Le terme « Palestine », utilisé par les auteurs anciens, désignait-il la « Terre d’Israël », et demeure-t-il son appellation légitime ?

La plupart des gens supposent que le nom de Palestine provient de la « Terre des Philistins » (Peleshetin de la Bible hébraïque, Ps 60, 10, Isaïe 14, 29.31), via le Palaistinê grec et le Palaestina latin. Mais il existe des preuves, tant philologiques que géographiques, qui remettent en question cette attribution traditionnelle. Les termes Palaistinê, en grec, et Palaestina, en latin, apparaissent fréquemment dans la littérature ancienne, mais, dans la plupart des cas, ils semblent se référer non à la Terre des Philistins, mais à la Terre d’Israël [1]

Comme nombre de Juifs – sionistes ou non – et/ou de sympathisants du peuple d’Israël, j’ai longtemps fait mienne l’affirmation critiquée ci-dessus. En effet, j’avais intériorisé l’idée – largement répandue et partagée, même par des universitaires respectables – qu’après la coûteuse répression de la dernière révolte juive par les Romains (en 135 de notre ère), le pouvoir impérial avait volontairement remplacé les toponymes juifs traditionnels du pays des Juifs (Judée-Samarie, Terre d’Israël, etc.) par l’appellation générale de « Palestine« , comprise comme pays des Philistins, et donc méprisante et illégitime.

J’étais d’autant plus enclin à accréditer cette version des choses, que, comme on ne le sait que trop, les Palestiniens, animés de motivations nationalistes, et soucieux de prouver leur lien antique avec le pays dont ils revendiquent l’antériorité, affirment en toute occasion et devant maintes instances politiques – nationales et internationales – que le fait qu’ils portent précisément le nom des antiques habitants du pays, confère à la souveraineté qu’ils revendiquent une légitimité historique supérieure à celle des Juifs [2].

Jusqu’il y a peu, mon principal argument en faveur de l’illégitimité de cette substitution toponymique, était l’existence incontestable de monuments, d’artefacts et de monnaies attestant qu’à l’origine, le pays s’appelait Judée et terre d’Israël, et non Palestine [3].

Toutefois, malgré mon ton incisif et la relative minutie de mes enquêtes (plus informatives que scientifiques, je le confesse), un doute subsistait dans mon esprit. Certes une monnaie impériale célébrant la défaite juive titrait bien « Iudaea capta » et non « Palaestina capta ». Mais précisément, me disais-je, pourquoi le pouvoir romain se serait-il infligé le ridicule d’une telle contradiction, à savoir, immortaliser le nom juif de Judée, censé avoir été relégué aux oubliettes de l’histoire par la substitution officielle de « Palaestina » à « Iudaea » ?

Préoccupé par cette aporie apparente, j’ai décidé de procéder à une enquête plus rigoureuse et surtout, dénuée de toute idée préconçue. On en lira les résultats essentiels ci-après.

Palestine dans la littérature géographique, politique et administrative

C’est un article, dû à un spécialiste en archéologie biblique [4], et dont j’ai mis en exergue un infime extrait en exergue de la présente enquête, qui a porté le premier coup de boutoir à ma conviction antérieure. Je le cite à nouveau plus largement :

Déjà dans les Histoires d’Hérodote rédigées dans la seconde moitié du 5ème s. avant notre ère (Histoire 7.89), le terme Palaistinê n’est pas réservé à la description de la zone géographique où vivaient les Philistins, mais il désigne toute la zone située entre la Phénicie et l’Égypte – en d’autres termes, la Terre d’Israël.

 

Hérodote, qui avait parcouru la région, devait avoir une connaissance directe du pays et de ses habitants. Pourtant, il utilise Palaistinê non pour parler du pays des Philistins, mais pour la Terre d’Israël. Sa connaissance de l’étendue géographique de la Palestine se manifeste dans le fait qu’il parle de la population de Palaistinê comme étant circoncise [5].

