Une vieille fable: le scorpion demande à la grenouille de le faire traverser le Nil. « Je ne suis pas folle. Tu me piqueras » répond la grenouille ». « Penses-tu, je ne veux pas me noyer », promet le scorpion.

La grenouille accepte, mais au cours de la traversée le scorpion la pique. « Malheureux, tu t’es engagé. C’est un suicide. On va se noyer ».
Et le scorpion, imperturbable: « Oui, tu as oublié qu’on est au Moyen Orient ».

Cette fable pourrait être attribuée au Hamas, violant ses engagements et suicidaire face à la puissance de Tsahal. Pourtant, quasi tout le monde se laisse prendre par ses engagements, y compris les dirigeants d’Israël, assez hésitants au cours des négociations du Caire.

En effet, « plus ça change plus c’est la même chose » – c’est ainsi que la majorité des Israéliens (71%) expriment leur déception de la tournure des événements dans la confrontation entre Israël et le Hamas. Et ce sentiment ne concerne pas uniquement le proche avenir, après le renouvellement de la trêve de 72 heures.

Le scepticisme populaire quant à la suite des événements traduit le sentiment que même si les négociations au Caire se terminent par un accord, une telle accalmie sera illusoire,et ce serait partie remise jusqu’aux prochaines confrontations. Car en ce moment c’est une guerre de nerfs entre Israël et le Hamas, lequel des deux fléchira sur ses positions de départ.

Or, de nombreux Israéliens craignent un fléchissement de la part de Netanyahu, soit sous la pression internationale, soit par excès d’optimisme et de confiance quant à la bonne foi des Palestiniens.

En effet, lors de la précédente trêve Tsahal, estimant que le Hamas respectera le cessez le feu, a recommandé aux habitants du sud du pays, ayant trouvé refuge ailleurs, de rentrer chez eux en sécurité. Ce qui s’est avéré une grosse erreur car le Hamas a renouvelé les tirs de missiles. Les chefs militaires ont reconnu leur erreur.

Cet incident est révélateur d’un vieux problème psychologique chez les dirigeants de Jérusalem, prenant parfois des décisions basées sur ce qu’ils croient deviner quant aux intentions arabes. Un exemple caractéristique fut à la veille de la guerre du Kippour en 1973, lorsque la conception des chefs des renseignements militaires partait de l’idée que l’Egypte et la Syrie n’oseront pas faire la guerre car ce n’est pas leur intérêt. D’où la grande bavure que l’on sait.

Au Caire les positions respectives sont les suivantes: le Hamas revendique notamment un port maritime et un aéroport afin de mettre fin au blocus. Israël s’y oppose en connaissance de cause que cela se terminerait par l’acheminement de missiles sophistiqués et autre matériel de guerre en provenance de l’Iran et de sources Djihadistes.

À moins de démilitariser la zone de Gaza, ce qui serait une bonne solution, mais inacceptable par le Hamas. On a songé à confier une telle démilitarisation, voire le contrôle des entrées à Gaza, à l’Autorité Palestinienne, mais là également les Israéliens sont sceptiques ,ne faisant pas confiance à Abou Mazen, ayant introduit le Hamas au sein de son gouvernement.

En ce qui concerne le prétendu  » blocus terrestre » imposé par Israël, c’est une fausse affirmation. Au cours des années, et même pendant les hostilités actuelles, des convois de centaines de camions avec vivres et médicaments en provenance d’Israël n’ont pas cessé d’être acheminés tous les jours vers Gaza. Cette semaine par exemple près de 6000 tonnes ont traversé la frontière.

En attendant, la vérité commence par être révélée sur les circonstances des affrontements à Gaza, grâce à certains journalistes indépendants – un Français, un Italien, un Indien, un Australien – lesquels confirment la thèse israélienne selon laquelle le Hamas lançait des missiles sous l’abri d’hôpitaux, écoles, et bâtiments de l’ONU. Ils n’ont pas osé déballer ces témoignages en étant à Gaza, en raison de la pression et des menaces du Hamas.

Peu de chances pourtant pour que cette vérité épargne à Israël des condamnations.

En effet, le président d’une nouvelle commission d’enquête, le professeur en droit William Schabas, aura du mal à être impartial puisqu’il s’est distingué jadis comme hostile à Israël et particulièrement à Netanyahu, qu’il espérait voir jugé par les instances judiciaires internationales pour « crimes de guerre » lors du précédent conflit , alors que Netanyahu n’etait pas Premier Ministre.
Interrogé par la presse au sujet de sa nomination, Schabas s’est abstenu, de qualifier le Hamas comme une organisation terroriste, contrairement à la majorité des pays.

En perspective de nouveaux conflits probables avec le Hamas, voire même le Hezbollah, Tsahal est en train de mettre au point des moyens pour découvrir des tunnels éventuels. Et à ce propos des prisonniers pris à Gaza, dont certains ayant creusé des tunnels, ont donné des détails à ce sujet. Selon eux il s’agissait de conditions d’esclavage, enfermés pendant des semaines et des mois sous terre, payés en moyenne 20 Euros la journée, nourris souvent uniquement de figues et dates.

Certains avaient été exécutés par le Hamas par crainte de fuites en faveur de Tsahal. Par ailleurs ces prisonniers ont confirmé que de nombreux adolescents avaient été utilisé pour creuser des tunnels, et que 160 y ont trouvé la mort.

En attendant, Tsahal ne prend pas de risques et reste sur le qui vive au cas d’une reprise des combats, lesquels, précise-t-on dans les milieux militaires, seraient plus féroces.