Jamais cette chanson d’Enrico Macias, Le Grand Pardon, qui en tant que Tunisienne a bercé toute mon enfance, n’aura pris plus de sens qu’en ce jour de veille de Kippour 5778.

Les multiples racines, juive, sioniste, tunisienne, française, israélienne, terrienne, m’ont permis au cours de ma vie de renforcer mon identité, et chacune de ces racines a été un enrichissement et en aucun cas n’a annihilé les autres identités.

Trop souvent nous avons peur de l’autre, car nous avons peur de l’autre qui est en nous. Or, un arbre est solide quand il se nourrit de plusieurs racines. Et nous sommes solides de notre identité quand nous puisons dans la diversité culturelle au lieu d’en avoir peur. C’est au contact de l’autre que nous pouvons de manière sereine préserver ce que nous sommes et l’enrichir. La Paix en soi, et aussi avec les autres se nourrit de la diversité.

Hier, les Femmes de Women Wage Peace ont marché main dans la main sur La Route de la Paix, dans le désert d’Israël, en direction du puits où Sarah et Agar, les deux femmes de Avraham Avinou, puisaient ensemble l’eau nécessaire à leur existence.

Sarah et Agar, mères respectivement du peuple d’Israël et du peuple d’Ismaël, se sont disputées, chacune pour leurs raisons. Sarah, première femme d’Avraham, étant stérile, permet l’union de Agar et d’Avraham. Or, dès la naissance d’Ismaël, la Bible nous raconte que Agar méprise Sarah, et en retour celle-ci la maltraite. Dès la naissance tardive de son fils Ytsrak, Sarah chasse Agar. Ces deux femmes, et sans aucun doute Avraham aussi, portent la responsabilité de la rupture entre elles, et d’une certaine manière entre leurs descendances.

Est venu le temps de la réconciliation entre Sarah et Agar !

C’est le but de la Marche des Femmes de WWP lors de La Route de la Paix. Nous marchons depuis ce dimanche 24 septembre 2017 sur les traces de Sarah et Agar, et tous les jours nous assistons à des actes héroïques de femmes juives et musulmanes qui décident, malgré leurs désaccords et leurs différences, de s’unir dans un but commun : obtenir des accords politiques qui mèneront sur le long-terme à la Paix tant désirée entre Israéliens et Palestiniens.

Est venu le temps de la fin de ce conflit meurtrier qui a fauché la vie de trop de nos enfants.

Le dimanche 8 octobre, La Route de la Paix nous mènera sur la tente de Sarah et Agar en plein désert, ou se réconcilieront des milliers d’Israéliennes et de Palestiniennes.

Oui, c’est possible !

Et si cette réconciliation est possible pour nous femmes d’opinions politiques différentes, de religions et cultures différentes, elle est possible pour tous !

Elle est possible pour les Israéliens et les Palestiniens, et en cette veille de Kippour, nous lançons un appel à nos deux leaders : soyez courageux ! Prenez l’initiative de discuter des clauses d’un accord, en vous engageant à ne pas quitter la table des

Oui, c’est possible !

Sarah et Agar se sont réconciliées. Les femmes donnent la vie et ont le devoir de la préserver. La Paix est possible !

Clip de Enrico Macias le 22.9.1979 (exactement 38 ans après)

https://www.youtube.com/watch?v=DjDrKThMYCA

Paroles de la chanson Le Grand Pardon par Enrico Macias :

Abraham a eu deux enfants
Ismaël, Israël
Ils s’aimaient voilà cinq mille ans
D’un amour fraternel
Ils cherchaient du fond de leur âme
À servir l’éternel
Le premier fit naître l’islam
Le second Israël

Le grand pardon, le grand pardon
Il est écrit depuis longtemps
Depuis la nuit des temps
Le grand pardon, le grand pardon
Dépêchez-vous, dépêchons-nous de le faire entre nous

Attachés par les liens du sang
Ils étaient tous unis
Ils rêvaient de voir leurs enfants
Vivre au même pays
Le grand pardon, le grand pardon
Dépêchez-vous, dépêchons-nous de le faire entre nous

Et le temps de tuer l’amour
Ils se sont retrouvés
Face à face au lever du jour
Prêts à tout sacrifier
Quand chacun a sa vérité
Et la même maison
L’avenir peut être sauvé
Sans larmes, ni passion

Le grand pardon, le grand pardon
Il est écrit depuis longtemps
Depuis la nuit des temps
Le grand pardon, le grand pardon
Dépêchez-vous, dépêchons-nous de le faire entre nous

Il faudra que revienne un jour
Au silence des armes
Les deux frères unis pour toujours
Par l’amour d’Abraham

C’est alors qu’on verra couler
L’eau, le lait et le miel
Qu’ils auront à se partager
Les enfants d’Ismaël
Les enfants d’Israël