Récemment, il semble que plus nous parlons de l’unité juive, plus nous en sentons le manque. L’unité a été une caractéristique de notre nation depuis que Moïse nous a réunis au pied du mont Sinaï et que nous avons promis d’être “comme un seul homme dans un seul cœur. » Mais si on examine notre histoire, il semble que nous ayons été plus préoccupés à lutter entre nous qu’à unir nos rangs.

Même aujourd’hui, en face de l’antisémitisme mondial croissant, souvent “à peine voilé comme une critique d’Israël”, tel que le décrit  le chef sortant de l’ADL, Abraham Foxman, nous ne pouvons pas trouver un moyen de nous unir et de relever le défi ensemble. Il en résulte que les boycotteurs et fauteurs de guerre s’amassent et se renforcent, alors que nous sommes occupés à nous quereller et nous blâmer l’un l’autre pour nos malheurs.

Ceci est le « paradoxe de l’unité », où nous savons que notre force réside dans notre unité, mais plus nos accusateurs nous poussent, plus nous nous séparons. Comme tout paradoxe, le paradoxe de l’unité ne peut être résolu au même niveau que celui de la pensée qui l’a engendré. Pour le résoudre, nous devons nous élever à un nouveau niveau de pensée et de sentiment l’un envers l’autre.

Cela peut sembler un défi de taille, mais il devient beaucoup plus simple lorsque nous nous souvenons de notre origine commune. Lorsque nous sommes devenus une nation, nous avons également eu la tâche d’être une lumière pour le reste des nations.

Mais à l’époque, notre seule lumière était l’unité. Nous étions en cavale, sans-abri et impuissants. Le seul élément en notre faveur était notre unité dont l’état ultime est tel que nous l’exprimons dans le verset : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Grâce à l’unité, nous avons réussi à traverser de nombreuses épreuves et tribulations, et son effondrement a marqué le début d’un exil de deux millénaires.

Pourtant, s’il est une chose que les nations ont facilement adopté de chez nous, mais qu’ils doivent encore mettre en pratique, c’est cette devise : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Au fond, tous les êtres humains ont le sentiment que malgré toute la difficulté à le pratiquer, ce verset est la clé du bonheur, de la prospérité et de la sécurité dans la vie.

Comme pour nos ancêtres involontaires, il est maintenant de notre devoir, tout comme il l’a toujours été, d’être un exemple/modèle d’unité et ce faisant, de montrer au monde comment cela peut être fait. Jusqu’à ce que nous le réalisions, spécifiquement afin d’afficher sa fonctionnalité, le monde continuera à nous accuser de provoquer la guerre, et de tout autre type de malheur, tout comme cela se passe aujourd’hui à l’ONU.

Le monde ne nous accuse pas d’attiser délibérément la guerre, mais de détenir la clé de la paix et du calme, même si c’est inconsciemment, et de ne pas la partager. Pour ce faire, nous devons en prendre conscience, le pratiquer, et démontrer comment cela se fait.

Ceci est la solution au paradoxe de l’unité. Si nous essayons de nous unir pour le simple plaisir de s’unir, sans le faire pour être un exemple d’unité pour le monde, nous ne réussirons pas.

Sans une raison suffisante pour nous élever au-dessus de nos intérêts, nous allons succomber à notre médisance habituelle, et les nations vont continuer à nous blâmer pour l’aggravation de leurs problèmes. Mais si nous nous rappelons que nos vies ont un but digne, qui exige l’unité comme modèle aux yeux du monde, alors nous avons toutes les raisons de réussir.

Quand nous y parviendrons, le paradoxe de l’unité aura été résolu parce que nous aurons dépassé les pressions de notre état actuel et serons parvenus à l’état d’unité. Nous l’aurons fait non pas pour nous, mais pour le monde. En notre for intérieur, nous aurons encore le désir de satisfaction personnelle, mais au-delà de cela, nous serons en mesure de fusionner la nation en une seule entité.

Dans le monde ultra-narcissique d’aujourd’hui, ce type d’unité est la seule formule qui puisse fonctionner. Nous ne pouvons pas, ni n’avons besoin de supprimer nos egos. Tout ce dont nous avons besoin est de trouver un moyen de nous unir au-delà de l’ego, et de contribuer ainsi à notre unicité pour le bien commun. C’est une formule unique que seuls les Juifs jusqu’aujourd’hui ont mis en œuvre avec succès, même si ce n’est qu’il y a deux millénaires. Maintenant, nous devons raviver cette capacité et la partager.

Quand nous le ferons, sans doute nous trouverons dès le début que la pression du monde était seulement pour nous inciter à nous unir à ce niveau supérieur. Nous réaliserons que même si nous avions essayé pendant mille ans de nous réunir à notre niveau actuel, cela n’aurait jamais abouti. Cependant, dès que nous nous élevons au niveau supérieur, où nous ne nous unissons pas pour nous mais pour le monde, nos vies seront immédiatement transformées.