« Obama joue aux dames, l’État islamique au backgammon »

Pour le Prof. Uzi Rabi et Ben Mendales, chercheurs au Centre Moshé Dayan pour les Etudes sur le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Université de Tel-Aviv, l’Occident considère à tort l’Etat islamique comme un nouvel Al-Qaïda et n’a pas intériorisé l’impact de sa doctrine:  »Kasr-al-Hudud », « briser les frontières » sur la transformation de la région.

Dans sa première interview donnée à un journal en langue arabe, Asharq al-Awsat, le 13 mai 2015, le président américain Barack Obama a exprimé son espoir dans l’avenir d’un Irak unifié, et applaudi les progrès récents des forces irakiennes contre l’Etat du Califat islamique (EI, EIIL ou ISIS en anglais)[i].

Sa déclaration était clairement destinée à rassurer les dirigeants sunnites inquiets. Cependant, elle ne reflète pas la réalité confuse actuelle du Moyen-Orient. Peut-être était-elle due aux préoccupations nationales américaines: trop de sang, d’argent et de prestige ont été investis dans le projet irakien pour que le Président des Etats-Unis puisse facilement admettre un échec. On a également pu avancer le fait que l’Amérique n’était pas fondamentalement responsable de la situation actuelle, et qu’une action américaine pourrait aggraver les choses[ii].

Ou bien peut-être s’agit-il d’une combinaison de ces facteurs. Selon nous, les États-Unis – et l’Occident dans son ensemble – n’a pas encore correctement identifié le problème. Il continue à se comporter comme si l’État islamique n’était qu’une autre version d’al-Qaïda, et n’a pas intériorisé l’impact de l’ethos de «Kasr al-hudûd» [briser les frontières] sur la transformation de la région.

Origines

On ne peut que souligner l’importance de l’éviction de Saddam Hussein en 2003, car elle a abouti au premier exemple moderne d’une communauté chiite arrivée au pouvoir dans un pays arabe. Le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki a consolidé le pouvoir chiite et, ce faisant, marginalisé les sunnites irakiens, en particulier dans les zones tribales de la province d’al-Anbar [la plus étendue et la plus à l’ouest des provinces irakiennes – NDR].

L’exclusion des Sunnites a été aggravée par le programme de « débaassification » [effacement des traces du parti Baas, au pouvoir depuis en irak depuis 1968 – NDR], commencé en 2003 sous les Américains et intensifié par le gouvernement d’al-Maliki, qui a transformé dans les faits tous les Sunnites en ennemis potentiels de l’État. Avec le retrait américain de 2008-2011, al-Qaïda en Irak (AQI) a donc pu trouver un large soutien parmi les Sunnites mécontents du pays.

Pendant ce temps, le gouvernement régional du Kurdistan (KRG) s’est trouvé en désaccord avec le gouvernement central de Bagdad, entre autre sur la répartition des revenus du pétrole[iii]. Dans la pratique, l’Irak s’est trouvé divisée en trois parties, présageant la désintégration en 2011 de la Syrie en fractions rivales.

Bien que l’opposition syrienne dite ‘modérée’ ai vaillamment survécu, elle a été rapidement éclipsée par les groupes radicaux sunnites, Jabhat al-Nusra et l’Etat islamique[iv]. En 2013, ce dernier avait conquis de vastes zones à l’est de la Syrie, et établi sa «capitale» dans la ville de Raqqa. En juin 2014, il lance une offensive de la Syrie vers l’ouest de l’Irak, éliminant la frontière politique entre les deux Etats. Ce pas venait illustrer la déclaration du chef de l’EI, le calife auto-proclamé Abu Bakr al-Baghdadi selon laquelle les accords Sykes-Picot étaient devenus lettre morte[v]. La progression du groupe a choqué le monde par ses attaques immondes des groupes hétérodoxes et ses exécutions médiatisées d’otages étrangers capturés. En même temps, le groupe courtise les tribus sunnites par un appel conscient aux coutumes et sentiments locaux[vi].

L’effacement des frontières

L’État islamique incarne une sorte d’hybride étrange; c’est une entité qui a la forme d’un Etat mais milite contre la validité des structures dites «occidentales». C’est la première fois qu’un groupe takfiri[vii] doit se confronter aux aspects les plus banals de la gouvernance.

