Ce n’est que par un regard exigeant sur le plan historique que le judaïsme africain pourra développer une vision nouvelle du monde juif.

Parce que trop longtemps l’idéologie a fait croire que l’itinéraire historique du judaïsme africain ne commençait qu’avec son contact avec l’Occident et que l’essentiel de cette histoire se résumait à un clonage culturel.

Les juifs africains n’ont cessé de clamer haut et fort que pour eux, développer une pensée juive endogène était une question de survie.
Sans cette pensée qui permettrait aux juifs africains de répondre aux questions de «qui sommes-nous, d’où venons-nous?», le judaïsme africain deviendrait sous peu victime d’un «clonage culturel» et qui dit clonage culturel, dit disparition.

Se réapproprier la totalité de l’histoire du judaïsme africain, considérer les traditions orales comme sources valables d’éléments historiques, élaborer une pensée endogène, toutes ces idées originales à l’époque du Sinaï sont aujourd’hui si bien intégrées dans la problématique et le paradigme des recherches et travaux actuels sur l’Afrique qu’elles ressemblent à des lieux communs tant elles semblent aller de soi.