François pourrait bien être le pape le plus hostile aux Juifs depuis Pie XII.

En prime de la reconnaissance de l’Etat imaginaire de Palestine, un substitut quasi votif de l’Etat d’Israël, il a reçu le chef de l’Autorité Palestinienne en le saluant sous le vocable d’ « ange de la paix ».

Se peut-il que le Pape ait ignoré le passé de cet « ange » ? Mahmoud Abbas, de son nom clandestin, Abou Mazen, a fait en effet partie du commando de 3 terroristes qui en 1994 a assassiné une famille et 22 enfants dans le village de Maaloth en Galilée. (1)

Ses antécédents étaient déjà lourds, pour avoir soutenu en Union soviétique d’alors une thèse négationniste sur la Shoah. Aujourd’hui, il est à la tête d’une structure, l’Autorité palestienne, créée grâce à Israël, qui élève au rang de saints, les shahids, des terroristes qui pratiquent en fait le sacrifice humain en tuant des « mécréants », des civils juifs d’Israël, en se faisant exploser, en les écrasant ou en les poignardant, et qui diffuse sur sa télévision et dans ses écoles des messages antisémites violents.

Le commentaire de la reconnaissance de la Palestine par le Vatican par Husam Zomlot « haut responsable palestinien pour les relations internationales » (2) est extrêmement intéressant sur « l’enveloppe » idéologique de cette opération :

« Le Vatican a reconnu à la fois notre Etat et notre histoire qui avait été volée et écrite par d’autres. Nous sommes les chrétiens originels. Or, depuis 70 ans, on a essayé de dépeindre le conflit comme étant entre juifs et musulmans. C’est totalement mensonger. Notre problème n’est pas le judaïsme mais la judéïsation de la Palestine, une idéologie politique. »

Cet aspect des choses a été excellement étudié par Bat Ye’or dans son livre Eurabia, l’axe euro-arabe (3). Elle a montré le rôle que les chrétiens palestiniens ont joué dans la propagation de l’idéologie palestinienne dans les églises autant anglicane que catholique, offrant à l’identité chrétienne une accroche d’identification chrétienne avec les Palestiniens, d’autant plus puissante qu’elle ressuscite dans l’Eglise le marcionisme, c’est à dire d’une tendance présente dès les origines qui opposa le Dieu chrétien au Dieu juif, l’Evangile à la Torah, pour éradiquer dans le christianisme tout héritage judaïque.

C’est ce même courant qui avait reparu à l’époque du nazisme en Allemagne. Le Centre Sabeel (« centre œcuménique de théologie de la libération ») a joué un rôle important sur ce plan-là.

L’Observatoire du monde juif avait publié sur ces questions en juin 2003 un « bulletin » (n° 6-7, juin 2003, « Les chrétiens et le conflit proche-oriental. Le dialogue judéo-chrétien à l’épreuve ») qui approfondit cette recherche et qui n’a pas pris une ride. Tout le monde peut y accéder gratuitement. Voir notamment l’article de Bat Ye’Or, « La compassion assassine, naissance d’une théologie chrétienne de libération de la Palestine. »

Ces courants catholiques et anglicans ne se contentent pas de développer une théologie. Ils participent activement à la diabolisation de l’image d’Israël et à son accusation sur les scènes laïques et politiques de l’Occident et sont très actifs dans l’exclusion mondiale d’Israël, le « « «  boycott ». D’une certaine façon, ils se comportent comme au Moyen Age en diffusant la rumeur du crime rituel …

Le pseudo rapport de l’ONG Breaking the silence, rendu public récemment et accusant l’armée israélienne de crimes de guerre a été ainsi financé « grâce aux dons généreux du Christian Aid (Grande Bretagne), du fond d’aide de l’Eglise danoise, du Secrétariat pour les droits de l’Homme et les lois humanitaires internationales, de l’Open Society Foundations et de Trócaire » (4). Trois fonds chrétiens sur cinq.

La liste des donateurs réguliers de l’ONG publiée dans le document montre aussi de nombreux fonds chrétiens.

Que disent aujourd’hui les activistes juifs qui pensaient trouver dans les chrétiens des alliés naturels face à l’adversité que le judaïsme rencontre en Europe? Que disent les chrétiens du rang?

Post scriptum: une vérification postérieure de l’information sur la parole du pape à Mahmoud Abbas a montré que les principales agences de presse ont forcé cette parole, mais à peine. S’il ne l’aurait pas salué comme « l’ange de la paix » (le rapport des faits reste malgré tout flou), c’est bien en tout cas ce qu’il lui a souhaité d’être. C’est un cran en dessous seulement de la portée de cette phrase qu’avoir pu formuler un tel souhait envers l’homme d’un tel passé et en rapport avec l’annonce de la reconnaissance de la Palestine, un acte qui ne favorise pas la paix. La réécriture de cette phrase par les agences de presse est elle aussi significative de ce qu’elles ont « entendu », à travers leur prisme idéologique, ou qu’elles ont sciemment falsifié. A tous les niveaux il y a du sens à cette affaire et celà n’efface pas la reconnaissance par le Vatican, la réception d’Abou Mazen et le souhait exprimé par le Pape à son propos.

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(1) En mai 1994, un groupe terroriste palestinien, appartenant à l’organisation de Naif Hawatmeh,et venant du Liban, arrive à Maalot et tue d’abord les membres de la famille Cohen, le père Yosseph, la mère Fortunée qui était au septième mois de sa grossesse, et leur fils aîné Moshé, âgé de 3 ans. Ils ne virent pas le bébé Itsik, âgé d’un an et demi, et sourd-muet de naissance. Sa mère avait eu le temps de le jeter sous le lit dans la chambre à coucher.Après cette tuerie, le groupe terroriste se dirigea vers l’école « Netiv Méir » où se trouvaient des lycéens originaires de Tsfat, et qui étaient venus à Maalot dans le cadre de l’excursion annuelle de leur école.Pendant 14 heures, 115 élèves et professeurs furent gardés en otage, jusquà ce que le ministre de la Défense d’alors, Moshé Dayan, ordonne une action militaire pour les délivrer.Pendant cette action, 22 élèves furent tués ainsi que des adultes.

(2) Le Monde, vendredi 15 aout 2015

(3) Ed. Jean Cyrille Godefroy, 2006.

(4) Agence officielle de développement de l’Eglise catholique irlandaise. Citation publiée et traduite par Hamodia.