Une fois de plus le chaos semble régner au Moyen Orient

La région semble orpheline de l’empire Ottoman qui par sa domination sans partage sur tous les pays avait réussi à imposer une « Pax Ottomane ». Pas ou peu de conflits entre chiites et sunnites , pas de problème palestinien, pas ou peu de conflits de frontières, certes quelques razzias mais le Moyen Orient vivait une période de « stabilité » relative.

Est ce pour cela que tous cherchent à reconstituer leurs empires ?

  • Russe au Nord, Ottoman un peu plus au sud et Perse à l’est, chacun cherche à annexer le maximum de territoires ou à étendre son influence pour reconstituer ces empires perdus.

Et à ce bal s’invitent aussi l’empire de l’oncle Sam, un peu en recul, un peu désorienté qui préfère le commerce à la géopolitique et celui du Milieu qui trop longtemps absent se contente de jeter des jalons (encore que les déclarations récentes de Pékin sur la résolution du conflit israélo – palestinien laissent entrevoir bien plus que de la figuration).

Certes l’empire britannique a définitivement disparu, au même titre que l’empire français (mais qui sait, l’Europe pourrait se sentir des velléités ?).

Ces efforts impérialistes d’un nouveau genre font comme toujours des dégâts collatéraux et comme dans la région on ne « mégote » pas les victimes se comptent par centaines de milliers.

  • Avec beaucoup de sagesse la Torah parle abondamment des empires.

Le livre de Daniel, rédigé en exil à Babylone après la destruction du Temple en – 586, décrit une sorte de classification des empires terrestres, sous deux formes différentes.

  • Tout d’abord, dans le rêve du Roi Nabuchodonosor, apparaît une statue géante dont la tête était d’or, le torse et les bras d’argent, le ventre et les cuisses d’airain, les jambes de fer et les pieds en partie de fer et en partie d’argile. Soudain une pierre se détache, sans l’aide d’aucune main, et heurte la statue aux pieds. Elle s’écroule et le vent disperse ses débris tandis que la pierre devient une grande montagne qui remplit toute la terre.C’est le géant mythique aux pieds d’argile.
  • La seconde met en scène 4 créatures : Le Lion symbolisant Babylone, l’Ours l’empire Médo-Perse, le Léopard ailé aux quatre tètes représentant l’empire Grec d’Alexandre et enfin un Animal inconnu correspondant à l’Empire Romain et à son successeur lointain les États Unis.

Ces quatre Empires constituent une typologie des formes du Pouvoir politique et explicitent un des aspects essentiels des ressorts de la gouvernance.

Selon Rachi penseur juif natif de Troyes «L’Empire babylonien est fondé sur la volonté de puissance et se traduit par une soif de pouvoir et de domination. Cet élan dynamique et spontané s’emploie à briser toute résistance afin de s’assurer non pas de la destruction de l’autre, mais de sa soumission. Lion avec ailes d’aigle, Tête d’Or : grandeur et orgueil de la puissance »

Le second Empire, illustré par l’Ours, sa proie entre les dents, correspond à la Mèdie et la Perse matérialiste. Ces pouvoirs fondés sur l’avidité et la cupidité privilégient l’avoir sur l’être et concentrent toute leur activité sur l’acquisition et l’accroissement insatiable de la puissance matérielle.

A ces empires sanguinaires succède la Grèce patrie de l’Esprit et des Arts, inventeur de la démocratie et de la philosophie. L’empire d’Alexandre est considéré avec bien plus de bienveillance.

Cependant Franz Rosenzweig a bien éclairé la prétention générale de la philosophie de «l’Ionie à Iéna ». Si la sagesse se définit par la connaissance et requiert un accord universel sur la vérité, elle incline à imposer un totalitarisme. Elle implique un pouvoir de domination, une volonté de puissance qui mène à l’idéologie et tombe dans la rhétorique.

Le quatrième empire, représenté par une bête à dix cornes extraordinairement forte avec des dents de fer qui brisent tout, réalise la synthèse des trois précédents : un lieu hégémonique où la volonté de puissance dans son désir effréné de domination absolue devient incisive, agressive et destructrice.

Les puissantes « dents de fer » dévorent et broient impitoyablement tout ce qu’elles trouvent. Alors que les trois premiers empires étaient fondés sur une faculté humaine positive et seul l’excès et l’exclusivité les transformaient en un système condamnable, le quatrième Empire est pure négativité. Il conduit à une décomposition de l’humain.

