Une fois de plus, Laurent Zecchini, correspondant du Monde à Jérusalem, nous livre son compte-rendu déformé par les lunettes de l’antisionisme et de la haine.

Qu’il ne soit pas d’accord avec la droite israélienne, c’est son droit le plus inaliénable. Mais que ce qu’il écrit se limite systématiquement à un morceau de propagande au langage Orwellien est une faute professionnelle des plus graves.

Ainsi, nous apprend-on qu’une « fièvre nationaliste » s’est emparée de la ville. Surement une tentative de jeu de mot avec le syndrome de Jérusalem. Quoi qu’il en soit, la fièvre, ce mal aussi irrationnel que spontané, aurait frappé.

Mais comme la fête/jour de Jérusalem (yom yeroushalaim) est inscrite dans le calendrier national et est célébrée systématiquement depuis 47 abs, Zecchini ressemble à un Candide qui se serait perdu dans n’importe quel village de France un 14 juillet. Quoi, des pétards ? Des drapeaux ? Diable, la population serait-elle devenue folle ? Peut-être que le journaliste, en place depuis au moins trois ans, vient de se réveiller et de prendre conscience de l’existence même de cette fête ?

Tentant donc de justifier l’existence même son papier le correspondant nous précise l’exceptionnalité de ce qui vient de se passer.

Apparemment cette année l’évènement fut particulièrement fort. Ça n’a frappé personne à part lui mais soit. Des chiffres de participation, de débordements, de quelque élément que ce soit qui justifierait le terme de « fièvre » ? Que nenni voyons, les chiffres ça fait mal à la tête, que le peuple s’en passe.

Tout ce que nous saurons c’est que les « israéliens » se sentent « libérés » par l’échec des négociations… et chantent donc surement un peu plus fort que d’habitude ? En Israël justement, même dans les journaux gratuits les plus bas de gamme on ne se permet pas de telles généralisations : cela ferait-il sens si l’un d’entre eux écrivait que « les français se sentent libérés » par l’abandon de l’écotaxe par exemple ? Quid de : « les français sont des fachos fans de Marine Le Pen »? Un soupçon de nuance dans votre café ce matin peut-être, pour changer ?

Revenons-en à la fièvre. Ce qu’on peut deviner entre deux lignes c’est que les seules violences graves qui se sont produites sont le fait de « jeunes palestiniens » [= payés par le Hamas] sur l’esplanade des mosquées/mont du Temple.

Petit « oubli », ces violences sont systématiques dès lors qu’un peu plus de juifs demandent à accéder au lieu le plus saint du Judaïsme, sur lequel ils n’ont pas droit de prier, se prosterner, chanter ou danser, sur ordre de la police israélienne, et ce justement afin d’éviter les « provocations » dont nous parle Zecchini. Ces « provocations » se limitent donc à la rue principale du quartier musulman, traversée par le cortège, au coût de la fermeture des magasins de ladite rue.

A ce sujet, je voudrais nuancer : je pense sincèrement qu’au vu de l’étroitesse de la vieille ville, n’importe quelle autorité préfectorale française en ferait de même afin de s’assurer du bon déroulement d’une procession de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Après tout, n’importe quelle course donne aussi lieu à des restrictions à la vie quotidienne.

D’un autre côté, je refuse de rentrer dans le jeu propagande/contre-propagande: il est indéniable que la « danse des drapeaux » (ainsi qu’est baptisée la manifestation, ça « sonne plus joli » en hébreu) donne lieu à des débordements de type nationaliste, quand des lycéens juifs se sentent suffisamment en position de force pour, une fois l’an, insulter à souhait l’autre dans un endroit dans lequel la plupart d’entre eux n’oserait pas passer le reste de l’année.

Passons en au volet politique que chaque article sur Israël, quel que soit le sujet originel, ne manque pas de comporter. Alors que n’importe quelle position de droite est stéréotypée et qualifiée en paquet de « jusqu’au-boutiste » parce qu’elle ose briser le tabou des accords d’Oslo, Frej, député du parti de la gauche la plus radicale Meretz est caché derrière la grande banière de la « gauche ».

Sauf que ce matin encore Ytzhak Herzog, le président du part travailliste à la tête de l’opposition de gauche, tenait un discours très différent, ridiculisant la volonté de Meretz de supprimer la jour de Jérusalem, et reconnaissant au fond que la gauche avait fait une erreur en abandonnant la ville et sa fête à la droite.

S’il voulait vraiment être journaliste et pas idéologue, Zecchini aurait pu reprendre à bon escient le jeu de mot sur le syndrome de Jérusalem en écrivant un papier il y a une semaine sur le festival de rue « Jerusalem Syndrom » où artistes et artisans en tous genres ont eux aussi attirés des milliers de personnes, prolongeant la fête dans la nuit par une série de concerts.

Ah, et si c’est la vieille ville qui le fascine il aurait pu écrire un papier il y a deux mois sur un autre festival de musique, qui a réuni toutes les communautés, notamment juives et arabes, dans ce lieu si spécial. Mais non, Zecchini ne s’intéresse pas ça Jérusalem ou à ses habitants. Non, ce qui l’intéresse c’est la baston, casser de l’israélien. Et s’il est en manque de conflit il le créera de toutes pièces.

Pire, Zecchini est un bon maoïste : ses adversaires il ne les affronte pas sur le terrain des idées, il les fait passer pour des malades, c’est plus simple.

Et moi qui ne souffrais pas de fièvre, j’ai soudain mal à la tête quand je vois l’ampleur de la désinformation.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/05/29/une-fievre-nationaliste-s-empare-des-rues-de-jerusalem_4428788_3218.html