 

[…] Comme Hérodote, Aristote donne fortement l’impression que quand il utilise le terme Palestine, il parle de la Terre d’Israël. Quand il décrit la Mer Morte, il dit qu’elle se trouve en Palestine [6]. Pourtant le Pays des Philistins est séparé de la Mer Morte par les collines et le Désert de Judée. De même, Aristote ne faisait certainement pas allusion à la proximité de l’un par rapport à l’autre ! Ici également, il semble qu’il désignait la Terre d’Israël comme étant la Palestine.

 

Au IIe siècle avant notre ère, un écrivain grec – peut-être l’historiographe Polémon d’Ilion – établit un lien similaire entre le peuple d’Israël et la Palestine. Se référant à l’Exode des enfants d’Israël, l’auteur affirme qu’une partie de l’armée égyptienne « a été expulsée d’Égypte et s’est établie dans le pays appelée la Syrie palestinienne » [7].

 

Les écrivains romains continuèrent à utiliser le nom de Palaestina pour toute la Terre d’Israël, comme Hérodote et Aristote l’avaient fait. Le poète Ovide (43-18) évoque « la fête du septième jour que le Syrien de Palestine observe », expression qui semble bien faire allusion à l’observance juive du Sabbat [8].

 

Un autre poète latin, Statius (40-96), et l’écrivain Dion Chrysostome (30-116)) utilisent « Palestine » et « Palestinien » dans le même sens. Chrysostome, comme Aristote avant lui, parle de la Mer Morte comme étant à l’intérieur de la Palestine [9].

 

De même, le philosophe juif Philon d’Alexandrie (20 av. notre ère à 42 de notre ère), qui vivait au début du premier siècle de notre ère, utilise à l’occasion le nom de Palestine en parlant du Pays d’Israël de son époque [10]. Par exemple, il signale qu’une part considérable de la Syrie de Palestine est habitée par la nation populeuse des Juifs.

 

Le cas de Flavius Josèphe, historien juif du premier siècle (37-100), est particulièrement intéressant. Dans ses Antiquités Juives, il parle systématiquement des Philistins comme de Palaistinoi.

 

C’est la première assimilation claire du nom de Palestine à celui des Philistins. Josèphe croyait sans doute que le nom de Palestine était une translittération de l’ancien nom sémitique des Philistins, pourtant, il utilise occasionnellement Palaistinoi dans un sens plus large. Il mentionne, par exemple, que Trachonitide et Damas sont « situés entre la Palestine et la Coelé-Syrie [Syrie Intérieure] » [11]. À la fin de ses Antiquités Juives, il signale que son récit détaille « les événements qui ont touchés les Juifs en Égypte, en Syrie et en Palestine ».

 

Ces remarques indiquent que Josèphe était conscient que la Palestine avait une signification géographique beaucoup plus large que celle du pays des Philistins. Tout à la fin de ses Antiquités Juives, il souligne que son récit détaille « les événements qui nous sont advenus, à nous, Juifs en Égypte, en Syrie, et en Palestine » [12]. Ces remarques indiquent que Josèphe avait conscience que Palestine avait une signification géographique plus large que terre, ou pays, des Philistins.

Un second document m’a convaincu de réviser ma position. Il s’agit de l’extrait du livre d’un spécialiste, consacré à un tout autre sujet – le Temple -, mais dont les brefs passages traduits par mes soins, ci-dessous, me paraissent susceptibles de clarifier et même de dissiper l’aporie évoquée plus haut [13].

Palestine, Judée ou Israël? Les disparités régionales et les fluctuations historiques s’expriment notamment par la multiplicité des noms attribués à ce territoire polymorphe.

Qu’il soit décrit de l’extérieur par des observateurs comme Hérodote, [5ème s. av. notre ère] des géographes comme Strabon [64 av. notre ère – à 25 de notre ère], des naturalistes comme Pline l’Ancien (23-79), ou qu’il y soit fait référence de l’intérieur par une administration étrangère – celles des Lagides, des Séleucides, ou des Romains – ou par les Juifs eux-mêmes, l’usage courant ainsi que la terminologie officielle sont aussi variés que déconcertants […].

 

Littéralement, Palaistinè est le nom grec qui désigne le pays des Philistins. Dans un commentaire sur la liste des peuples en Genèse 10, où il énumère les différentes régions du monde, occupées par les descendants de Noé, Flavius Josèphe dit de Phylistinus, l’un des descendants de Ham, qu’il est le seul à s’être installé dans un pays qui a conservé le nom de son fondateur : « Car les Grecs, écrit-il, appellent cette partie de territoire Palestine » (Antiquités Judaïques 1, 136) [14].