Chacun pourra juger du bien-fondé de cette typologie.
Que sont devenus ces empires ?
Dans un manque de discernement géostratégique criminel, les États unis, avec souvent l’aide de leur allié indéfectible Israël, ont définitivement effacé Babylone-Irak de la carte en permettant sa quasi-annexion par la Perse qui a désormais pris le nom de la patrie des Aryens : l’Iran

Cette Perse1, qui a connu une longue éclipse, mais une fois encore grâce à l’aveuglement de la bête aux dents d’acier, joue à nouveau un rôle majeur au Moyen-Orient.

Elle a inspiré bien des auteurs et reste un empire légendaire dans la culture occidentale au même titre que l’empire des Pharaons (dont la torah ne fait pas mention car il est la matrice du peuple juif)

L’empire de Zarathoustra, longtemps ensommeillé, s’est réveillé en 1979 chiite aux mains des Mollahs et des Ayatollahs. Le Shah Reza Pahlavi, plutôt agnostique2, qui se voyait la réincarnation du Grand Cyrus avait longtemps joué de l’opposition entre communistes et chiites pour rester au pouvoir.

Mais son principal soutien américain pour éviter une succession difficile (le Shah était atteint d’un cancer incurable) l’a brutalement «lâché» espérant ainsi porter au pouvoir une démocratie moderne, c’était une fois de plus faire preuve d’une grande naïveté.

L’Ayatollah Khomeiny, un vieillard en exil en France, profitant des divisions du camp modéré et de l’opposition des communistes, a raflé la mise. Les Gardiens de la Révolution Pasdarans et les Basijis (version persane des soviets) ont installé une cleptocratie3 au sein de laquelle une vingtaine de milliers de personnes, liées au clergé officiel et à ses forces armées, possèdent toutes les richesses du pays.

Le premier État terroriste était né face au «complot international » et à la persécution des chiites 4

L’acte fondateur fut la prise d’otages de l’ambassade US, puis ce fut la guerre contre l’Irak premier conflit d’une longue série opposant Chiites et sunnites. Selon certains, cette guerre, durant laquelle l’Iran reçut le soutien d’Israël, (une des erreurs stratégiques israélo-américaines avec entre autres la création du Hamas et l’armement d’ Al Quaida ), fit au moins un million de morts de chaque coté. Un carnage comparable à la Grande Guerre de 14-18. Bienvenue dans la Barbarie !!! Daech a été à bonne école ! Puis ce furent les attentats à Paris contre l’allié d’hier enfin conscient de son erreur.

«La religion de la passion et du mystère», selon l’historien André Miquel, muselée par le shah ressuscitait l’empire de l’Ours et allait reprendre ses conquêtes.

Certes les mesures d’embargo, appliquées à l’initiative des USA allaient toucher durement le pays, mais c’était sans compter la fierté du peuple Parsi et la puissance du clergé chiite.

La folie de Saddam Hussein et la stupidité de la diplomatie américaine allaient offrir à l’empire de l’Ours, à travers les deux guerres d’Irak, l’opportunité d’annexer de fait l’ancien Empire Babylonien.

Ne restait plus au nouvel empire Perse, dont les réserves de gaz et de Pétrole étaient restées intactes en raison de l’embargo, qu’ à se trouver un second débouché sur la mer Méditerranée en plus de celui du détroit d’Ormouz.

Opportunément la première aventure libanaise d’Israël ( celle de Sharon et du tristement célèbre massacre de Sabra et Chatila commis rappelons le par des milices chrétiennes) constituait l’occasion rêvée pour le Hezbollah armé et soutenu par les Pasdarans de Qassem Souleimani de prendre sans le dire le pouvoir dans un Liban exsangue après une guerre civile largement provoquée par les réfugiés palestiniens.

Attentats contre les forces françaises, contre les forces américaines, contre les forces internationales, les faits d’armes de l’organisation, qui a fait allégeance à l’Ayatollah Khomeiny et à ses successeurs ne se comptent plus.

Le fiasco de l’opération «Juste Rétribution5 » va définitivement consacrer en 2006 le Hezbollah comme la principale force armée du Liban et permettre à la Petite Suisse du Moyen-Orient de connaître un semblant de Paix.

De quoi doit-on le plus s’étonner? De l’incroyable détermination des Iraniens ? Ou bien de l’incroyable maladresse des puissances occidentales et de leurs alliés ?

D’ores et déjà, l’empire a essaie de créer deux axes chiites , l’un vers l’Ouest et la Méditerranée (Irak, Syrie et Liban) future voie préférentielle d’exportation du gaz iranien vers l’Europe et l’autre Nord Sud, de la mer Caspienne au détroit d’Ormouz pour les exportations vers l’Asie.

