Dans un enregistrement qui fait beaucoup de bruit en France, on entend le Grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, pousser une femme à accepter de verser la somme de 90.000 euros pour obtenir son guet (acte de divorce religieux) en lui expliquant que c’est le prix de sa liberté.

Cette femme, qui selon les informations qui circulent sur la toile, attendait son guet depuis cinq ans a donné un chèque à une association religieuse à la demande de celui qui est devenu par ce don, son ex-mari.

Le Grand rabbin Gugenheim s’est expliqué sur les ondes de la radio juive affirmant qu’il n’y a eu aucune transaction dans le cadre du Beth Din (tribunal religieux) et qu’il s’est battu pour que cette femme obtienne le guet.

Un accord entre les époux aurait été signé avant cette réunion devant les rabbins, filmée par la famille de la femme, réunion qui a fait scandale en raison notamment de la phrase du Grand rabbin Gugenheim.

Personne ne soupçonne le Grand rabbin de Paris d’avoir touché un centime pour lui ou pour l’institution consistoriale, la demande d’argent à la femme provenant du mari, qui après un refus prolongé de libérer son épouse des liens du mariage a finalement accepté de lui donner le guet en échange de cette somme faramineuse remise aux institutions Sinaï du Grand rabbin Pevzner.

Le Grand Rabbin Gugenheim a confirmé avoir entériné cet accord afin de permettre à cette femme de pouvoir divorcer et refaire sa vie.

Quelques questions restent en suspens néanmoins

Comment admettre que des rabbins n’aient pas eu d’autre moyens de coercition contre le mari récalcitrant  depuis des années et ont accepté cette extorsion de fonds sans même critiquer les méthodes du mari ?

Comment peut-on justifier le fait qu’une femme doive payer une telle somme pour obtenir sa liberté ?

Pourquoi la famille de la femme a filmé cette réunion en caméra cachée si la femme avait donné son accord préalable ?

Comment comprendre la contradiction apparente avec la jurisprudence religieuse qui veut qu’un guet pour qu’il soit valable soit donné sans conditions, comme l’explique le Grand Rabbin Gugenheim dans son intervention radiophonique ?

Cette affaire qui porte préjudice à l’institution consistoriale mais surtout à l‘image du judaïsme orthodoxe en France ouvre la porte à des questions beaucoup plus larges sur les procédures du divorce religieux, sur la responsabilité des autorités rabbiniques et sur le prix à payer pour qu’une femme juive puisse obtenir sa liberté.

Michaël Blum