La visite du pape François en Israël aurait dû être l’occasion d’un rapprochement supplémentaire entre le judaïsme et le christianisme mais c’est loin d’être gagné

Invoquant des raisons de sécurité, Israël a décidé d’imposer un couvre-feu sur la vieille ville de Jérusalem au moment où le pape se rendra au Saint-Sépulcre provoquant la colère des habitants chrétiens de la ville qui ne pourront pas voir le Saint-Père.

Toujours au nom de la sécurité, la capitale se transformera en ville impraticable durant la journée où le pape se rendra successivement au Mont Herzl, à la résidence du président de l’Etat, à Yad Vashem et en vieille ville.

On estime à près plusieurs centaines le nombre de journalistes venus pour suivre cette visite, la plupart le feront à partir de bureaux et devant des écrans de télévision mais on peut déjà imaginer « la bonne image » pour Israël que vont provoquer ces mesures de sécurité inédites.

De quoi Israël a peur ? Un attentat islamiste ? Des manifestations violentes ? Selon ce que la presse dévoile ces derniers jours, la crainte des services de sécurité proviendrait des actes de vandalisme qualifiés de « prix à payer ».

La police a pris des mesures afin d’éviter des « provocations antichrétiennes » selon un communiqué.

Par ailleurs, des juifs religieux pour qui l’amitié judéo-chrétienne est une ineptie dénoncent une rumeur sans fondements selon laquelle le Cénacle, un lieu saint chrétien situé au-dessus du tombeau présumé du roi David au Mont Zion serait donné au Vatican où le pape doit se rendre durant sa visite.

Des rabbins signent des pétitions anti-chrétiennes, des discours qu’on croyait oubliés sont entendus dans les synagogues, comme si certains juifs religieux vivaient encore sous l’Inquisition, voir à l’époque des Croisades, au lieu de se féliciter que le chef de l’Eglise catholique accepte de se rendre à Jérusalem et s’y  recueille notamment sur la tombe du visionnaire de l’Etat juif, Binyamin Zeev Herzl.

De leur côté, les Palestiniens utilisent cette visite à des fins de propagande anti-israélienne dénonçant le sort réservé aux chrétiens en Israël et en Cisjordanie alors qu’un enfant de 5 ans sait que leur situation est la plus enviable parmi les chrétiens de tout le Proche-Orient.

Un prêtre palestinien, Mgr Shomali, responsable du choix des invités à un déjeuner avec le pape à Bethlehem a expliqué que le Saint-Père ayant demandé à rencontrer des « pauvres », ils ont choisi des familles souffrant de l’occupation.

« Les pauvres qui n’ont pas de pain et qui vivent dans la rue n’ont pas été choisis », explique le prêtre dans une interview, sans honte, expliquant que parmi les invités « pauvres », il y a une famille dont le fils est condamné à la prison à vie, une autre dont le fils est exilé à Gaza…

Dans une région où chaque geste et chaque mot est rempli de significations,  on peut espérer que le pape François, qui a déjà démontré qu’il était au-dessus des querelles politiques et religieuses saura porter un message de paix lors de son pèlerinage en Terre sainte.