 

De même, le géographe Pomponius Mela (15- ?), dans son De Chorographia (1.11,63) et Pline l’Ancien, dans son Histoire naturelle (5,69), désignent ainsi la bande côtière qui s’étend de la Phénicie à l’Égypte.

 

Mais, vu sous un autre angle, également chez Hérodote, le terme s’applique à tout l’arrière-pays et inclut, dans ce cas, la totalité de la Syrie méridionale: « Les Phéniciens et les Syriens de Palestine reconnaissent qu’ils ont appris cette coutume (la circoncision) des Égyptiens » (Histoire 2. 104, 3) [15]. Aristote (384-322 av. notre ère) s’étonne des récits qui parlent d’un lac de Palestine, dans lequel les corps d’êtres humains ou d’animaux qui y sont immergés flottent à la surface, un lac si salé que les poissons ne peuvent y vivre (Meteorologica 2.359a).

 

Cette région où « habite une partie considérable de la nation populeuse des Juifs », et tout spécialement les Esséniens, est appelée « Syrie-Palestine » par Philon d’Alexandrie (Quod Omnis Probus Liber Sit, Lib. 75).

 

Mais c’est seulement après 135 que le nom officiel de la province romaine de Judée a été remplacé par « Syrie-Palestine » ou « Palestine » tout court. Cette terminologie, qu’on ne trouve ni dans la Septante, ni dans la littérature apocalyptique juive, ni dans le Nouveau Testament, ne se rencontre que très rarement dans les écrits rabbiniques.

Un autre texte de Flavius Josèphe est encore plus explicite :

Les Grecs eux-mêmes mentionnent les Juifs. Pythagore de Sanies, Hérodote, Chœrilos, Cléarque, Hécatée d’Abdère, Agatharchide. […] Et, en vérité, Hérodote d’Halicarnasse non plus n’a pas ignoré notre nation, mais il l’a mentionnée manifestement d’une certaine manière. Parlant des Colques au second livre, il s’exprime ainsi : « Seuls d’entre tous, dit-il, les Colques, les Égyptiens et les Éthiopiens pratiquent la circoncision depuis l’origine.

 

Les Phéniciens et les Syriens de Palestine reconnaissent eux-mêmes avoir appris cette pratique des Égyptiens. Les Syriens des bords du Thermodon et du Parthénios, de même que les Macrons, leurs voisins, assurent qu’ils l’ont apprise récemment des Colques. Voilà les seuls peuples circoncis, et eux-mêmes imitent évidemment les Égyptiens. Mais des Égyptiens eux-mêmes et des Éthiopiens, je ne puis dire lesquels ont appris des autres la circoncision. »

Ainsi il dit que les Syriens de Palestine étaient circoncis ; or, parmi les habitants de la Palestine, les Juifs seuls se livrent à cette pratique. Comme il le savait, c’est donc d’eux qu’il a parlé [16].

Il s’agit là d’un témoignage précieux. En effet, conjointement à d’autres documents, l’ouvrage apologétique auquel il est emprunté, et qui a pour but d’exalter la nation juive et d’établir sa haute antiquité et sa gloire, évoque sans complexe la Palestine, comme étant, à l’évidence, le pays des Juifs.

Le fait que, selon les spécialistes, ce pamphlet date de 93 de notre ère, soit quelque quarante années avant la dernière révolte juive, rend douteux que l’appellation de Palestine ait été ‘infligée’ au pays pour couper définitivement tout lien entre les Juifs et leur pays.

Palestine dans la littérature chrétienne antique

Jérôme (347-420) et Augustin (354-430), deux auteurs chrétiens latins majeurs (qui maîtrisaient parfaitement le grec), ne semblent connaître que l’appellation Palestine, et, en tout état de cause, n’utilisent qu’elle pour tout ce qui a trait à l’histoire et à la géographie du peuple juif de leur temps.

