L’islam se considère comme la vraie religion. Il tolère cependant la présence des peuples du livre, les juifs et les chrétiens, moyennant une taxe spéciale et un statut second. Tant que le statut de leurs minorités a été interprété avec souplesse, les pays arabes ont pu prospérer. Ce fut dans une Espagne ouverte où les diplomates, les généraux et les ministres pouvaient être musulmans, chrétiens ou juifs que s’est développé l’un des grands moments des civilisations que l’on a qualifié d’âge d’or.

Les pays arabes sont les héritiers de cette civilisation épanouie des Maures du Moyen-âge. Après la découverte de l’Amérique par les Européens, cette civilisation a régressé en tombant dans la léthargie et dans l’immobilisme. La reprise de contact avec l’Europe quatre siècles plus tard fut brutale : la conquête de l’Algérie, le démantèlement de l’Empire ottoman ont montré la supériorité technique et militaire de l’Occident.

La réaction arabe au contact renouvelé avec les Européens alla du rejet total de l’Occident et des valeurs qu’il représente à l’appel au progrès et à la modernisation des sociétés arabes.

Les interprétations orthodoxes de l’islam rejettent les autres expressions de l’islam qui ne cadrent pas avec leur credo. La renaissance d’Israël est perçue comme un revers de l’islam.

Le panarabisme n’a généralement pas voulu faire de place aux droits de ses minorités. Le sort des minorités juive, kurde ou kabyle a connu des moments dramatiques. Israël a servi de motif de mobilisation des masses. Nasser en fit son cheval de bataille panarabique et échoua.

C’est au tour de l’Iran chiite de brandir le drapeau anti-israélien pour ses propres visées hégémoniques sachant qu’il fait encore effet sur les masses arabes. C’est ainsi que l’Iran a réussi à déstabiliser encore plus la région et a accéléré la destruction de la Syrie, de l’Irak et du Yémen, Obsédée par sa lutte contre l’affirmation kurde, la Turquie d’Erdogan participe au hallali.

Établir des mesures de sécurité au mont du Temple est tout ce qu’il y a de plus sensé, d’autant plus que des armes y ont été cachées. Ces mesures existent dans les pays musulmans. Mais, derrière les manifestations récentes visant à faire revivre les guerres de religion, se cachent d’autres motivations.

Les pays sunnites ont compris qu’ils avaient besoin d’Israël pour parer à la menace iranienne. La collaboration militaire entre l’Égypte et Israël est à son meilleur. Les pays du Golfe et l’Arabie s’affichent de plus en plus aux côtés d’Israël. C’est la raison pour laquelle les radicaux de l’islam, l’Iran et la Turquie essaient d’agiter le spectre de la guerre de religion pour miner le rapprochement entre Israël et les pays sunnites du Golfe et déstabiliser encore plus les pays sunnites.

Le sort des Juifs des pays arabes a varié selon les pays. Il fut dramatique en Irak. Les Juifs d’Égypte eurent 24 heures pour quitter le pays. D’autres pays arabes ont tenté une approche différente. Le Maroc et la Tunisie ont été conscients de ce que l’ostracisme à divers degrés envers leur minorité juive leur a fait perdre l’apport culturel et économique essentiels de leur minorité juive. Ces pays doivent cependant composer avec un islamisme radical ou un panarabisme présent en leur sein. Ils entretiennent des rapports officieux avec Israël alors qu’une collaboration ouverte permettrait d’accélérer leur développement. Le non-dit est encore de rigueur dans les pays arabes, ce qui facilite les efforts de déstabilisation des islamistes et des gouvernements iranien et turc.

Les moyens utilisés pour lutter contre Israël furent nombreux : boycott économique, guerres, propagande haineuse, et prise en otage de l’agenda des Nations unies et de l’UNESCO pour faire passer des résolutions des plus insensées.

Envers et contre tout, Israël continue de prospérer. Le président Sadate a balayé les tabous en établissant la paix entre Israël et l’Égypte. Il n’en tient qu’aux autres de suivre son exemple pour le bien même de l’ensemble des pays belligérants.