Ma première semaine d’enseignement dans un lycée religieux israélien s’achève et me laisse perplexe.

Plusieurs éléments me chagrinent : tout d’abord, le comportement des élèves ; je n’arrive pas à comprendre comment, dans un environnement religieux, on peut manquer de respect aux adultes.

Ensuite leur niveau : en kita youd bet ils ne savent pas faire de phrase complète en anglais…

Puis leur mentalité : l’important pour eux n’est pas de comprendre ni de maitriser la langue, mais d’avoir plus de 90 au bac… Comment ?? Avec l’aide des dictionnaires électroniques autorisés lors des épreuves du bagrout

Je m’interroge. Certes, l’efficacité est le maître mot en Israël , mais en admettant qu’ils arrivent bel et bien à avoir 90 au bagrout, seront-ils au niveau pour des études universitaires ?

Je me demande quelle est la hauteur de leurs ambitions, et je ne comprends pas pourquoi (même si je vois comment) on a baissé le niveau d’exigence en Israël (comme en France, entre autres).

Ah si je sais ! C’est à cause des parents !!!

Consommateurs de l’éducation, ils veulent des résultats, des bonnes notes pour leur progéniture et aussi qu’on les amuse, qu’on ne les brusque pas… Mais si on veut les éduquer, ce qui implique exigences et fermeté, alors nous devenons des monstres.

Le niveau général de l’éducation jusqu’au secondaire a baissé en Israël (comme en France,oui je sais je me répète).

On a maintenant suffisamment de recul pour constater les effets de cet enseignement Club Med et pourtant on continue !!

Il est de plus en plus difficile de donner envie à un ado d’apprendre quand il se dit qu’il a Wikipedia, et ce qui me désole, c’est que beaucoup de parents n’inculquent plus à leurs enfants les valeurs de respect, de nécessité d’être curieux et ouvert, d’effort, de devoir et d’ambition.

‘avoue trouver tout cela paradoxal et je me dis que le royaume intellectuel de ces enfants rois sera bien étroit…