Pour dégager ce second axe, l’Ours chiite a provoqué une guerre civile au Yémen6. Elle constitue désormais une nouvelle étape dans la reconfiguration de la région au prix de tombereaux de victimes.

Les chiites sont minoritaires dans la région –ils représentent moins de 10% des 1,2 milliard de musulmans dans le monde. Les musulmans chiites forment 98% de la population iranienne; 75% de la population du Bahreïn; 54% de celle d’Irak; 30% de celle du Liban, 27% des Émirats, 25% du Koweït, 20% du Qatar et 10% d’Arabie saoudite.

Passé maîtres dans l’art de la dissimulation, « la taqiyya », les chiites iraniens ont développé selon Antoine Sfeir «une justification théologique de leur mise à l’écart: leur pouvoir est occulté».

Bien que très minoritaires numériquement , les forces chiites disposent d’un rapport de conviction très favorable vis a vis de leurs ennemis sunnites. Seuls les Kurdes animés par la volonté de créer un État disposent d’un niveau de conviction équivalent.

  • L’autre Empire, acteur majeur de la crise moyen orientale, est le rejeton du grand Empire ottoman.

Les ambitions de Recep Tayyip Erdoğan, le maître incontesté du nouveau Califat Ottoman, se heurtent à plusieurs obstacles majeurs : l’expansion chiite et le Nationalisme kurde.

A ces deux résistances externes s’ajoutent une opposition démocratique interne forte malgré les menées dictatoriales du pouvoir. L’armée, maintes fois purgée de ses éléments démocratiques, reste probablement encore profondément attachée à l’image laïque qu’elle a porté dans le passé récent.

Le parti Sunnite au pouvoir, proche des Frères Musulmans de Hassan El Bana, dont un des disciples Mohammed Morsi fut au pouvoir en Égypte en 2011, se sert de la menace chiite pour réprimer toute velléité de Démocratie, cependant, le pays est jeune, riche, industrialisé et son système éducatif est performant, il est membre du G20 et se considère comme la puissance régionale dominante.

Pour l’instant, Erdoğan n’a pas réussi à s’affranchir de la démocratie et disposer de tous les leviers du pouvoir, ce que son rival chiite a accompli en s’appuyant sur un clergé tout-puissant pour encadrer une armée toute dévouée.

Allié à son voisin russe , point de passage de gazoducs et d’oléoducs le nouveau califat ottoman (tout en restant dans l’OTAN) tire profit d’une position géostratégique majeure.

Si Erdoğan joue habilement des divisions de l’Europe, qui a cruellement besoin de son aide dans la gestion des réfugiés, il a beaucoup plus de mal à aller à l’encontre des intérêts américains et sa marge de manœuvre vis à vis de Washington reste très limitée.

Il est probable que le nouveau potentat ottoman est plus préoccupé par le leadership sunnite que par une confrontation avec son rival perse. D’autant qu’une telle confrontation, souhaitée par aucun des deux protagonistes majeurs, serait d’une issue très incertaine et les affaiblirait durablement tous les deux.

L’Empire-Califat Ottoman n’est donc pas pour l’instant celui qui fera barrage à l’expansion iranienne, bien au contraire, tout ce qui nuira aux potentiels leaders du monde sunnite, Arabie Saoudite en tète ne peut que le renforcer.

D’autant que, l’enlisement de l’Arabie Saoudite au Yémen démontre que les forces militaires saoudiennes ne sont pas à la hauteur des ambitions du prince héritier MBS7.

  • Jusqu’ à présent les Mollahs ont tiré un parti maximum de la recomposition régionale, en même temps ils ont tout fait pour ne jamais s’opposer frontalement aux États Unis et la levée de l’embargo qui étranglait l’économie iranienne reste vitale pour eux (or rien n’interdit à Trump de traîner dans la suspension des sanctions et de s’opposer à l’accord sur le nucléaire).

Globalement, cette progression des chiites iraniens, ne manque pas d’inquiéter Israël. En s’installant durablement en Syrie et au Liban et en infiltrant les réseaux gouvernementaux aux portes de l’Etat sioniste, le nouvel empire Perse représente une menace immédiate.

Alors que les découvertes gazières et pétrolières au Liban étaient l’occasion de définir enfin des frontières stables8, la passivité américaine conduit à un affaiblissement du pouvoir libanais. L’armée libanaise attend toujours les armes promises par Obama et reçoit a la place de vieux coucous.

