J’en ai marre qu’on me demande si les cours de justice lapident les homos en Israël.

J’en ai aussi marre qu’on me demande comment les Israéliens lavent leurs vêtements. Ou prennent leur douchent.

Et ne me demandez surtout pas d’expliquer comment ça se fait que tous les citoyens israéliens ne sont pas juifs.

J’ai un diplôme en études du Moyen Orient et Ivrit [Hébreu ndlr]. J’ai vécu à Jérusalem pendant un an, fait un ulpan [cours d’hébreu intensif ndlr], et je parle plutôt bien l’hébreu.

Je trouve ça intéressant moi, mais c’est inconnu dans la partie de la Grande-Bretagne, d’où je viens. Et, perçu encore plus bizarrement, parce que je ne suis ni juive, ni une sioniste évangéliste.

Mes parents sont chrétiens, et en grandissant, Israël était aussi loin de mon esprit que possible.
(Au cas où vous vous demandez, mon nom est Imogen, de Shakespeare, et mon nom de famille vient d’un vieux village minier du nord de l’Angleterre.)

Quand les gens apprennent la nature de mes études, ils enchaînent sur toutes ces petites questions bizarres qu’ils ont au sujet d’Israël.

La plupart de ces questions paraissent stupides pour toute personne qui s’est déjà rendue en Israël et la plupart semble tourner autour d’une conception venue d’un programme diffusé par la BBC, ce qui donne normalement un heureux mélange de Lawrence d’Arabie, un Violon sur le toit, Yentl et un Violon sur le toit.

Rien à voir avec Israël, que je connais.

Alors que je tente de me contenir pour ne pas rire, quelque chose me frappe : les gens sont en fait intéressés par Israël.

Ils veulent savoir comment est la vie dans le seul État juif au monde. Ils veulent savoir s’ils peuvent encore visiter Israël après le printemps arabe, pour des pèlerinages chrétiens, pour faire la fête à Tel Aviv, ou juste se coucher sur la plage et faire bronzette en hiver.

Le problème c’est que, Israël n’écoute pas.

Les Israéliens que je connais sont amicaux, gentils, intelligents, et ouverts d’esprit. Ils mènent des combats pour certaines recherches médicales parmi les plus poussées au monde.

Il parlent tous beaucoup de langues, ils ont un plus grand pourcentage de diplômés du lycée que partout ailleurs, et cuisinent quelques très, très bons plats.

Ils ne sont pas cependant, représentés comme ils pourraient l’être à juste titre, par qui que ce soit, censé élever l’image d’Israël à l’étranger.

Le mouvement sioniste et son réseau sont ici assez homogènes. Il est petit, il est insulaire et ne sait rien de ce que pensent mes amis ou ma famille.

Il essaye de savoir si les gens sont plutôt pro-Israël, ou anti-Israël, quand – de mon point de vue – les gens sont plutôt curieux. Personne ne leur donne ce qu’ils ont envie de savoir. Alors ils me demandent.

Je pense que les gens sont plus conscients de la diversité et de la créativité qui se développent en Israël, tel que je le connais.

Un changement d’attitude est une voie à deux issues.

Pour commencer, il y a cette mentalité qui persiste en Israël selon laquelle les gens doivent être catégorisés en plusieurs secteurs ou groupes.

Et en dehors d’Israël, les gens ne semblent pas penser de la même manière.

Arrêtez de vouloir « nous » catégoriser de « chrétiens » ou                      « musulmans » ou « LGBT » ou « hétérosexuels » ou « de gauche » ou « de droite » ou même « pro-Israël » ou « anti-Israël », parce que nous ne nous voyons pas nous même comme une simple catégorie.

La bataille pour améliorer la perception d’Israël ne se gagnera jamais en utilisant des stéréotypes.

(C’est bon pour vous, Naphtali Bennett. Les commentaires de Martin Schulz sur l’allocation d’eau étaient mal avisés certes, mais ça n’a rien à voir avec le fait qu’il parle allemand. Passez à autre chose, s’il vous plait. Était-ce là la meilleure et la plus intelligente chose que vous pouviez imaginer ?)

Les mouvements de jeunesse, la Hasbara et l’alyah sont essentiels dans la vie juive, et il en est de même avec la manière dont Israël réagit avec les juifs de la diaspora.

Certainement. Mais si un plus grand nombre de personnes devaient mieux penser d’Israël, le sionisme doit s’améliorer. Israël a besoin d’une Hasbara 2.0