Le référendum dramatique de cette semaine en Irlande a montré que la majorité des Irlandais veulent se débarrasser d’une loi séculaire par laquelle les femmes qui avortent, et les médecins qui les aident à le faire, pourraient faire face à 14 ans de prison.

Mais alors que les avortements deviennent légaux en Irlande, quelque chose de beaucoup plus révolutionnaire qu’un changement de lois est en train de naître.

La transformation qui s’opère dans la société irlandaise conservatrice reflète la poussée mondiale de la libéralisation, faisant éclater une convention sociale après l’autre à travers la société humaine moderne. Jour après jour, l’homme se libère de divers cadres sociaux qui contrôlaient ses pensées et dictaient son comportement.

Plus de liberté exige plus de maturité

Jetons un coup d’œil à l’Histoire. Des monarchies aux diverses dictatures, en passant par les démocraties de notre époque, qui continuent à changer de forme à l’époque moderne, un cours naturel du développement humain devient évident. L’individu prend peu à peu les rênes de sa famille et de ses biens, de son corps et de son comportement, ainsi que de toutes les composantes de son identité.

Mais voici l’écueil facile : la liberté doit s’accompagner de la maturité de l’être humain, si nous voulons maintenir l’équilibre dans la société.

Alors que nous nous libérons des chaînes du passé et que nous marchons dans la liberté du futur, nous devons cultiver la conscience humaine à un tout autre niveau. Avec chaque limitation qui est levée, on devrait se demander : comment suis-je connecté à d’autres personnes autour de moi ? Quelle est mon obligation naturelle envers eux ? Comment mes actions influencent-elles tout le monde ?

Nous entrons dans une ère où les réponses à ces questions ne proviendront plus des membres du clergé, des représentants de gouvernement, des lois et des règlements, ou de toute institution qui vise à dicter la façon de penser des gens. Au contraire, cela viendra du développement intérieur de l’être humain, ou si vous voulez, de notre développement « spirituel ».

Pourtant, espérer qu’un développement humain positif se fasse tout seul n’est pas ce que je suggère. Au contraire, je suis certain que nous devons commencer à nous éduquer en tant que société, en éclairant certaines questions existentielles, en apprenant sur la nature humaine et en nous préparant à l’état d’interdépendance dans lequel le monde se dirige.

En d’autres termes, je préconise une expansion de la conscience humaine dans la société dans son ensemble. Et par conséquent, les individus dans la société comprendront mieux comment se conduire vers l’équilibre.

La liberté par l’interdépendance

Comment cela marche-t-il ? Nous devons nous inspirer de la façon dont la nature maintient un « équilibre dynamique ». Lorsque nous regardons la vie dans le corps humain, nous voyons des contrastes tels que la chaleur et le froid, des organes avec diverses fonctions, différents types de germes, des forces actives et passives, et pourtant ils travaillent tous ensemble dans l’équilibre et la réciprocité, se complétant l’un l’autre. C’est le principe de la vie, qui fonctionne sans notre implication.

Nous, humains, devons cependant nous développer et nous compléter consciemment et volontairement. Notre développement en tant qu’êtres humains exige que nous atteignions l’équilibre et la réciprocité à tous les niveaux de la vie.

Si nous ne développons pas la capacité de le faire, nous donner de plus en plus de liberté peut se manifester très négativement sous la forme du terrorisme, du crime et d’autres formes de comportements aberrants. Sans la maturité nécessaire pour maintenir l’équilibre social, nous pourrions nous retrouver plongés dans le chaos socio-familio-politique, au point où l’on ne fait que ce qui est juste à ses propres yeux et pour son propre bien.

Je crois que nous verrons que ni l’argent ni le pouvoir ne peuvent nous conduire à rechercher l’harmonie sociale ; seule une éducation visant à sensibiliser l’homme nous aidera à ressentir notre interdépendance et à apprécier notre humanité commune. Et plus nous développons l’être humain en nous, plus nous pouvons nous libérer des limitations extérieures à nous.