On le sait maintenant, Donald Trump se désintéresse de la politique internationale pour 3 raisons :

  • parce que le personnage qu’il a construit est censé ignorer les finesses de la diplomatie,
  • parce que les effets de la politique internationale sont à moyen voire à long terme
  • parce que la pratique de la diplomatie suppose des compromis et une concertation

Or, recherchant des résultats à court terme et ne dépendant que de la seule action des États-Unis, toute planification politique lui est totalement étrangère. Il a substitué à un stratégie globale, une approche au jour le jour qui décrédibilise totalement l’action des États-Unis au Moyen-Orient et laisse les mains libres à Poutine.

Vis-à-vis de l’allié israélien qui réclamait une zone tampon démilitarisé de 20 km au Golan, le Président américain a fait preuve d’une telle mollesse que cette zone a été ramenée a 5 km , la rendant totalement inopérante9.

Cette passivité, qui se manifeste aussi par l’absence de soutien au Premier ministre libanais10 Saad Hariri, ne laisse pas d’inquiéter et de relancer les hypothèses d’un nouveau conflit avec le Hezbollah. Les dirigeants israéliens sont clairs :« Israël s’occupera de ses propres intérêts et maintiendra ses propres lignes rouges. Cela pourrait effectivement conduire à des frictions avec les Iraniens et le Hezbollah»

Les États-Unis d’Obama se sont discrédités par manque de courage et en voulant se désengager à tout prix, désormais c’est par défaux de vision stratégique qu’ils restent passifs. Passifs devant l’opposition Arabie Saoudite-Qatar, passifs devant le devenir du Kurdistan.

Comme le montre la déclaration du chef d’État-major israélien, Gabi Eizenkot, ils laissent faire les Saoudiens et les israéliens. Ils laissent se développer les rumeurs sur une attaque concertée des Israéliens contre le Hezbollah et d’une offensive saoudienne simultanée contre les Iraniens.

Mais quel intérêt pour Israël de déclencher les hostilités ? Comme le dit Eizenkot :«Le plan iranien consiste à contrôler le Moyen-Orient au moyen de deux croissants chiites. Le premier de l’Iran à travers l’Irak en passant par la Syrie et le Liban, et le second de Bahreïn jusqu’au Yémen et la Mer Rouge.

C’est ce qu’il faut éviter dans la région. Israël n’est pas intéressé par une guerre maintenant avec le groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran, le Hezbollah, malgré les tentatives iraniennes pour provoquer une escalade».C’est une fin de non-recevoir pour les milliards saoudiens. Cela ne veut pas dire que l’État-major israélien reste passif.

Un centre de recherche militaire syrien11 a été détruit dans la nuit du 7 septembre lors d’un raid aérien attribué à l’aviation israélienne.

Le 2 décembre, les médias syriens ont annoncé que l’armée de l’air israélienne avait attaqué une base iranienne à la périphérie de Damas ( la base d’al-Kiswah, à 15 km au sud-ouest de Damas et à 50 km des hauteurs du Golan), comme Tsahal en a pris l’habitude c’est un signal clair précisant les lignes rouges qui ne doivent pas être dépassées.

Les destinataires de ces signaux sont les présidents iranien, russe et turc qui se concertent et sont sur une position commune (réunion de Sotchi le 22 Novembre dernier).

  • L’empire russe quant à lui, réalise son rêve tsariste d’un débouché en méditerranée.

Il semble maîtriser totalement sa stratégie du chaos: «Ne jamais aller trop loin dans l’escalade tout en exploitant le moindre avantage».

Ses objectifs de confinement de Daech, de protection des chrétiens d’Orient et de défense de ses intérêts énergétiques (la découverte de gisements dans les eaux territoriales israéliennes, libanaises et chypriotes n’est sans pas pour rien dans son soutien au Hezbollah) sont pour l’instant atteints. Bien plus, la Turquie et même Israël, face à l’inconnue de la politique américaine, semblent objectivement lui laisser les coudées franches.

  • L’empire chinois, plus préoccupé par ses intérêts économiques dans la région que par une position dominante reste neutre.

Cependant, les dernières déclarations de l’Empire du Milieu sur sa future implication dans la construction d’une solution durable au conflit israélo-palestinien laissent présager un virage stratégique des Chinois dans leur politique moyen orientale.

Alors une fois de plus, la situation proche orientale semble inextricable.

Quelles sont les évolutions possibles ?