D’une part, en déclarant un califat, il a réalisé ce que même al-Qaïda n’avait pas fait : il a émis des passeports et des certificats de naissance, instruments puissants de propagande[viii].

De l’autre, l’EI se réfère à l’«âge d’or islamique», et appelle à une identité musulmane primordiale [sunnite] individuelle, tout en faisant valoir que tous les autres types d’identité, nationalité ou race, sont négligeables.

Il est devenu maître dans l’utilisation des figures de style du septième siècle pour attirer un public du XXIe, en se servant à la fois des outils modernes comme les médias sociaux, de la force brutale et de la terreur. C’est pourquoi il a remarquablement réussi à attirer des recrues en Occident[ix]. Les médias sociaux jouent un rôle central dans la diffusion de l’idéologie djihadiste.

Les auteurs de l’attaque de mai 2015 à Garland, au Texas, auraient communiqué avec des militants de l’Etat islamique via Twitter[x]. Peu importe si l’EI a effectivement donné l’ordre, ou simplement servi d’inspiration. Les idées ont toujours traversé sans obstacle les frontières du Moyen-Orient, et les médias sociaux n’ont fait que renforcer l’ampleur et la rapidité de cette tendance de manière exponentielle.

L’EI a forcé ses rivaux régionaux à intégrer le concept de Kasr al-hudûd, alors même qu’ils prétendent le combattre. Le Hezbollah chiite libanais est largement déployé en Syrie où il exerce dans la pratique un pouvoir exclusif dans certaines régions[xi]. Vu sous un certain éclairage, l’Iran est à la fois un avocat supposé de l’«unité» irakienne (vraisemblablement sous sa suzeraineté), mais en même temps brouille les frontières entre lui et son voisin arabe. C’est pourquoi il a parfois été accusé de mener une politique de «chaos contrôlé» en Irak[xii], faisant coïncider la sécurité irakienne avec la sienne, et soulignant la profondeur des liens entre les deux pays[xiii].

L’État islamique a également provoqué des manifestations sans précédent de l’unité nationale kurde. En 2012, les Kurdes syriens ont commencé à réclamer leur autonomie dans la zone de Rojava, sur le modèle du gouvernement régional du Kurdistan (KRG). Après le siège de l’EI à Kobani, le KRG a envoyé des peshmergas (combattants kurdes) pour défendre la ville, malgré la rivalité considérable entre les deux groupes[xiv].

L’EI a également été largement la cause de l’érosion des frontières de la Jordanie. En mai 2015, au moins 628 160 réfugiés syriens [xv] sont venus s’ajouter aux quelque deux millions de réfugiés palestiniens et aux dizaines de milliers d’Irakiens enregistrés[xvi]. L’afflux de main-d’œuvre syrienne bon marché a supplanté environ trente pour cent de la force de travail non qualifiée jordanienne, aggravant une situation économique déjà difficile dans ce pays pauvre en ressources.

La tension a monté dans les zones souffrant d’un taux de chômage élevé, telles que la ville de Ma’an, en grande partie tribale, où certains résidents ont rejoint l’Etat islamique ou lui ont manifesté un soutien ouvert. Les mesures énergiques des forces de sécurité jordaniennes contre les militants suspectés de l’EI n’ont fait qu’amplifier les protestations.

Bien que celles-ci aient également été réprimées, le simple fait qu’elles se soient produites est une grave source de préoccupation pour la Jordanie[xvii]. Le Royaume hachémite est à la fois un acteur important de la coalition anti-EI, et un important réservoir de main-d’œuvre pour l’EI[xviii]. Des voix ont rejoint celle du leader salafiste jordanien Mohammad al-Shalabi [Abu Sayyaf], qui a qualifié la participation jordanienne aux frappes aériennes américaines contre l’EI de « début de la fin » pour la monarchie hachémite[xix]. Il semble que les réactions à la réponse agressive du roi Abdallah à la mise à mort du pilote jordanien capturé en janvier 2015 brûlé vif par l’EI aient progressivement diminué[xx].

