La région se situe au centre d’un triangle formé par les villes de Bethlehem, Hébron et Beit Shemesh, à 20 km au sud de Jérusalem. 

De la fin des années 20 (1927-1929) jusqu’au milieu des années 30 (1935-1936) il y a 2 tentatives des juifs venus d’Europe de s’implanter dans la région qui se soldent par un échec. Cela s’explique par 4 problèmes majeurs que rencontrent les nouveaux immigrants :

  1. Le manque d’eau. 
  2. Le terrain rocailleux qui empêche le développement d’une agriculture.
  3. Les climats très froid en hiver (1000m d’altitudes). 
  4. L’hostilité des arabes de la régions.   

Alors pourquoi les juifs essaient-ils de s’établir dans la région alors qu’au même moment Tel-Aviv connaît un développement rapide et florissant ?

La région du ״Gush Etzion » à une importance particulière dans l’histoire du peuple juif. 

Tout d’abord, la Bible mentionne la région comme étant « le pays de nos pères », la tribu de Benjamin s’y établie après la conquête du pays de Canaan dont le roi David est issu, et les Hasmonéens (dynastie dirigeante juive) y livrent bataille au IIème siècle avant notre ère contre les Grecs pour leurs reprendre le pouvoir.

Dans les années 40, autres tentatives d’implantations juives, malgré les mêmes conditions difficiles mais cette fois les nouveaux habitants connaissent un certain succès et 4 implantations sont ainsi créées – Kfar Etsion en 1943, Masuot Ytzhak en 1945. La guerre va mettre fin à ce projet.

Après avoir voté le plan de partage de la Palestine entre juifs et arabes par l’ONU en novembre 1947, la guerre éclate. Dans un premier temps cette guerre est une guerre civile; d’un côté la population juive et de l’autre la population arabe. C’est la première phase de la guerre d’indépendance.

En mars 1948, Ben Gurion proclame l’indépendance du pays au moment du départ des anglais via le port de Haïfa pour l’Angleterre. Le même jour, les 5 armées arabes coalisées (à savoir l’Égypte au sud, le Liban et la Syrie au nord et la Jordanie et l’Irak à l’est) attaquent l’État d’Israël nouvellement créé. C’est la deuxième phase de la guerre  d’Indépendance.

Les juifs du « Gush Etzion », eux, combattent les jordaniens dans la région de Hébron. Il sont le dernier verrou, protégeant Jérusalem de l’avancé des jordaniens. Ben Gurion parle de ces habitants en ces termes : « … je ne connais pas de bataille plus glorieuse, tragique et héroïque que compte cette vaillante guerre que mène l’Armée de Défense d’Israël que la bataille du « Gush Etzion » …. leur sacrifice a sauvé Jérusalem plus que tout autre effort militaire … la bataille du Gush Etzion est une grande et épique bataille du peuple juif … s’il existe une Jérusalem juive …. les premiers remerciements de toute l’Histoire israélienne reviennent avant tout aux combattants du Gush Etzion ».

Les jordaniens, n’arrivant pas à conquérir la région, commencent à pilonner les habitations juives avec leurs artilleries lourdes. Comprenant qu’ils n’arriveront pas à tenir longtemps, ils négocient un accord de reddition. Déposer les armes et se rendre pour avoir la vie sauve. Une fois que les juifs déposent les armes, les jordaniens les massacres.

Bilan: 151 morts et 4 survivants dont une femme. 

Cette défaite à de nombreuses conséquences aujourd’hui encore. En effet, la Jordanie occupe l’est de la ville de Jérusalem ainsi que sa veille ville, y chasse ses habitants juifs et leurs interdits l’accès au Kotel/Mur des Lamentations. Pour marquer la présence jordanienne sur la veille ville, lieu qui concentre la plupart des lieux saint juifs, chrétiens et musulmans, le roi de Jordanie Hussein 2 vend un de ses palais pour obtenir les fonds lui permettant de recourir d’or le Dôme du Rocher. 

La région du Gush Etzion, elle, est désormais un territoire jordanien. 

En juin 1967 éclate la Guerre des Six jours. Victoire éclair d’Israël qui reconquiert la région perdue 19 ans plutôt. 

Les juifs sont de retour et y fondent notamment le kibboutz Etzion.  

Cette histoire, assez mal connue des jeunes israéliens met en évidence deux choses.

La première est que la création de l’État d’Israël a été douloureuse. Elle s’est faite au prix du sang versé des juifs ayant immigrés du monde entier pour récupérer une terre perdue 2000 ans plus tôt. 

La deuxième c’est que la légitimité d’une présence juive dans la région du Gush Etzion est parfois remise en question; alors souvenons-nous des 151 morts, massacrés après leurs redditions.

Que visiter dans la région aujourd’hui ? Quatre attractions à faire que cela soit en famille ou bien même entre amis pour les plus sportifs : 

  1. Visite de la cave à vin du Gush Etzion. Achats et dégustations des meilleurs vins de la région: www.gushetzion-winery.co.il 
  2. Location de quad pour une balade en famille dans un environnement riche pour les amoureux de la nature que vous propose la région: www.atvtours.co.il
  3. Pour ceux d’entre vous qui veulent jouer à la guerre, « Calibre 3 » vous propose de vous exercer au paint ball sur un site qui reconstitue pour vous une zone de guerre urbaine. Vous pouvez aussi tirer à balles réelles au stand de tir et vous initier au Krav Maga (technique de combat israélien):  www.caliber-3.com
  4. Visite de l’aqueduc Biar, aqueduc construit par les romains pour alimenter Jérusalem et son Temple en eau. Sur plus de 2 km, cet aqueduc est souterrain pour atteindre un aquifère présent dans la région. Tel: 02-993-5133