Nos maîtres dans le Talmud (Arahim 16b) nous empêchent de minimiser les effets dévastateurs de la médisance. Le terme hébreu pour parler mal des autres est Lashon hara, littéralement « mauvaise langue ».

Il est intéressant de noter que la Torah qualifie de « mauvaise langue » tout ce qui est négatif, même si cela est vrai. (La médisance, malfaisance ou fausse information est appelée Motzi Shem ra, littéralement « donner un mauvais nom »). Ceci est particulièrement honni dans le judaïsme, tant dans la Bible hébraïque que dans la littérature rabbinique.

Les êtres humains ont une capacité unique, la Parole, c’est-a-dire la faculté de transmettre idées et sentiments par des mots. Elle peut être une immense bénédiction, mais peut tout aussi bien se révéler l’outil parfait pour abuser l’autre ou le dénigrer.

Il arrive parfois qu’on dise quelque chose de négatif sur une autre personne sans réelle intention de nuire. D’après la Torah, celui qui parle de cette façon n’est pas considéré comme holekh rakhil (colporteur de commérage) car son intention et ses propos sont clairement sincères et positifs.

Mais toujours est-il que ce genre de propos est toujours considéré comme de la poussière de lashon hara répandue par négligence.

Une forme courante de « lashon hara positif « , c’est lorsqu’on fait sincèrement l’éloge de quelqu’un mais qu’on fait en même temps allusion à ses défauts.

Rabbeinou Yonah de Gérone dans son Sha’arei Teshouva dit qu’il faut juger autrui de manière favorable (cf. Avot 1,6), même avec des mots appelés « lashon hara positif  » – cela peut toujours être considéré comme du « lashon hara« .

L’idée qui se cache derrière est le fait même d’ajouter le terme , « positif », ajoute la sensation que la chose n’est pas véridique ou avérée d’une part et ainsi peut encourager voire inciter d’autres a participer a cet environnement malsain qu’est en réalité le « lashon hara« . Point.

Ces propos doivent être clairs car il règne dans certains cercles un esprit malsain qui tend a croire que la mauvaise langue permet toutes les dérives et refléterait une certaine justification… conception a bannir.

Cette recherche du sens et de l’ajout du terme « lashon hara positif » est née d’un besoin personnel de répondre de manière irréfléchie aux questions fréquentes des étudiants lors de discussions.

C’est parce que le « lashon hara positif  » porte parfois un déguisement appelé « réalité ». Il est facile de se persuader qu’on est « juste réaliste » et qu’on n’agit qu’en fonction de cela, et on y croit !