Histoire de deux villes

En mai 2015, l’EI a conquis deux villes aux extrémités opposées de sa sphère de contrôle [Ramadi, capitale de la province d’Al-Anbarà l’ouest de l’Irak, et Palmyre, à 210 km au nord-est de Damas – NDR]. Les deux exemples ont été remarqués pour des raisons différentes.

La chute de Ramadi a révélé la désespérante inadéquation des forces de sécurité irakiennes formées par les Américains, et la réaction du Premier ministre irakien Haider al-‘Abadi d’envoyer des milices chiites parrainées par l’Iran a nourri les accusations accablantes sur le fait qu’il soit, comme son prédécesseur, d’abord et avant tout un leader chiite[xxi].

Pendant ce temps, l’attention occidentale a été fixée sur Palmyre, craignant que l’EI ne détruise ces ruines antiques inestimables, pour ne pas mentionner le fait qu’il s’agissait de la première ville qu’il ait pris directement au régime syrien.

Cependant les deux événements sont liés. Bien que l’EI ait mis un point d’honneur à annoncer qu’ils contrôlent désormais la moitié de la Syrie et une grande partie de la province d’al-Anbar en Irak, régner sur le désert ne suffit pas. Il doit également contrôler les centres urbains, où vivent la majorité des civils[xxii].

Les villes offrent la profondeur stratégique, matérielle et idéologique sans laquelle l’organisation ne peut survivre. Ainsi, l’EI a-t-il cultivé son image de libérateur sunnite, réparant les infrastructures, distribuant du pain et du carburant, tout en insistant sur l’unité de son territoire. A Palmyre et Ramadi, il a limité ses exécutions aux soldats capturés et aux fonctionnaires[xxiii]. Cette relative retenue n’a laissé personne dans l’illusion : le défaut de se conformer aux directives de l’EI ne sera pas laissé impuni[xxiv]. Il enveloppe sa main de fer dans un gant de velours, distribuant à la fois des balles et du pain.

Une mauvaise lecture du nouveau Moyen-Orient

De toute évidence, la situation actuelle est problématique. Mais il en est de même des «solutions» envisagées. Le 5 mai 2015, le président Obama a assuré au Président du KRG Massoud Barzani que les Etats-Unis restaient « attachés à un Irak unifié, fédéral et démocratique ».

Pourtant, comme l’a souligné l’écrivain kurde Erevan Saeed, presque personne en Irak ne soutient un tel objectif[xxv]. Barzani, pour sa part, a annoncé dans une déclaration antérieure que l’indépendance kurde n’était qu’une question de temps[xxvi].

Les États-Unis sont désespérément accrochés à l’ancien cadre régional, et ignorent tous les signes prouvant que la stratégie consistant à jeter de l’argent par les fenêtres ne fonctionne pas. Elle n’évite pas l’inconfort de cette situation délicate: Washington s’oppose à l’ennemi de l’État islamique en Syrie, mais soutient l’ennemi de l’EI en Irak.

Le gouvernement américain doit aussi tenir compte d’importantes considérations intérieures importantes, auxquelles nous avons déjà fait allusion. Le fait que l’État islamique s’oppose également à d’autres groupes islamistes tels que le Hamas et Jabhat al-Nusra rend les choses plus confuses encore, car il ne correspond pas parfaitement à la dichotomie ami-ennemi. En effet, l’existence même de l’État islamique annule la raison d’être d’autres groupes djihadistes. Il semble que le rythme de la réalité au Moyen-Orient ait dépassé la capacité de beaucoup à la comprendre.

Au fond, l’EI a contribué à la fragmentation des Etats syriens et irakiens et en a profité, en éliminant leur frontière commune établie au lendemain de la Première Guerre mondiale par les grandes puissances. Palmyre et Ramadi ne constituent pas deux fronts distincts. L’État islamique n’est pas al-Qaïda; il ne peut pas être traité par danger inhérent à la confusion de la politique américaine. On a dit que le président Obama « joue aux échecs quand d’autres jouent aux dames »[xxvii]. Nous proposons une métaphore alternative: Obama joue aux dames, l’État islamique au backgammon. Peut-être les pièces se ressemblent-elles, mais le tableau de jeu est totalement différent.

Traduction : Sivan Wiesenfeld-Cohen

Disponible sur le site : Les Amis français de l’Université de Tel-Aviv

Notes :

[i] Mina al-Oribi, Al-Sharq al-Awsat, le 12 mai 2015.

