notoirement violentes. Des rapports officiels pointent les officiers militaires et les policiers qui volent les armes pour trafiquer.

Cette menace peut toucher l’Afrique, le Proche-Orient et l’Europe. Le Venezuela dispose déjà d’une expérience dans le transfert illégal de cocaïne à travers des routes maritimes et aériennes dont il a le secret. Ce même chemin peut servir aux armes. Les gangs de drogue locaux achètent déjà des armes militaires du Venezuela qui fait aussi commerce avec les groupes djihadistes de l’Afrique de l’Ouest.

Le Mexique sert aussi de relais pour les destinations américaine et canadienne. Les politiciens conservateurs américains ont longtemps accusé le Venezuela de collaborer avec un large éventail de militants mondiaux, dont le groupe chiite libanais Hezbollah.

Israël a mobilisé ses relais secrets pour tracer le chemin des Manpads qui pourraient être revendus par des hauts cadres de l’armée vénézuélienne pour leur propre compte, sans se préoccuper des mauvaises mains dans lesquelles elles pourraient tomber.

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a déclaré le 11 mai 2017 que les missiles du Venezuela représentaient une menace de sécurité régionale « incroyablement réelle et sérieuse ». Relativement simple à utiliser, ces missiles à épaule seraient une acquisition de prix pour les terroristes et les criminels à travers le monde.

Les missiles lancés à l’épaule sont une menace croissante pour l’aviation militaire et commerciale. Mais Israël dispose déjà de contre-mesures pour ces armes redoutables, surtout contre les avions civils.

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