L’arc perse reste de fait très fragile et précaire : il suffit qu’un jalon casse pour que l’édifice s’écroule. La coalition des rebelles Yéménites se fissure et semble permettre aux Saoudiens de prendre un avantage longtemps espéré. La mort de Abdallah Saleh sera-t-elle de nature à changer les choses ? Serait-ce le caillou providentiel qui va abattre le colosse aux pieds d’argile ?

Surtout dans le dossier kurde personne ne sait ce que sera la position de Trump et encore moins comment elle s’appliquera. Après la victoire massive au referendum (92% des Kurdes irakiens ont voté «oui» au référendum) que va-t-il se passer ?

Nombreux sont ceux qui militent pour la création d’un Kurdistan indépendant notamment en Europe et surtout Israël, fortement implanté déjà à Erbil et Suleimanieh et qui verrait d’un bon œil la constitution d’un État allié au Nord de l’Irak et la coupure de l’axe chiite.

Si l’administration américaine appuie cette création en récompense des loyaux services rendus par les troupes kurdes dans la lutte contre Daech, alors Erdoğan aura énormément de mal à s’opposer à ce qui sera un fait accompli.
Alors, pourra-t-on parler de La Résistible Ascension des chiite iraniens ?

1Convoitée, cette région a été conquise par Alexandre le Grand au iv siècle av. J.-C., par les Parthes dans la seconde moitié du iii siècle av. J.-C., par les troupes musulmanes au vii siècle, par Gengis Khan au xiii siècle, par Tamerlan au xiv siècle. Les Iraniens continuent aujourd’hui à parler persan et à célébrer les fêtes religieuses zoroastriennes qui se sont ancrées dans le patrimoine culturel au fil des siècles. Au iii siècle, sous la dynastie sassanide, apparaît le mot Ērān ou Ērānšahr, qui signifie « pays des Aryens ».

2 Pour se démarquer des Ottomans sunnites, la dynastie perse a instauré le chiisme comme religion d’État, fait du perse la langue officielle (contre l’arabe et le turc) et créé un clergé l’Etat composé de juristes et de théologiens, devenu de plus en plus puissant dans un pays dont les mollahs sont encore les maîtres.«Depuis le XVIe siècle, l’Iran est en quelque sorte le Vatican du chiisme», explique l’islamologue Antoine Sfeir, dans son livre de référence L’islam contre l’islam (Grasset. 2014).

3selon les termes de René Soued

4 Le chiisme désigne les partisans d’Ali, cousin et gendre de Mahomet, époux de sa fille Fatima, qui revendiqua le califat, à la mort du prophète.

5 Israël décide, en 2006, à la suite de l’enlèvement d’un soldat par le Hezbollah, de lancer l’opération «Juste Rétribution» renommée depuis « Changement de Direction », qui s’étend sur tout le Liban hormis le Chouf, fief traditionnel des druzes. Pour Israël, il s’agit d’éradiquer les implantations du Hezbollah au Liban, capables de tirs de missiles, nombreux et de longue portée depuis le retrait israélien de 2000 décidé par Ehud Barak et qui fait usage de ses roquettes contre le tiers nord du territoire israélien (région de Haïfa).

6La guerre civile yéménite oppose depuis 2014, les rebelles chiites Houthis et les forces fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh (mort le 4 décembre) au gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, élu en 2012 à la suite de la révolution yéménite et du départ du président Ali Abdallah Saleh. Le conflit s’est internationalisé en mars 2015 avec l’intervention de nombreux pays musulmans sous le leadership de l’Arabie Saoudite.

7MBS Mohammed Ben Salman, le prince héritier saoudien qui de fait gouverne d’ores et déjà le pays voudrait mettre en œuvre une véritable révolution pilotée par un régime autoritaire pour transformer son pays, organiser l’après pétrole et peser au plan régional. et se débarrasser d’un clergé wahhabite encombrant.

8Les frontières qui avaient faits l’objet d’un accord en 1982, n’ont jamais été entérinées par le parlement libanais. Il s’ensuit que le litige sur les frontières maritimes correspond à des réserves gazières représentant plusieurs milliards de $

9Voir le blog Temps et Contretemps

10 L’armée libanaise qui avait commencé à se structurer et à s’équiper a été oubliée. Le matériel de haute technologie ne lui a pas été livré et seuls quelques vieux coucous ont atterri dans les bases libanaises.

11A ce sujet voir l’article très documenté de Jacques Benillouche sur le blog Temps et contretemps https://benillouche.blogspot.fr/2017/12/la-syrie-ignore-les-avertissements.html#more