[ii]Promoteurs comme détracteurs de l’engagement américain en Irak ont évoqué la règle faussement attribuée à la chaine américaine Pottery Barn: « Qui casse paie » selon laquelle l’Amérique, étant la cause de la situation en ‘Irak, devrait donc la réparer. Voir, par exemple, John Feffer, “Iraq: Revisiting the Pottery Barn Rule”, The Nation, 27 janvier 2014. Pour le point de vue opposé (l’Amérique n’est pas à blâmer et donc la «règle» est sans doute inapplicable), voir Phillip Gordon, “The Middle East is Falling Apart », Politico, le 4 Juin 2015.

[iii]Mark Wilbanks et Efraim Karsh, “How the ‘Sons of Iraq’ Stabilized Iraq,” Middle East Quarterly 17, no. 2 (2010): 57-70; Timothy Williams et Duraid Adnan, “Sunnis in Iraq Allied With US Rejoin Rebels,” New York Times, 16 octobre 2010; Serena Chaudhry, “Feeling Marginalized, Some Sunnis Seek Autonomy,” Reuters, 1er Janvier 2012; “A Tortuous Triangle,” The Economist, 22 Décembre 2012.

[iv]L’EI a commencé essentiellement comme un «rebranding» d’al-Qaïda en Irak (AQI) à la suite de son entrée dans la guerre civile syrienne. Jabhat al-Nusra né de l’AQI, est maintenant un groupe indépendant.

[v]Les accords Sykes-Picot ont constitué la base de la division des terres Croissant Fertile et du Levant de l’ancien empire ottoman après la Première Guerre mondiale. Mark Tran et Matthew Weaver, « Isis Announces Islamic Caliphate in Area Straddling Iraq and Syria, » The Guardian, 30 Juin 2014; “The End of Sykes-Picot,” Al-Hayat.

[vi]“Halab Tribal Assemblies,” Dabiq 1 (2014): 12-14.

[vii]Terme qui se réfère à l’action de déclarer d’autres comme incroyants (kafir). Un takfiri est un musulman qui accuse un autre musulman d’apostasie.

[viii] »First Islamic State Birth Certificate: Guns and Grenade », The Clarion Project, 28 avril 2015, http://www.clarionproject.org/news/first-islamic-state-birth-certificate-report.

[ix]Pour un débat détaillé sur l’utilisation extensive par l’EI des médias sociaux, voir, par exemple, J.M. Berger et Jonathon Morgan, “The ISIS Twitter Census: Defining and describing the population of ISIS supporters on Twitter”, Brookings Project on U.S Relations with the Islamic World no. 20 (Mars 2015); Linda Dayan, “ISIS Social Media and the Case of Tumblr,” Beehive 3, no. 1 (Janvier 2015); James P. Farwell, “How ISIS Uses Social Media”, Politics and Strategy, 2 octobre 2014. Pour une discussion spécifique sur le recrutement de l’EI en Occident, voir Edith Lederer, “UN Report: More than 25,000 Foreigners Fight With ISIS”, Associated Press, 1er avril 2015; Anne Barnard et Eric Schmitt, “As Foreign Fighters Flood Syria, Fears of A New Extremist Haven”, New York Times, 8 août 2013.

[x]Scott Shane, “Texas Attacker Left Trail of Extremist Ideas on Twitter,” New York Times, 5 mai 2015.

[xi] Anne Barnard, “Hezbollah Deploys Weapon, a Press Tour, on the Syrian Front », New York Times, 16 mai 2015.

[xii]Mark Tran, “Manageable Chaos in Iraq Suits Iran,” The Guardian, 10 avril 2008.

[xiii]“Iran’s Rouhani Slams US Plot to Break Up Iraq,” Tasnim News, 13 mai 2015; Iraqi PM Underlines Further Consolidation of Ties with Iran, Fars News, 24 mars 2015.

[xiv]Joe Parkinson, “Growing Kurdish Unity Helps West, Worries Turkey,” Wall Street Journal, 22 octobre 2014; Bashdar Pusho Ismaeel, « Is it Time for Rojava and Kurdistan Region to Unite Against Common Enemy? » Rudaw, 27 juillet 2014; Ofra Bengio, “The Islamic State: A Catalyst for Kurdish Nation-Building,” Tel Aviv Notes 8, no.18 (octobre 2014).

