Donc voilà. Alors même que la guerre fait rage à la frontière nord d’Israël, que des populations entières sont persécutées, massacrées, déplacées et que des désormais réfugiés tentent de rejoindre par tous les moyens des terres plus paisibles, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté la résolution 2334.

Une résolution condamnant Israël en l’accusant d’être le seul obstacle à la paix en raison de la construction de colonies dans les territoires occupés depuis la Guerre des 6 jours, incluant Jérusalem.

14 pays. Aucun véto. Une abstention. Celle des États Unis, ou plutôt celle de l’Administration Obama. Un cadeau de départ.

D’aucuns pensent que cette résolution permettra de débattre de la question des colonies. Pourtant le débat ne se situe pas à ce niveau.

Cette résolution porte sur un conflit qui retient l’attention du monde depuis des décennies de façon quasi obsessionnelle tandis que des conflits bien plus meurtriers ensanglantent le monde dans un silence assez assourdissant.

Et cette résolution porte sur un conflit qui compte plusieurs protagonistes. Comme dans toute guerre. L’on peut se déclarer plus enclin à soutenir la cause de l’un ou de l’autre mais l’on ne saurait sans faire preuve d’une élémentaire mauvaise foi, considérer que ce conflit ne compte qu’un seul protagoniste.

Pourtant c’est ce que l’ONU a entrepris de nous faire croire.

L’absence de paix négociée ? La faute d’Israël. Les attentats ? Le terrorisme ? L’éducation à la haine des Juifs ? Les manuels scolaires qui glorifient les terroristes et effacent la carte d’Israël ? La faute d’Israël ?

Il n’est pas question ici d’absoudre ou de défendre la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahu, ou plutôt de son absence de politique étrangère mais d’évoquer les faits et l’Histoire. Même si les peuples et leurs leaders ont la mémoire courte et détestent que l’on leur rappelle le passé.

Pourtant ici, l’Histoire est à portée de pelle et s’impose à tous.

Et l’Histoire nous enseigne qu’aucun conflit, aucune guerre ne s’est mené sans la participation de plusieurs protagonistes. Que de n’en blâmer qu’un ne fait pas avancer la paix. Car in fine la paix se conclut peut-être entre leaders mais elle se vit entre peuples.

Et perpétuer le narratif qui fait des Juifs des intrus sur leur propre terre ancestrale et que toute résistance quelle qu’elle soit est légitime, ne fera que perpétuer le fameux cycle de la violence.

Expression favorite des médias qui ne fait qu’illustrer le refus systématique des protagonistes arabes à accepter toute paix avec leurs voisins juifs.

Car après avoir attendu 2000 ans, tourner ses prières vers Jérusalem, qu’ils soient laïcs ou religieux, les Juifs sont enfin de retour sur leur Terre. Et c’est cette simple équation que certains refusent.

Car finalement il n’est pas ici question de territoires. Mais bien de reconnaissance. Et les pays occidentaux qui s’évertuent à prétendre le contraire, peut-être par naïveté, peut-être par lâcheté, pourront organiser les plus grands sommets, les plus grandes conférences, ne parviendront jamais à réaliser le vœu que nous formons de ce côté de la Méditerranée.

Être un peuple libre en paix avec ses voisins.

Et à tous ceux qui vantent les mérites de cette résolution en y décelant une opportunité de « sauver Israël de lui-même », je recommande la lecture des écrits sionistes, fondement idéologique du pays.

Le sionisme, cette idée folle qui a rêvé que les Juifs seraient de nouveau des êtres libres maîtres de leur destin ne peut s’accommoder de ce genre de paternalisme occidental. Les pays occidentaux ont d’ailleurs fort à faire sur leurs propres territoires à en suivre l’actualité.

Et peut-être que lorsque les Palestiniens se débarrasseront des divers paternalismes dont ils sont l’objet, alors les conditions seront réunies pour avancer vers la paix.

D’ici là nous continuerons à regarder ébahis l’ONU, ce « machin », voter des résolutions nous niant tous nos droits.