Une mention de la Palestine apparaît dans un écrit d’Augustin, où l’illustre Africain évoque les difficultés doctrinales que suscite le futur hérésiarque Pélage :
Maintenant, que Pélage s’examine lui-même et porte sur ses écrits un jugement impartial, et il comprendra qu’il est atteint directement par cette sentence.

Il a surpris la bonne foi des évêques de Palestine, de là cette apparente justification dont il se flatte ; à Rome, où vous savez qu’il est très connu, il n’a pu tromper personne, malgré les moyens de toute sorte qu’il a employés pour y parvenir.

Il y a, sans nul doute, dans l’œuvre immense d’Augustin, d’autres mentions de la Palestine en rapport avec les Juifs, telle celle qui figure dans ce passage de La Cité de Dieu :

Puis l’alliance avec Abraham désigne au sens propre le pays de Chanaan et nomme les onze peuples qui l’habitent depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve de l’Euphrate ; non depuis le grand fleuve d’Égypte qui est le Nil, mais depuis le petit, qui sépare l’Égypte de la Palestine… [17]

Saint Jérôme, correspondant d’Augustin, n’est pas en reste. Dans une de ses Lettres (92), il cite la Lettre Synodale de Théophile, adressée, en 400, aux évêques de Palestine et de Chypre, et dont voici un bref extrait :

Cette lettre uniforme a été adressée aux évêques de Palestine et de Chypre ; nous avons rapporté les en-têtes de l’une et de l’autre.
Aux [évêques] de Palestine (Ad Palaestinos) : À Nosseigneurs très aimés, frères et coévêques Euloge, Jean […] et à tous les évêques catholiques qui sont rassemblés à l’occasion de la Dédicace de Jérusalem… [18]

On notera également que les archives officielles font état d’une Caesarea Maritima, également appelée Caesarea Palestinae, et qu’il existait un diocèse nommé Caesarea in Palaestina. Etc.

Par ailleurs, le Synode d’Antioche (341) est introduit en ces termes :

Le Saint et pacifique synode, réuni par Dieu à Antioche des provinces de Coelo-Syrie, Phénicie, Palestine (Palaistinês), Arabie, Mésopotamie, Cilicie, Isaurie, à nos saints comministres de la province, qui pensent comme nous, salut dans le Seigneur ! [19]

Cyrille d’Alexandrie (375-444), écrit, vers 436 ou 438, à Gennade, prêtre et archimandrite de Constantinople, de ne pas tenir rigueur à l’évêque Proclus de ce qu’il a reçu à sa communion l’évêque d’Aelia [ancienne Jérusalem],

que la tradition canonique de l’Église ne reconnaît pas comme chef (hêgoumenon) de la Palestine et que cependant une ambition vaine, qui aura une triste fin, pousse vers un désir effréné de la chose [20].

Conclusion
L’examen attentif des textes réunis et examinés ici m’a semblé donner pleinement raison à l’auteur de l’affirmation mise en exergue de la présente enquête [21] :

Les termes Palaistinê, en grec, et Palaestina, en latin apparaissent fréquemment dans la littérature ancienne, mais, dans la plupart des cas, ils semblent se référer non pas à la Terre des Philistins, mais à la Terre d’Israël !

Du coup tombait e soupçon qui m’avait effleuré, et que j’ai presque honte d’avouer ici tant il s’apparente aux théories du complot, si florissantes de nos jours. Qu’il soit clair que je ne le formule que pour mieux l’exorciser.

La Chrétienté et, en son sein, les théologiens et les spécialistes des Écritures, n’avaient-ils pas, dès les premiers siècles, volontairement privilégié, pour désigner la patrie des Juifs, le toponyme gréco-romain de Palestine, aux dépens des appellations géographiques traditionnelles de Terre d’Israël et de Judée ?

Durant de longs siècles, en effet, la destruction de la Ville Sainte et de son Temple, et l’exil de masse subséquent des Juifs, étaient apparus aux Chrétiens comme constituant la première étape de la sanction divine, dont la conséquence avait été de déposséder définitivement de sa terre ancestrale ce peuple « à la nuque raide », qui avait non seulement refusé de croire en la messianité du Christ, mais l’avait fait mettre à mort, de manière ignominieuse et blasphématoire.