[xv]Cette estimation est prudente, surtout parce qu’elle inclue seulement les réfugiés enregistrés à l’UNHCR. Elle signifie cependant que globalement une personne sur dix en Jordanie est, en fait, syrienne. Voir: “Syria Regional Refugee Response,” Inter-agency Information Sharing Portal, UNHCR (dernière mise-à-jour 28 mai 2015); “External Statistical Report on Active Registered Syrians », UNHCR, 2 mai 2015.

[xvi]Ce nombre ne prend pas en compte les quelque dix mille réfugiés palestiniens de Syrie qui ont demandé de l’aide en Jordanie. Voir: “Where we work,” UNRWA. Voir aussi: “Jordan UNHCR Operational Update”, UNHCR (Avril 2015).

[xvii]Zvi Bar’el, “King Abdullah Struggles To Keep a Lid on Jordan,” Haaretz, 23 mai 2015; « In Jordan’s Southern City of Ma’an, An MP’s Resignation Was Very Welcome, This Is Why, » al-Bawaba, 19 mai 2015.

[xviii]En fait, l’ancien chef de l’IQA, Abou Moussab al-Zarqaoui, tirait son nom de guerre du nom de sa ville natale jordanienne. Voir Ben Hubbard: “In Jordanian Town, Syrian War Inspires Jihadist Dreams”, New York Times, 12 Avril 2014.

[xix]Al-Urdun Akhbariya, le 23 Septembre 2014.

[xx] Entre autre, le roi Abdallah s’est adressé à la nation habillé en combinaison de vol, citant avec colère la vengeance du film de Clint Eastwood, Unforgiven, et a ordonné l’exécution de deux terroristes condamnés. Voir « Jordan King Cites Clint Eastwood En revanche Vow, » Al-Arabiya, le 5 février 2015; “Jordan Executes Convicted Jihadists After Pilot’s Death,”BBC News, 4 février 2015; Maria Abi-Habib et Suha Ma-ayheh, “Jordanian Opposition to Fight Against Islamic State Grows More Vocal,” Wall Street Journal, le 2 Février 2015.

[xxi]En fait, les considérations ethiques sont présentes à tous les niveaux de la prise de décision au sein du gouvernement irakien : un plan visant à armer et entraîner les tribus sunnites sur une plus grande échelle pour la lutte à al-Anbar a été abandonné en raison de l’opposition des dirigeants chiites. Voir Tim Arago, “Key Iraqi City Falls to Isis as Last of Security Forces Flee,” New York Times, le 17 mai 2015; “Iraq’s Ramadi falls to ISIS after army deserts city,” Al Arabiya, le 17 mai 2015.

[xxii] Sally Hayden, “Islamic State Now Controls 50 Percent of Syria After Seizing Palmyra,” Vice News, 21 mai 2015.

[xxiii]Cela ne veut pas dire que cette retenue ait été complète; des centaines de civils auraient été tués, certains parce que leurs magasins étaient ornés du drapeau syrien à deux étoiles. Voir Robert Fisk, “Isis Slaughter in the Sacred Syrian city of Palmyra: The Survivors’ Stories,” The Independent, 5 Juin 2015.

[xxiv]Aaron Zelin, “The Islamic State of Iraq and Syria Has a Consumer Protection Office,” The Atlantic, 13 Juin 2014; Anne Barnard et Hwaida Saad, “ISIS Alternates Stick and Carrot to Control Palmyra,”, New York Times, le 28 mai 2015; “Islamic State settles into Ramadi, but the lull unlikely to last,” Reuters, le 29 mai 2015.

[xxv]Erevan Saeed, “Time to Rethink US Policy in Iraq,” Rudaw, le 26 mai 2015.

[xxvi]“Obama, Biden Tell Kurdish Leader US Stands By Unified Iraq,” Associated Press, le 5 mai 2015; Diyar Aziz, « Barzani: Kurdistan Independence Will Come, » Basnews, le 7 mai 2015.

[xxvii] Charles M. Blow, “It’s a Mad, Mad, Mad, Mad World,” New York Times, le 11 septembre 2013.