Ces dernières semaines, des membres de la gauche israélienne et de nombreux commentateurs ou « expert » qui s’associent à elle dans le cadre de la campagne électorale israélienne actuelle en Israël ont accusé Netanyahou d’avoir mené Israël à une situation d’isolement sur le plan international.

Ces critiques ont porté essentiellement sur deux axes : le rapport entre Israël et les Etats-Unis et celui avec le monde arabe dans le cadre notamment de la lutte contre l’Iran.

Or, ces critiques ne sont pas fondées. Concernant les Etats-Unis, la récente visite de Netanyahou à Washington et le discours que celui-ci a tenu devant le Congrès américain offrent un démenti total d’une soi-disant destruction des relations entre Israël et les Etats-Unis.

Le premier ministre israélien a été écouté par un Congrès bipartisan réunissant plus de 90 % de ses membres et a reçu plus de standing ovation que le président Obama lui-même lors de son discours sur l’état de l’Union. Les relations économiques et industrielles entre les deux pays sont extrêmement fortes et tous les sondages démontrent la popularité d’Israël aux Etats-Unis qui jouit dans ce pays d’une image largement favorable depuis déjà de nombreuses années.

En fait, comme le rappelait encore récemment Aaron David Miller sur Politico, les relations entre Israël et les Etats-Unis sont « too big to fall ».

Il faut dire que ces relations sont à la fois profondes et complexes et s’établissent au-delà des crises qui peuvent parfois survenir entre leurs dirigeants (quel l’on se souvienne de la menace de « reassessment » vis-à-vis d’Israël du président Ford face à Rabin en 1975).

Ces relations découlent aussi bien d’intérêts stratégiques profonds (politiques, militaires, technologiques, industriels, renseignements), que de valeurs définissant, au-delà même de leur caractère démocratique commun, la perception d’une communauté de destin.

En réalité, le véritable problème n’est pas Netanyahou, mais Obama, comme l’a rappelé récemment avec justesse Mark Levin dans une interview à Israël Hayom. En réalité, c’est Obama qui a mis en péril toutes les alliances des Etats-Unis avec leurs alliés traditionnels.

Le commentateur américain Charles Krauthammer avait appelé cela la politique de la gifle. Tout au long de sa présidence, Obama a même engagé une attitude conciliante et de retrait (suivant une doctrine d’appeasement) face aux puissances rivales ou ennemies des alliés des USA (Russie, Chine, Iran, Turquie, Hamas, Autorité palestinienne,…) et ce, dès sa première année à la Maison Blanche.

Par exemple, en Asie, le Japon et la Corée du Sud sont profondément inquiets de la politique d’Obama, à la fois vis-à-vis de la Chine qui peut désormais étendre son influence sans encombre face aux autres puissances asiatiques, dont le japon et de la Corée du Nord, puissance nucléaire proliférante. Les Etats-Unis ont perdu toute crédibilité en Europe de l’est (Pologne, Pays Baltes, Ukraine…).

Au Moyen-Orient, on peut également citer tous les alliés arabes traditionnels des USA (Jordanie, Egypte, Arabie Saoudite). Au contraire, les Etats-Unis sous Obama se sont rapprochés du Qatar qui finance le terrorisme dans tout le Moyen-Orient.

Cela nous amène au deuxième plan de la critique adressée depuis plusieurs semaines à Netanyahou : le Premier ministre israélien ne serait pas à même de bâtir une coalition avec les pays de la région pour lutter efficacement contre la menace iranienne, arguant de son manque de crédibilité sur le dossier palestinien.

Le problème de cette critique, c’est que cette coalition existe déjà, à la fois face aux Iraniens, et face aux palestiniens, en particulier du Hamas. Concernant ce dernier, c’est apparu spectaculairement lors de la guerre de l’été dernier entre Israël et le Hamas à Gaza.

L’Egypte du général al Sissi a assisté de sa fermeté Israël face au Hamas. Mais une reconfiguration bien plus large s’est opérée ces dernières années en relation avec la politique d’Obama au Moyen-Orient, politique menaçant directement les régimes arabes sunnites dans sa volonté de se rapprocher de Téhéran.

C’est ainsi que plusieurs pays arabes se sont rapprochés d’Israël, comme l’Egypte et la Jordanie, tout aussi bien face au Hamas qu’à l’ISIS, voire, face à l’Iran, impliquant même des relations discrètes et des connivences de plus en plus claires avec certains Etats arabes de la péninsule arabique, dont évidemment l’Arabie Saoudite.

En fait, ceux qui ont critiqué ces dernières semaines Benyamin Netanyahou pour son soi-disant isolement d’Israël et en particulier sur son incapacité à construire une coalition face à l’Iran porteraient probablement un coup dur à Israël au Moyen-Orient, en le plaçant en porte à faux face à ses nouveaux alliés arabes régionaux.

En effet, en s’alignant sur la politique d’Obama, ils se retrouveraient en conflit avec les intérêts vitaux des pays arabes sunnites menacés par l’expansionnisme d’un Iran chiite potentiellement nucléaire, ce qui détruirait de facto la coalition qui s’est constituée entre Israël et ces pays.

En réalité, et au-delà des attaques électoralistes habituelles dans toute campagne, c’est l’incapacité à lire la politique internationale en général et moyen-orientale en particulier d’Obama qui caractérise ceux qui ont lancé ces critiques à l’encontre de Benyamin Netanyahou.

Cette politique d’Obama a consisté en un rapprochement sans précédent avec les Frères Musulmans dans tout le Moyen-Orient (de l’appui à Mohammed Morsi, jusqu’à un soutien indirect au Hamas lors de l’opération Tsuk Eitan : soutien des propositions de cessez-le-feu du Qatar, embargo partiel et non-officiel sur les armes à Israël en pleine guerre), et en une recherche de rapprochement avec l’Iran, fût-ce au prix de concessions toujours plus fortes sur le dossier nucléaire et de la reconnaissance, voire du développement de l’hégémonie iranienne sur la région (Liban, Syrie, Irak, Yemen…)

Cette politique a fait de nombreux dégâts collatéraux, et a pris la forme de désastres : Libye (où la situations sécuritaire est devenue incontrôlable), effondrement des frontières de la Syrie et de l’Irak, Yemen, Egypte de Moubarak, etc.

L’incapacité à lire la carte moyen-orientale et à comprendre la stratégie d’Obama qui caractérise les politiciens (essentiellement de gauche et du centre) et « experts » israéliens constituerait manifestement une menace pour la position et les intérêts d’Israël ainsi que de nombreux pays arabes actuellement en lutte avec Israël contre les nombreux dangers auxquels ils font face, qu’il s’agisse de l’islamisme ou de l’Iran.