Le mot « techouva », le retour est une démarche de repentance entreprise par l’homme, l’impie comme le juste dans le but de réparer une erreur commise ou par envie d’améliorer son quotidien

Selon le Rav Kook, le premier grand rabbin d’Israël et père fondateur du sionisme religieux, le retour est avant tout une idée cosmologique, un idéal d’amélioration constante, de perfectionnement, un outil donné à l’homme pour lui permettre de briser ses barrières et de s’affranchir des ses propres limites. 

Dans la société juive, la « techouva » ou « hazara betchouva » est souvent associée à un processus de retour à la religion opéré par un individu.

Ce processus est dans la plupart des cas, provoqué par un événement marquant, une rencontre providentielle, une illumination, une révélation qui parfois arrive comme une réponse attendue à une question bien souvent posée. Car l’être juif est en permanence à la recherche de lui-même, de l’essence de vie qui brûle en lui, de son âme.  

Pour le Rav Kook, il ne s’agit pas de subir une quelconque vision mystique pour s’adonner du jour au lendemain à une pratique aveugle des lois de la torah, mais bien d’un cheminement échelonné et construit qui avant d’engager l’homme à prendre toute décision extérieure, va l’inviter à plonger au fond de sa propre personne a la découverte de son intérieur.  

Le concept de techouva du Rav Kook est holistique, à l’image de la médecine chinoise, il conçoit l’homme dans sa totalité.

Le retour à soi passe aussi par la redécouverte de notre corps, quand notre sante devient notre première priorité, nous avons fait techouva, nous sommes revenu a nous-mêmes. Nous nous sommes réapproprié notre corps et c’est bien cela le début de la véritable techouva.  

La démarche du retour doit etre naturelle, organique, authentique. La techouva est l’authenticité même de l’homme, le retour à son être essentiel.

Le Rav Kook nous parle d’un retour à la racine de l’âme. Ce qui demande un travail sur soi, de contemplation, de méditation, d’écoute.

Le début du chemin sera celui de la conscience de soi, de l’acceptation de notre personne, et de notre volonté de travailler à notre propre perfectionnement.

הנגב

La techouva a pour objectif de nous rendre notre notre liberté, de nous délivrer de nos dépendances et de nos mauvaises habitudes.

Pour que le retour soit vrai, il faut qu’il repose sur l’amour, absolu et inconditionnel, l’amour pour notre personne, l’amour de la création et du tout-puissant. Cette voie à suivre se doit d’être entreprise dans la joie et l’allégresse.

En aucun cas, l’homme doit se sentir limité ou sacrifié mais bien comprendre qu’il travaille à sa propre révolution.

Retourner vers notre être authentique sera la première étape avant de continuer à grandir sur le chemin de la découverte des secrets de la torah.

Le Rav Kook a œuvré toute sa vie pour développer cette idée du retour, dans son livre « orot atechouva » (les lumières du retour).

Il décrit minutieusement les diffèrentes formes de retour possibles (il parle aussi du retour au niveau national, le renouveau de la vie juive en Israël), chaque Juif est invité à lire les écrtis d’un des plus grands savants et leaders de notre peuple. 

Pour ramener ces belles envolées philosophiques à la réalité de notre quotidien, j’ai personnellement décidé, de commencer par travailler mon corps, étant intimement convaincu qu’il est lié à mon esprit.

J’ai donc arrêté de faire de la musculation à la salle et me suis mis au yoga. Le yoga m’apprend à être conscient de mes sens, de m’écouter respirer m’invite à sentir ce qui se passe dans mon organisme.

La respiration est peut être la clef de notre salut, comme se dit en hebreux « neshima » (respiration) et « neshama » (l’âme) qui sont en fait le même mot.

Je vous invite donc tous à fermer les yeux cinq minutes et à simplement écouter votre respiration, ce souffle de votre vie, c’est votre neshama.  

Merci pour votre temps,