Selon cette conception, qui a perduré jusqu’à l’époque moderne, le « peuple déicide », déchu de son élection et voué, tel Caïn, à une errance sans fin, était désormais privé de tout national légitime avec la terre, qui ne lui avait été donnée qu’‘à titre temporaire’ par Dieu, et lui avait été reprise en punition de son forfait.

Volontairement ou involontairement blessante pour le sentiment national des autochtones juifs, la nouvelle toponymie administrative romaine, aux allures de rétorsion et d’humiliation, avait semblé apposer le sceau de la réprobation universelle sur la débâcle politique et nationale dans laquelle les dirigeants religieux avaient précipité leur peuple.

On objectera peut-être que tout cela n’a plus cours de nos jours, et que la Chrétienté et sa hiérarchie ecclésiastique ont, depuis plusieurs décennies, tourné le dos à l’enseignement du mépris [22] et à la théologie de la substitution qui en était issue.

Mais alors, comment expliquer le silence de ses responsables et des élites chrétiennes face au traitement inqualifiable dont est l’objet, depuis sa renaissance contemporaine, un Israël sans cesse en butte aux mensonges les plus éhontés, aux dénis historiques les plus insensés, et aux prétentions territoriales les plus exorbitantes, sans parler des guerres que lui imposent périodiquement ses voisins arabes, et les actes de terrorisme incessants perpétrés contre ses populations civiles ?

Et comment les nations, qui affirment régulièrement ne vouloir aucun mal à l’État Juif, peuvent-elles justifier leur entérinement, tacite ou explicite, des pires mesures prises au détriment d’Israël par les organisations internationales [23], et de l’hostilité irrédentiste de ses ennemis ?

Et pourtant, elles sont témoins du déversement quasi permanent de calomnies et d’accusations éhontées, incitant à boycotter Israël de toutes les manières, à l’isoler diplomatiquement, bref, à le rendre odieux à un maximum de gens, au point de le réduire à la condition d’État-paria qui, tôt ou tard, fera l’unanimité contre lui, au point que des nations forgeront une ligue blasphématoire pour le supprimer de la terre, sans prêter attention aux mises en garde de Dieu avertissant qu’il prendra alors la défense de Son peuple, comme l’annoncent à l’envi les prophètes et, entre autres, Michée, en ces termes :

Mi 4, 11-13 Maintenant, des nations nombreuses se sont assemblées contre toi. Elles disent: « Qu’on la profane et que nos yeux se repaissent de Sion ! » C’est qu’elles ne connaissent pas les plans du Seigneur et qu’elles n’ont pas compris son dessein : il les a rassemblées comme les gerbes sur l’aire. Debout ! Foule le grain, fille de Sion! Car je rendrai tes cornes de fer, de bronze tes sabots, et tu broieras des peuples nombreux. Tu voueras au Seigneur leurs rapines, et leurs richesses au Seigneur de toute la terre.

Première mise mis en ligne, le 10 novembre 2016, sur ma section du site Academia.edu

NOTES

[1] Extrait d’un article du professeur David Jacobson, intitulé « When Palestine Meant Israel », paru en mai-juin 2001 dans la revue Biblical Archaeology Review, traduit à l’aide de Google Translator par le Center For Online Judaic Studies, et mis en ligne sur son site.

[2] En vertu, rappelons-le, d’une assonance qui relève plus du jeu de mots que d’une origine ethnique réelle.

[3] Voir : M.R. Macina, « Judée ou Palestine ? – La preuve par les écrits chrétiens ».

[4] Je ne saurais trop en recommander la consultation aux internautes qui lisent ces pages.

[5] Hérodote, Histoires 2.104.

[6] Menachem Stern, Greek and Latin Authors on Jews and Judaism, vol. 1, From Herodotus to Plutarch (Jerusalem- Israel Academy of Sciences and Humanities, 1974), op. cit., pp. 6–7 et note 2.

[7] Polémon d’Ilion, Histoire grecque, cité par Eusèbe de Césarée (265-339), dans la Préparation évangélique 10.10.15.

[8] Ovide, L’art d’aimer, 1.416.

