J’ai consacré ma vie à l’étude des lois universelles qui régissent le monde. Plus précisément, j’ai passé mes jours à explorer la relation entre les lois de la nature et l’existence humaine.

Dans l’étude, j’ai trouvé la solution à la dichotomie apparente entre la nature et les relations humaines. Si je n’avais pas appris comment fonctionne le système du monde, la condition humaine d’aujourd’hui m’aurait laissé perplexe comme tout le monde. En dépit de l’ordre parfait et de la beauté du monde naturel, les êtres humains continuent à souffrir.

Ce qui m’est devenu clair dans mes années d’études, c’est que si l’humanité était capable de tirer une leçon de la nature, nous serions en mesure de combler le fossé entre nos vies imparfaites et le monde naturel où tout dépend de tout le reste.

Nous posséderions naturellement le remède à tous nos maux. Le monde verrait clairement que la connexion humaine et la dépendance mutuelle sont la clé pour résoudre tous nos problèmes. Dès qu’il nous serait vraiment possible de vivre nos vies pour le bien-être des autres, nous bénéficierions de l’amour des uns envers les autres et nous créerions un avenir durable.

Je peux affirmer que cela n’est pas aussi facile qu’il y paraît. Mon livre The Egotist (L’égoïste) examine en long et en large les obstacles qui se dressent lorsqu’on utilise la connexion comme remède à la souffrance.

En tant qu’ex-toxicomane, je me suis opposé à la connexion, même pendant ma convalescence, jusqu’à ce que je me sois intégré dans une société qui travaille d’arrache-pied à l’amélioration des relations humaines.

Néanmoins, étant donné la portée de ma déclaration, la simplicité de la solution peut vous laisser déconcerté. La connexion entre humains n’est pas exactement une idée révolutionnaire. Dans la mondialisation actuelle, beaucoup de gens sont conscients que nous vivons dans un système interdépendant et la connexion est un mot qui flotte dans l’air.

En outre, très peu de gens diraient que la connexion est mauvaise pour la société, et nous commençons à sentir que nous avons besoin les uns des autres pour restaurer notre monde.

Si c’est le cas, qu’est-ce qui nous empêche de réaliser cette connexion? Pourquoi nos problèmes nous paraissent-ils insurmontables? En dépit du désir de mener une vie heureuse et épanouie, nous nous livrons des guerres inutiles et nous nous haïssons en fonction de nos nationalités, races et religions.

La dépendance se propage comme un feu de forêt. Les familles sont détruites par le divorce à un rythme record et la dépression prospère comme un virus. Pendant ce processus de souffrance personnelle, nous faisons de notre mieux pour détruire l’écosystème, la planète même qui nous maintient en vie et nous nourrit.

De l’autre côté de la médaille, quand on regarde la nature, on voit un vaste système sans cesse complexe qui fonctionne selon des règles parfaites où tout est dépendant de tout le reste. Qu’est ce qui empêche l’humanité de réaliser son propre état de perfection? Pourquoi insistons-nous à nous détruire?

La raison pour laquelle nous ne sommes pas en mesure de mener une vie épanouie mutuellement est que nous ne parvenons pas à reconnaître la grandeur du système autonome dans lequel nous vivons et l’opposition entre l’homme et le système.

Nous ne comprenons pas que si nous pouvions nous adapter au flot du monde, nous mènerions une vie d’accomplissement infini, parce que nous serions branchés à l’abondance infinie de l’univers. Bien que la nature soit perpétuellement en train d’atteindre un équilibre entre les deux forces de connexion et de séparation, les individus eux, à cause de l’ego, ne travaillent que pour eux-mêmes, dans la séparation.

Comme il est clairement écrit dans la Genèse: “Et le Seigneur vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les impulsions des pensées de leur cœur étaient continuellement mauvaises. Et le Seigneur se repentit d’avoir fait l’Homme sur la terre, et Il fut affligé en Son cœur.”

Ces idées ne sont pas vraiment nouvelles, mais comme le monde devient plus complexe, le cancer de notre propre ego nous trompe. En raison de notre méchanceté innée, nous ne serons jamais en mesure de surmonter par nous-mêmes notre nature égoïste et assurément destructrice, même si nous aimerions aider les autres.

Comme nous l’avons appris d’Eve, le serpent continuera à vivre en nous et à se révéler au pire moment. Nous ne serons pas en mesure de nous élever au niveau de réalité nécessaire pour partager ensemble toute l’abondance du monde.

J’ai découvert un outil très utile pour lutter contre notre serpent intérieur. Cet outil nous permet de puiser dans notre sagesse et intuition collectives, sans passer par notre nature négative. Cette méthode consiste en des cercles de discussion où des gens d’appartenances diverses discutent des questions complexes, et parviennent à des solutions mutuelles rendues possibles grâce à la connexion dans un atelier de table ronde.

Les règles de l’atelier sont très simples. Une personne dans le cercle pose une question sur un problème pratique qui les afflige tous, et les autres font de leur mieux pour répondre à la question et écouter les réponses des autres de tout leur cœur, par opposition à leur esprit. Il est important de ne jamais critiquer l’autre, ni de rejeter ce que chacun a à dire. On n’interrompt pas, tout ce qu’on doit faire, c’est écouter.

En faisant cette petite annulation de l’ego, le cercle en vient presque toujours à une nouvelle compréhension. Une nouvelle force qui, juste une heure plus tôt, était cachée de la réalité, émerge alors. Il devient clair que par cette connexion et un désir vers la dépendance mutuelle, nous avons la force de nous transformer pour nous comprendre et nous aimer les uns les autres. Nous nous approprions cette force qui a le pouvoir de transformer la nature de l’homme.

Dans un monde corrigé, nous reconnaîtrions l’importance de cette structure et ce que nous pourrions apprendre de la sagesse du cercle.

Il serait évident que le brouillard de notre ego empêche notre accomplissement, nous rendant aveugles à la sagesse de nos cœurs.

Il serait clair pour tous que la structure même du monde est un système corrompu qui exige des façons de penser et des stratégies nouvelles pour revenir à la compassion.

Et alors que les choses peuvent s’améliorer de temps à autre, aucune de ces améliorations n’aura aucun sens tant que nous restons asservis à notre vision qui nous dit de détruire les autres pour notre propre bénéfice.