Quelques commentaires aux auteurs souvent non identifiables colportant des informations fausses ou tronquées sur le racisme des Ashkenazes sur les Noirs dans la Bible.

Qu’en est-il réellement ?

Dès le début de la littérature rabbinique, on voit surgir la question.

Les autorités rabbiniques, qui s’épanouissent entre la fin du IIIe et le début du IVe siècle, et sont créditées des premières tentatives pour lier le comportement de Cham à la couleur de sa peau. Il est certes difficile d’établir la date exacte de ces propos, puisque les œuvres où ils apparaissent :

– Traité Taanit dans le Talmud yerushalmi

– Traité Sanhédrin dans le Talmud Bavli

– Genèse Rabbah.

Aucune de ces sources manuscrites ashkénazes du Sanhédrin n’ajoute de glose de ce genre, et l’une d’elles omet même l’ensemble du passage.

On notera au passage que, dans la tradition manuscrite ashkénaze du Talmud, cette interpolation est absente, bien qu’elle intervienne dans le commentaire (jouissant d’une grande autorité) attribué à Rachi de Troyes (fin du XIe ou début du XIIe siècle). Et l’un des manuscrits du Sanhédrin va jusqu’à omettre l’intégralité de la section où figure la malédiction de Cham.

La littérature rabbinique ashkénaze n’associait pas ces deux châtiments, dont l’esclavage. Quant à la couleur de la peau comme punition allégorique, elle heurte incontestablement la sensibilité ashkénaze – en particulier lorsqu’elle se concentre sur Kush -, elle implique la réprobation morale des commentateurs ashkénazes.

Elle équivalait, comme le suggère le commentaire midrashique du IXe siècle, à « différent ». En outre, elle accorde peu d’importance à la transmission héréditaire ainsi que des autres barrières épistémologiques qui entérineraient le racisme endémique chez les ashkénazes.

Les sources bibliques racistes suggérant donc que les Noirs sont maudits sont à chercher ailleurs.