[9] Statius, Silvae 2.1.161; 3.2.105; 5.1.213. Voir Stern, Greek and Latin Authors, op. cit., pp. 515–520. Pour Dion Chrysostome, cité par Synesius, voir H. Lamar Crosby, Dion Chrysostom (Cambridge, MA- Loeb Classical Library, 1951), vol. 5, pp. 378–379 ; voir aussi Stern, Greek and Latin Authors, op. cit., pp. 538–540.

[10] Philo, De Abrahamo 133, De Vita Mosis 1.163, De Virtutibus 221, et Quod omnis probus liber sit 75. Sur l’usage du terme Palestine chez Philon et Josèphe, voir Stern, Greek and Latin Authors, op. cit., p. 349.

[11] Josephus, Antiquités 1.145.

[12] Josephus, Antiquités 20.259.

[13] Extrait de How the Temple Thinks: Identity and Social Cohesion in Ancient Judaism. By Francis Schmidt, 2001 – (Google Book), p. 28-29.

[14] [Selon Flavius Josèphe (37-100), « Mersaeus [Mizraim = Égypte] eut huit fils, qui habitaient tous le territoire s’étendant de Gaza à l’Égypte ; mais Phylistinus est le seul dont le pays a préservé le nom de son fondateur, car les Grecs appellent cette région Palestine [Palaistinèn] » (Antiquités Juives I, 136).] Note de Menahem Macina.

[15] Note 22 de la p. 29 de l’article traduit : « Selon Josèphe, Ant. 8.262 ; Apion 1.168-69, ces Syriens de Palestine ne sont autres que les juifs », voir M. Stern, Greek and Latin Authors on Jews and Judaism. I. From Herodotus to Plutarch (Jerusalem: Israel Academy of Sciences and Humanities, 1976), pp. 2-4 (2) (où l’on trouve un commentaire magistral sur tous les auteurs grecs et romains cités ici).

[16] Flavius Josèphe, Contre Apion I, xxii, 168-170.

[17] Oeuvres de Saint Augustin, t. 36. La Cité de Dieu, Livre XVI. L’Alliance d’Abraham, xxiv, Desclée de Brouwer, 1960, p. 268-269.

[18] Saint Jérôme. Lettres, T. IV, Société d’Édition « Les Belles Lettres », Paris, 1954, p. 148 ss.

[19] Cité d’après Canons du Synode d’Antioche, texte en ligne.

[20] Pontificia Commissione per la Redazione del Codice di Diritto Canonico Orientale. FONTI, Fasc. IX, t. II Les canons des Pères Grecs, 287, 4, Grottaferata (Roma) 1963.

[21] Voir, ci-dessus, p. 1, note 1.

[22] L’expression est due à Jules Isaac.

[23] Quelques faits, à titre d’illustration :

 Le 10 novembre 1975, la résolution 3379 de l’Assemblée Générale des Nations Unies « décrétait que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale » (la résolution ne fut abolie qu’au bout de 21 ans) ; voir « Sionisme égale racisme : 21ème anniversaire d’une résolution scélérate de l’ONU ».

 Le 16 avril 2016, la résolution 199 de l’UNESCO, confirmant la résolution 1999 du même organisme international, requalifiait les tombeaux des patriarches et de Rachel comme faisant partie exclusive du patrimoine palestinien, et statuait sur Jérusalem de manière ambiguë.

 Le jeudi 13 octobre 2016, le Conseil exécutif de l’UNESCO adoptait une résolution sur Jérusalem-Est portée par des pays arabes, au nom de la protection du patrimoine culturel palestinien (24 pays pour, 26 abstentions dont la France, et 6 contre: Allemagne, Estonie, États-Unis, Grande-Bretagne, Lituanie et Pays-Bas). L’usage exclusif de termes arabes pour désigner les lieux saints de la Vieille Ville a conduit Israël à dénoncer une négation du lien millénaire qui unit les juifs à ces lieux : leur colère porte en particulier sur l’appellation d’« esplanade des Mosquées » pour désigner le site le plus sacré du Judaïsme, le Mont du Temple. Sur ces deux dernières résolutions, voir, entre autres : « CNEF: l’UNESCO réécrit l’histoire de Jérusalem ».