La commémoration des 70 ans de la libération d’Auschwitz, le principal camp de la mort nazi a eu lieu le 27 janvier 2015, une date particulière qui rappelle non seulement le «devoir de la mémoire» mais également le «devoir de l’éducation».

Tuer un être humain parce qu’il est de confession juive demeure encore valable dans le lexique des
« terroristes ».

70 ans de mémoire n’ont pas suffi à mettre un terme aux massacres visant les religieux. Le « conflit des mémoires » entre la Russie et les « Occidentaux » qui fait actuellement débat dans les médias, n’est pas en soi une solution. A la mémoire, devrait s’ajouter la question de l’éducation.

Certes, le système d’éducation s’adapte aux aspects culturels généralement admis et rarement périphériques dans le contexte où il est créé. Mais, face à la montée de la menace terroriste, les pays des quatre coins du monde devrait se réunir autour d’une « normalisation de l’éducation anti-terroriste ».

L’enrôlement des jeunes pour le « jihad » et l’incitation au meurtre s’appuie notamment sur le lavage des cerveaux par le recours aux théories du complot et du conspirationnisme, conduisant à des amalgames de toute sorte.

La diabolisation d’autrui, juif ou musulman, et la valorisation de propos des religieux extrémistes pour recourir à de fausses généralisations sont autant d’outils qui servent le discours de haine. Une mise au point sur les définitions des concepts est plus que nécessaire.

« L’éducation est la seule voie de combattre ce genres de comportement. Et ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Et l’histoire, dans tout pays, doit rappeler la richesse des peuples », nous a affirmé, à ce propos, Yamina Thabet, présidente de l’Association de soutien aux minorités.

A l’instar des stratégies anti-terroristes développées, dans un large consensus, par des pays de différents contextes géopolitiques ; de sous-systèmes éducationnels destinés aux citoyens, dès leur jeune âge, devraient être mis en place, d’une manière universalisée et unanime.

Ce sous-système éducationnel ne se réduit pas ni à un territoire géographique ni à un territoire religieux ou culturel. Après Israël et la France, le troisième pays touché directement par la tragédie de l’Hyper Cacher est la Tunisie. Il devrait y avoir une révision des manuels ou une création de nouveaux programmes de sensibilisation afin d’éduquer à la coexistence des religions dès le jeune âge.

Des espaces d’ouvertures sur la richesse culturelle devraient être créés, dans ce sens, pour permettre un plus large échange. C’est l’ignorance qui mène à l’intolérance et à l’incompréhension. Le partage et l’échange aboutissent par contre à la compréhension et à une meilleure communication.

« C’est à l’âge de 16 ans que j’ai appris qu’il y avait des Tunisiens de confession juive », avait déploré l’étudiante Yousra sahraoui, dans une cérémonie de recueillement en hommage aux victimes de la barbarie et du terrorisme, organisé à Tunis, le 19 janvier.

La richesse des peuples est leur diversité. La solidarité est la seule arme que nous possédons pour lutter contre le terrorisme. C’est un principe qui peut être inculqué dans nos esprits par la voie d’éducation à l’université, dans la famille et à travers les médias.

L’éducation se fait dans les deux sens. L’histoire, dans le monde arabe, doit rappeler la diversité des populations et l’existence d’une richesse religieuse et culturelle. Mutuellement, d’autres pays, non arabes, devraient également penser à l’éducation à la religion, notamment l’Islam, et éviter, à travers les médias, de lui coller des notions qui ne lui sont en aucun cas liées.

Auschwitz est dans la mémoire, en réalité aussi.