L’annulation à la dernière minute du match amical de football entre Israël et l’Argentine est contraire à tout esprit sportif.
Cette décision est survenue quelques heures après une manifestation palestinienne devant le terrain d’entraînement de la sélection argentine à Barcelone.

Ils avaient brandi un maillot de l’équipe maculé de peinture rouge sang et ont apostrophé les joueurs, en les sommant de ne pas participer au match contre Israël.

Cette manifestation scandaleuse et dangereuse s’inscrit dans une campagne virale sur les réseaux sociaux.
Pour l’heure, aucune condamnation officielle de la part des gouvernements à la veille du Mondial, le mutisme est complet au sein de la FIFA et chez les organisations sportives. Les projecteurs sont plutôt braqués sur le sort des Palestiniens.

Cette annulation prouve une fois de plus l’inquiétante politisation qui se propage dans le sport. Désormais, les compétitions sportives, comme d’ailleurs l’Eurovision, et la visite d’artistes, ne représentent pas seulement loisir et divertissement, mais servent de leviers économiques et de chantages purement politiques. Elles dévoilent surtout que les menaces et la terreur prévalent sur le courage et le combat inlassable contre toute forme de boycottage.

Depuis la propagande nazie, puis le communisme soviétique et la Guerre Froide, nombreux étaient les gouvernements à avoir utilisé le sport pour glorifier leur nation, imposer leur idéologie, manipuler les foules et boycotter certains Jeux et Matchs. En Amérique latine, des guerres ont été déclenchées ou évitées de justesse.

Depuis qu’il a été codifié en Angleterre au 19ième siècle, le football demeure, à ce jour, le sport le plus populaire et le plus passionnel de la planète. Pour preuve, nous constatons sa magique fascination avant, et durant les longues journées du Mondial.

Le sport comme la musique sont capables de faire tomber des murailles de haine et de méfiance. Le ping-pong a réussi à réveiller la gigantesque Chine et à nouer des premières relations avec les Etats-Unis et le monde occidental. Les athlètes et les artistes deviennent pour leur pays des ambassadeurs et des porte-parole de premier plan.

Les politiciens utilisent le sport et ses compétitions, chacun à sa manière, mais souvent ils dérapent par maladresse ou par incompréhension des lois du jeu sportif. Par contre, les joueurs demeureront toujours des stars et des idoles. Les clubs se disputeront pour eux et payeront le prix le plus fort. Désormais, la popularité du joueur se mesurera par son faramineux salaire. Combine, chantage et corruption se mêleront avec la politique telle que nous l’avons connue, surtout avec le Qatar.

Dans l’affaire du match avec l’Argentine plusieurs maladresses ont été commises, car dès le départ, ce match amical, proposé par un homme d’affaire privé n’était qu’un « entraînement » pour Messi et ses compagnons avant le Mondial. Il s’est rapidement transformé en une bataille d’ego, désinformation, et marchandage de bazar, provoquant ainsi des querelles grossières et inutiles.

Transférer le match prévu dans le magnifique nouveau stade de Haïfa à Jérusalem pour que certains hommes politiques israéliens gagnent des points électoraux, et soient filmés et photographiés avec Messi à Jérusalem, était une décision provinciale malheureuse prise à la légère, sans parler du coût fabuleux que le contribuable israélien a payé.

Pourquoi avoir lié cet événement sportif ordinaire avec le 70ième anniversaire de l’Etat d’Israël ? Quel rapport ? Pourquoi avoir apporté à nos détracteurs et aux Palestiniens de l’eau au moulin, leur offrir le prétexte de focaliser l’attention mondiale sur le conflit israélo-palestinien ? Pis encore, provoquer des menaces de mort contre les joueurs argentins qui souhaitent ardemment obtenir la coupe mondiale.

Soulignons que les sportifs israéliens ont toujours du mal à participer fièrement dans des compétitions tenues dans des capitales arabes. Le drapeau bleu-blanc frappé de l’étoile de David n’est pas hissé derrière le podium, ni l’hymne national n’est entonné par l’orchestre local après une victoire légitime d’une équipe israélienne. C’est humiliant et révoltant et ça devrait cesser immédiatement.

Aujourd’hui, les Palestiniens crient faussement victoire mais en réalité, ils utilisent une fois encore le boycottage et la terreur pour leur propre cause politique. Rappelons que lors des jeux Olympiques de Munich en septembre 1972, ils avaient assassiné onze athlètes israéliens et le monde entier a poursuivi honteusement les jeux pour soi-disant ne pas mêler le sport avec la politique.

Certes, le boycott arabe contre l’Etat juif n’est pas nouveau mais depuis 2005, il a pris une tournure sans précédent avec la campagne BDS – Boycott, désinvestissement et sanctions.
Le BDS n’est pas seulement une opération mondiale bien huilée et structurée qui a pour but d’exercer des pressions pour qu’Israël se retire des Territoires, mais une campagne mensongère aux dimensions internationales discriminatoires, antisémites et dangereuses.

Il est légitime de critiquer la politique d’un gouvernement mais comment lutter contre l’antisémitisme quand l’incitation à la haine à l’égard d’Israël et des Juifs prend des proportions incalculables dans le cadre de la globalisation et de l’Internet ?
Cependant, en dépit d’énormes investissements et des efforts déployés, le BDS n’a pas vraiment réussi à imposer de sanctions économiques et commerciales contre Israël, car les gouvernements s’y sont farouchement opposés.

Actuellement, le principal succès du BDS se focalise surtout sur le domaine sportif, culturel, et universitaire. Ainsi, nous assistons fréquemment à des annulations de visites d’artistes, de compétitions sportives, spectacles et de participations à des réunions et forums.

Il existe fort heureusement des organisations courageuses qui ne cèdent pas au chantage. Le tour cycliste italien GIRO a récemment bien démarré à Jérusalem.
Cette campagne de dénigrement, animée avec férocité sur les réseaux sociaux, s’accompagne systématiquement de menaces envers toute personnalité ayant l’intention de venir en Israël ; visite qualifiée souvent de crime de lèse-majesté.

Nous constatons aussi que la plupart des personnes concernées par le boycottage sont complètement ignorantes des questions fondamentales qui animent le conflit avec les Arabes. Elles ne savent pas grand-chose des réalités israéliennes et sont incapables de mener un véritable débat de fond.

Dans ce triste contexte, la diplomatie israélienne devrait être secouée par des initiatives originales et mener une nouvelle stratégie, plus musclée et plus sophistiquée, tout en écartant des motifs électoraux et politico-politiciens. Nous devons penser « out of the box » pour contrer efficacement la désinformation et le boycottage et sur ce point les communautés juives à travers le monde devraient être consultées et mener avec nous ce combat inlassable en coordination complète. Concentrer aussi nos efforts sur le contact direct et permanent avec les entreprises, les sociétés, les clubs de sport, ainsi qu’avec les universités et les artistes.

Il ne faut pas non plus attendre un boycottage du prochain Eurovision pour agir dans ce sens. Nous devrions cette fois-ci être fermes sur sa tenue à Jérusalem tout en évitant intelligemment sa politisation.

Une nouvelle convention internationale devrait être aussi adoptée pour mettre fin au BDS antisémite.
Le sport, comme la musique demeurent universels. Ils devraient être totalement épargnés de tout boycottage pour pouvoir franchir, dans la joie et l’amitié, toutes les frontières possibles.

Cet article a été publié le 6 juin 2018 sur le site du http://jcpa-lecape.org/